‹ Asile départemental d'aliénés de BloisChapitre 18 sur 34 · RÉCIDIVES · texte numérisé non relu

RÉCIDIVES

Sur les 90 malades admis en 1863, en dehors des transférés et des réintégrés après évasion ou sortie sans guérison, 17 — c’est-à-dire moins du cinquième - avaient déjà été atteints d’aliénation mentale et déclarés guéris ; mais à tout bien considérer, on ne doit réellement regarder comme récidives que 5 cas environ, les autres concernant des malades retirés prématurément par leur famille ou atteints d affections mentales dont le caractère principal est précisément la tendance pour ainsi dire fatale à reparaître à des époques plus ou moins éloignées

(maniecongestive, manie hystérique, folie à double forme,-lypémanie hypochondriaque, folie épileptiforme).

Ces 17 malades d’ailleurs — 10 hommes et 7 femmes — étaient atteints :

7 de manie’^aiguë ;

1 de manie congestive ;

3 de manie hystérique ;

1 de lypémanie simple;

1 de lypémanie entée sur un état d’imbécillité ;

1 de lypémanie avec stupeur;

1 de lypémanie hypochondriaque;

1 de folie à double forme;

1 de folie épileptiforme.

Total. 17

Je vous demanderai la permission , Monsieur le Préfet, de vous présenter sur ces malades quelques courtes observations.

Observation I.

Sommaire, — Manie aiguë ; accès ; excitation maniaque; délire général avec 'prédominance d’idées de persécution ; perversion des sentimenis affectifs, sentiments de haine contre ses enfants; guérison.

^. } Pierre, 67 ans, d’une constitution assez forte, d’un tempéra¬

ment uervoso-sanguin, est admis à l’asile pour la 2® fois le 13 janvier 1863,

^.était resté une première fois ë l’asile pendant six semaines envi¬

ron, du 9 avril au 30 mai 1861, et en était sorti guéri mais sans phénomènes critiques ; le second accès ressemble de tous points au premier, et G..... quitte une seconde fois l’Asile après six semaines de traitement, guéri comme la première fois de son accès de manie.

Observation II.

—Manie aiguë-, agitation extrême; délire général avec hallucinations de la vue et de l’ouïe ; amélioration rapide ; alternatives de calme et d'agitation; guérison,

N.André, 42 ans, cultivateur, d’une constitution assez forte, d’un

tempérament sanguin, entré à l’Asile pour la deuxième fois le 13 janvier 1863.

.premier accès de manie aiguë à la suite de con-

■irariétés; guérison prompte sans crises, après six semaines environ de

séjour à l’Asile.

Ce deuxième accès est en tout semblable au premier sous le rapport des causes et de la forme, aussi bien que sous celui de la durée et de la terminaison.

Observation III.

Sommaire. —Manieaiguë; accès; agitation extrême ; délire général avec prédominance d'idées de persécution; hallucinations de la vue et de l’ouïe; perversion des sentiments affectifs; violences contre son père; tendance à la démence.

V Edouard, célibataire, 27 ans, d’une constitution très-forte, d’uu tempérament sanguin, a été admis à l’asile pour la deuxième fois le 4 avril 4863.

1er Accès; prédisposition héréditaire; contrariétés, crises nerveuses épileptiformes sans perte de connaissance ; agitation extrême, hallucinations, délire général ; amélioration progressive. Guérison .sans crises

après neuf mois et douze jours de traitement.

2® Accès le 4 avril 4883, trois ans et trois mois après le premier; des le début, agitation maniaque avec délire général et prédominance d’idées de persécution ; état lypémaniaque ; prostration intellectuelle et physique ; persistance des hallucinations.

Aujourd’hui (10 mars) l’état de V.nous paraît des plus graves ;

la démence est imminente.

Observation IV.

Sommaire. — Folie à double forme ; périodes de mélancolie et d tation maniaque séparées par un intervalle de calme et de lucidité. 7® Admission.

