‹ Asile départemental d'aliénés de BloisChapitre 19 sur 34 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

FOLIE

V Hystérique.

! Simple....

Avec idées de persé-

s«S^e“;;;:;:;:::; Hypochondriaque...

Avec stupeur.

Folie à double forme.

Folie morale.

I Folie épileptiforme.

\monomanie..{|«|W^-;;;;;;;;

Folie épileptique.

Folie ou démence paralytique.

Alcoolisme chronique.

(!) Pour établir la proportion des guérisons, j’ai distrait du chiffre total — 56 — deux aliénées de la Seine sorties guéries en 1863. Les aliénés transférés ne doivent évidemment pas entrer ici en ligne de compte.

De la comparaison des cbififres de ce tableau avec ceux des tableaux 7 et 8, il ressort que :

La mauie aiguë guérit presque toujours;

La manie cbronique, rarement ;

L’bystéromanie et la folie morale, assez souvent;

La lypémanie, dans la majorité des cas;

La folie épileptique, quelquefois; mais je dois ajouter que la guérison de cette dernière variété d’aliénation mentale ne peut jamais être considérée comme définitive; dans les cas même les plus favorables, en effet l’existence de l’épilepsie, cause prédisposante et en même temps .terminante de l’aliénation, doit toujours faire redouter l’explosion de nouveaux accès de folie.

Parmi les divers malades. Monsieur le Préfet, renvoyés en 1863 pour cause de guérison, je dois signaler comme faits exceptionnels :

lo Une maniaque cbronique du département de la Seine, la nommee

P.. femme W.. chez laquelle nous avons longtemps soupçonné

l’existence d’un ramollissement du cerveau. Admise à l’Asile le 19 novembre 1861, après être restée buit ans à la Salpêtrière, cette femme a été renvoyée dans sa famille complètement guérie, le 26 mars 1863;

2” Un lypémane bypocbondriaqne, le sieur B. Constant, admis

à l’Asile le 5 juin 1863, et renvoyi complètement guéri le 7 août suivant, et cela, bien que nous ayons en affaire à une affection mentale héréditaire datant de plus de trois ans ;

3" Un épileptique aliéné, âgé de 22 ans, intelligent et actif, qui, pendant les neuf mois qu’il a passés à l’Asile, a présenté d.^s accidents nerveux graves dont nous avons eu dans le principe quelque peine à saisir le véritable caractère et qui a quitté l’Asile, en apparence radicalement guéri de sa maladie cérébrale; nous avons appris, du reste, que la gnérisoo s’