B.. Jacques, vigneron, 37 ans, d’une forte constitution, d’un tem¬

pérament sanguin, est admis à l’asile pour la septième fois le 14 avri 1863. . „

B.qui, s’il faut en croire les renseignements fournis par sa tamille,

est aliéné depuis l’âge de 13 ans, vient à l’Asile presque tous les ans, depuis l’année 1853, ainsi qu’il résulte du tableau suivant.

Première admission, 20 février 1853; sortie, 19 juin 1833; durée du séjour, quatre mois. j •

Deuxième admission, 11 décembre 1836 ; sortie, 22 mars 1857 ; duree du séjour ë l’Asile, trois mois et demi.

Troisième aêmission,S mars 1858; évasion le 11 avril 1858; maintenu dans sa famille.

Quatrième admission, 1er juin 1858; évasion le 9 juillet; amélioré; maintend dans sa famille. ’

Cinquième admission, 31 décembre 1858; sortie le 10 mai 1859, guérison ; durée du séjour, 10 mois. ’

Sixième admission, 2 septembre 1860 ; guérison ; sortie le 25 octobre

Septième admission, 14 avril 1863; sortie, par guérison, le 25 juillet

Lors de ces différentes admissions B. était tantôt agité ou plutôt

excité, tantôt, au contraire, mélancolique; c’est seulement, en effet,

lorsque l’une de ces périodes est trop intense que B.vient de lui-méme

réclamer nos soins ; si au contraire la crise n’est pas trop forte, B.

reste chez lui. La forme même de l’affection mentale explique donc la' multiplieité des admissions qui ne se sont jamais d’ailleurs succédé d’une manière régulière.

En fait, B.n’a jamais été guéri, et le chiffre des admissions ne nous

dit aucunement celui des accès qui, depuis 1853, se sont reproduits une

et même deux fois par année. Il est donc probable que B.si Dieu

lui prête vie, aura encore bien souvent le triste privilège de figurer parmi nos récidives.

Observation V.

Sommaire. — Lypémanie ; craintes d’être ruiné ; plusieurs tentatives de suicide ; tendance à la démence.

®. Louis-Pierre, rentier, 69 ans, est admis à l’Asile pour la

deuxième fois le 4 juin 1863.

S.» éprouvé un premier accès de lypémanie à la suite de dis¬

cussions d’intérêt. Craintes de perdre sa fortune, dégoût de la vie, plusieurs tentatives de suicide, dont l’une, par immersion, a failli lui coûter la vie. Prostration intellectuelle et physique.—Amélioration, puis gué- . rison après deux mois de séjour au Pensionnat Saint-Lazare, d^i 13 décembre 1862 au 28 février 1863.

Le deuxième accès, au moment de l’admission, nous paraît en tout semblable au premier. Mais nous ne tardons pas à constater chez

®. aflfaiblissement notable des facultés intellectuelles voisiu

de la démence. Nous le considérons donc désormais comme à peu près incurable.

Observation VI.

Sommam.—■ Manie aiguë-, 4® accès survenu à la suite de la mort d'un fils unique; agitation extrême; délire d’abordempreiiitd’idées religieuses, puis général; manie de déchirer ses vêtements ; puis état de prostration intellectuelle; commencement de démence.

S.^ Jacques-Joseph, 66 aus, d’une constitution robuste, d’un tem¬

pérament sanguin, est admis, pour la'quatrième fois, à l’Asile le 13 juin

g. a eu en 1849 un premier accès de manie aiguë déterminé

par la mort de sa mère : guérison après deux mois de traitement.

Deuxième admission, le 21 mai 1853 ; accès eu tout semblable au premier mais un peu plus long; guérisou après un an de séjour à l’Asile.

Troisième admission, le 12 février 1859. Guérison après six mois seulement de traitement.

Quatrième accès à la suite de la mort d’un fils unique. Guérison incomplète; affaiblissement intellectuel; tendance à la démence. Les quatre

accès de manie aiguë éprouvés par M. S.. en tout semblables sous

le rapport de la forme, ont amené un affaiblissement lent mais progressif des facultés intellectuelles. La démence est imminente.

Observation VIL

Sommaire. — Lypémanie avec stupeur ; mutisme ; immobilité ; engourdissement intellectuel ; hallucinations de l’ouie ; refus d’aliments, alimentation par la sonde œsophagienne.

M.. Louis-Philippe, célibataire, 32 ans, d’une forte constitution,

d’un tempérament nervoso-sanguin, est entré à l’Asile, pour la deuxième fois, le 17 août 1863.

Le 4 septembre 1862, premier accès de lypémanie avec stupeur sans cause connue ; mutisme ; immobilité de statue ; hallucinations de l’ouie; craintes d’être maltraité, empoisonné; relus d’aliments ; emploi de la sonde œsophagienne; cautère à la nuque; amélioration progressive, puis guérison après neuf mois de traitement.

17 Août 1863, deuxième accès en tout semblable au premier, mais de plus, tendance à la démence.

CbSERVATION VIII;

Sommaire. — Folie épileptiforme-, 2« accès-, excitation maniaquedehre ambitieux ; perversion des sentiments affectifs ; affaiblissement de l intelligence ; tendance très-marquée à la démence.

®. peintre-décorateur, âgé de 40 ans, d’une constitution

assez faible, d’ua tempérament nerveux, est admis pour la deuxième fois à l’Asile le 30 août 1863.

Première admission le 30 décembre 1861; accès de folie caractérisé par des crises nerveuses tantôt gaies, tantôt tristes, se manifestant les premières par des chants, des danses, des idées de grandeur; les secondes au contraire par des pleurs abondants: perversion des sentiments affectifs ; indifférence complète pour sa femme, qu’il méprise comme n’étant pas noble. M. B sort guéri le 29 avril 1862.

30 Août 1863. — Deuxième accès à la suite de grandes chaleurs • excitation maniaque avec idées degrandeur; délire ambitieux, mais moins nettement caractérisé et moins tenace que lors du premier accès, et cela par suite de l’affaiblissement de l’intelligence ; comme dans le premier accès, indifférence pour tous et surtout à l’égard de sa femme et de ses enfants ] tendance à la démence.

Observation IX.

bommaire. — Manie congestive ; soupçons de paralysie générale ; aqitahon extrême ; délire général avec prédominance d’idées de grandeur de possession ; hallucinations-, illusions ; tremblement musculaire-, inéqahte des pupilles ; amélioration à la suite d’un érysipèle du pied ; disparition des symptômes aigus ; guérison. •

.. Jean-Basile, 52 ans, coutelier, d’une constitution assez forte.

d un tempérament norvoso-sanguin, est admis, pour la deuxième fois a 1 Asile le 24 décembre 1863. ’

Ce malade, dont j’ai déjà parlé dans mon compte-rendu du service medical pour 1 année 1858, et dont j’avais prédit le retour, est entré une première fois à l’Asile le 18 octobre 1858 et en est sorti guéri le 13 novembre suivant; mais il avait eu déjà dans sa famille, en 1846 et 1853 deux accès de folie de courte durée. ’

Le 24 décembre 1863, M. D.nous revient dans le même état que

la première fois : agitation musculaire extrême ; tremblement des mains et des muscles de la langue; embarras de la parole; inégalité des pupilles , délire ambitieux des mieux caractérisés. Guérison à la suite d’un érysipele du pied; un mois de traitement.

Observation X.

Sommaire. — Faiblesse intellectuelle congéniale-, 2« accès de lypémanie ; idées de persécution ; tendance à la démence.

G.. René, âgé de 37 ans, d’une constitution assez forte, d’un tem¬

pérament nervoso-sanguin, est admis pour la deuxième fois à l’Asile le 30 décembre 1863.

Sœur aliénée, père et mère faibles d’esprit; G.lui-même à tou¬

jours été considéré comme très-médiocrement intelligent.

G., sorti guéri de l’Asile le 28 octobre 1863, après cinq mois de

traitement, fut repris de délire immédiatement après sa sortie, et au lieu de se rendre dans sa famille, il se remit à vagabonder, errant à l’ayenture jusqu’à ce qu’il fut arrêté par les gendarmes ; d’abord emprisonné comme vagabond, G.. dont on ne larda pas à reconnaître 1 état men¬

tal, fut séquestré à l’Asile du Mans, puis transféré à Blois, le 30 décembre 1863.

G.est aujourd’hui ce qu’il était lors de son premier séjour, lypé-

maniaque sans manifestations délirantes ; toute trace d’agitation a disparu depuis son admission ; si ce malade était au dehors ce qu il est à l’Asile, il pourrait à coup sûr être maintenu en liberté ; mais dès qu’il se sent libre, il redevient paresseux, violent, menace et eflraye ceux qui l’approchent et il faut procéder de nouveau à son arrestation.

Que de malades de ce genre nous avons dans les asiles 1 Mais combien aussi se trompent ceux qui croient qu’on pourrait impunément placer comme travailleurs dans les campagnes tous les aliénés de cette catégorie !

Observation XI.

Sommaire. — Manie aiguë-, hérédité-, 4^ et 5« accès; délire général avec prédominance d’idées religieuses ; agitation extrême-, loquacité, besoin irrésistible de mouvement; guérison.

R.^ yeM.. 46 ans, d’un tempérament nerveux, d’une faible con¬

stitution, a encore cette année, comme l’année précédente, le triste privilège de figurer parmi les récidives ; elle est même entrée deux fois à l’Asile en 1863. Sortie un peu prématurément de l’établissement le 21 mars, après dix-huit jours seulement de traitement, M™® veuve M... nous y est revenue le 8 juin suivant, en proie à un nouvel accès de manie aiguë ou plutôt à une nouvelle recrudescence. Ces deux accès nous paraissent, en effet, n’en former à proprement parler qu un seul. Les accès, du reste, se ressemblent tous chez M™* M., et ce que j ai

dit l’année dernière, dans mon rapport (page 26, Observation V), s’applique de tous points à cette nouvelle crise ; M"*® M...... il est vrai,

sort guérie, mais on peut, sans témérité, prédire la réapparition des mêmes accidents en 1864.

Observation XII.

Sommaire. — Manie aiguë ; 3® et 4* accès ; délire général ; hallucinations de l'ouïe et de la vite; illusions', accès de courte durée, mais se reproduisant presque périodiquement.

B., femme M.. 72 ans, d’un tempérament nervoso-sanguin, d’une

constitution assez forte, a aussi, comme M™* M.... , le triste privilège de figurer deux fois cette année parmi nos récidives. Entrée le 21 mars,

la femme M.nous parut assez complètement guérie, le 3 juin, pour

qu’il lui fût permis de retourner dans sa famille. Malheureusement, les accidents ne tardèrent pas à reparaître, et le 22 juillet suivant, elle nous était ramenée en proie à un nouvel accès de manie aiguë en tout semblable, du reste, aux précédents j nous nous empresserons moins à l’avenir de renvoyer cette pauvre femme que sa famille, d’ailleurs, ne peut ou ne veut pas recevoir et qui ne sait où se retirer quand elle nous quitte ; cause malheureusement trop fréquente de rechutes.

Observation XIII.

^ Sommaire. — Lypémanie hypochondriaque 7® accès-, 4® entrée à l'Asile; hérédité; suppression d'hémorrhoïdes; délire hypochondriaque entretenu par des douleurs lombaires; plaintes continuelles; perversion des sentiments affectifs.

^.> femme L., d’un tempérament nerveux; d’une constitution

assez forte, est rentrée à l’Asile pour la 4® fois, le 24 avril 1863.

J’ai déjà, dans mon compte-rendu du service médical de l’année dernière (page 27, Observation X), rapporté l’histoire de cette pauvre malade dont j’avais prédit le retour à l’Asile. M»»® L., est aujour¬

d’hui, du reste, ce qu’elle était dans les crisès précédentes, que l’on pourrait considérer, d’ailleurs, comme des phases d’un seul et même accès de lypémanie hypochondriaque aujourd’hui à peu près incurable.

Observation XIV.

Sommaire. — Manie aiguë-, 4® accès; délire général; incohérence

dans les paroles, violence dans les actes; insomnie; amélioration rapide; guérison probable.

]yi. femme A.. 42 ans, d’un tempérament nervoso-sanguin,

d’une constitution forte, est entrée à l’Asile pour la 4-“* fois, le 13 mai

L’accès de manie aiguë qui nous ramène la femme A., ne diffère

aucunement du précédent (voir mon compte-rendu de l’année dernière, page 26, Observation VI) ; il est caractérisé notamment par l’incohérence dans les paroles, la violence dans les actes, l’insomnie, et enfin, par le prompt retour à un état intermédiaire entre le calme et l’agitation, état qui, cette fois, se prolonge plus que dans les crises précédentes et dure encore aujourd’hui (9 mars). Nous hésiterons d’autant plus à renvoyer cette femme dans sa famille, qu’elle y sera, nous le savons, assez mal reçue, condition des plus mauvaises en pareil cas.

Observation XV.

Sommaire. — Hystéromanie : 2» accès; mélange d’idées de religion, de persécution et de mariage; excitation génésique; perversion des sentiments affectifs ; besoin incessant de mouvement et de changement de position; tendance à la démence.

Hérédité, contrariétés à l’occasion d’un mariage, éducation religieuse mal dirigée; chloro-anémie : telles sont Us causes multiples à l’influence plus ou moins directe desquelles il y a lieu, selon nous, d attribuer les accidents nerveux que nous observons chez Mi'« B., et

qui paraissent remonter à une quinzaine de mois.

Mlle B.est une hystéromane de la pire espèce; nonchalante, énervée, indécise, en apparence indifférente à tout, B. se réveille

dès qu’elle nous entend venir, son regard brille, elle nous sourit, s’évertue à appeler notre attention et nous promet de faire tout ce que nous lui demanderons.

La nuit, B.dort à peine, elle est en proie à des hallucinations

multiples, elle entend et voit des prêtres qui la tourmentent. ^

La surexcitation qui avait motivé le placement de B.à l’Asile

ne tarde pas à disparaître et malgré nos appréhensions pour l’avenir, nous croyons devoir la rendre à sa famille.

Trois mois plus tard, MH» B. est ramenée par son père, qui nous

supplie de ne plus la lui renvoyer.

M»e B...,, est d’ailleurs dans le même état que lors de la première admission, un peu moins surexcitée cependant. Mais nous savons

combien les affections mentales hystériformes sont sujettes à récidive et mènent facilement à la démence, et bien qu’après cinq mois de traitement, cédant aux instances de la malade, nous consentions de nouveau à la laisser sortir de l’établissement, nous n’en considérons pas moins son état comme des plus graves.

Observation XVI.

Sommaire. — Hystéromanie : 2® accès ; suppression des règles ; agitation , délire avec prédominance d'idées religieuses ; excitation génésique', guérison rapide.

b., Marie-Madeleine, 21 ans, forte et sanguine, admise à l’Asile

pour la deuxième fois, le 18 septembre 1863, en était sortie guérie en octobre 1861.

Après deux ans passés sans accidents, on pouvait bien commencer à espérer que la maladie ne reparaîtrait plus et cependant la récidive, chez L...,., ne nous étonne aucunement; nous avons encore affaire, eu effet, à l’hystéromanie, cette forme d’aliénation que l’on rencontre le plus souvent chez les jeunes filles, et dont l’un des caractères principaux est précisément la tendance à récidiver.

b. n’a encore, il est vrai, éprouvé que deux accès; mais il est

malheureusement probable qu’il en surviendra d’autres qui iront eu se rapprochant. Espérons, cette fois, que la guérison sera radicale, b.quitte l’Asile le 28 octobre 1863.

Observation XVII.

Sommaire. — Hystéromanie : 6® accès; Excitation maniaque; délire général', perversion des sentiments ) hallucinations, illusions’, excitation génésique; gestes et mouvements, lascifs et provocateurs ; guérison.

^.> Joséphme-Olinda, 35 ans, d’un tempérament nerveux, d’une

constitution assez forte, est admise à l’Asile pour la cinquième fois, le 5 octobre 1863.

G. est, si je puis m’exprimer ainsi, une habituée de l’Asile ;

car, depuis plusieurs années elle vient grossir, tous les ans, le contingent des récidives (voir mon Rapport de l’année dernière, page 27, Observation Vlff), et toujours elle se présente à nous dans le même

état mental et physique. G.' est hystéromane au premier chef et

par cela même condamnée presque fatalement à la récidive; en sortant de 1 Asile, en effet, elle emporte avec elle le levain que les excitations

de la vie du monde feront fermenter et qui provoquera bientôt un nouvel accès, et il en sera de même à pou près chaque année jusqu’à ce que, par suite de l’affaiblissement progressif de l’intelligence, conséquence obligée de cette succession d’accès, C.. devenue in¬

curable, ne puisse plus quitter l’Asile.

En lésumé. Monsieur le Préfet, sur les dix-sept malades admis à l’Asile en 1863 pour cause de récidive, uu a été de nouveau atteint de folie dans le premier mois de la guérison, deux dans le troisième mois, un dans le quatrième, un daus le septième, un dans le huitième, un dans la première année, sept dans la deuxième, deux dans là quatrième, un, enfin, dans la sixième année.

Six de ces malades n’avaient encore eu qu’un seul accès, un autre en avait eu deux, quatre en étaient à leur quatrième admission, un à sa cinquième, et un, enfin, à sa sixièm'i; mais je dois ajouter que ce dernier était affecté d’une folie a double forme, dont les accès, considérés de fait comme autant d’attaques de folie, devraient plutôt êire regardés comme des crises d’une seule et même maladie.

§ IV. — Sorties.

Sur les quarante hommes qui ont quitté l’Asile eu 1863 :

28 sont sortis guéris;

6 — améliorés ;

2 se sont évadés;

3 ont été transférés dans l’Asile de leur département;

1 a été renvoyé dans sa famille comme n’étant qu’épileptique et nullement aliéné.

Sur les s'x malades sortis améliorés, trois ont été retirés prématurément parleurs parents; deux ont pu rester dans la famille, l’amélioration s’étant maintenue. Nous venons d’apprendre que le troisième a été placé de nouveau dans un établissement spécial.

Les trois autres malades sortis améliorés ont été renvoyés dans leur famille comme aliénés non dangereux, n’ayant plus rien à espérer d’un plus long séjour dans l’établissement.

Sur les quarante-deux femmes qui ont quitté l’Asile en 1863 :

28 sont sorties guéries;

9 — améliorées;

1 a été transférée dans l’Asile de sou département;

4, enfin, ont été renvoyées dans leur commune comme aliénées incurables et non dangereuses.

Sur les neuf malades sorties améliorées, six ont été retirées par leurs familles un peu prématurément, la plupart, cependant, parce que nous avions déclaré qu’il ne nous était pas possible de laisser entrevoir une amélioration plus notable ; les trois autres ont été renvoyées dans leur commune comme aliénées non dangereuses n’ayant plus rien à espérer d’un traitement dans un établissement spécial.

Si je compare le chiSre de nos guérisons — 34 (1) — au chiffre des malades admis dans l’établissement pour la première fois ou en récidive — 90 — j’obtiens exactement la proportion de 3 à 5, c’est-à-dire plus de la moitié.

Je ne m’occuperai, d’ailleurs. Monsieur le Préfet, dans les considérations qui suivent, que de malades sortis pour cause de guérison.

fo NATURE DE LA MALADIE.

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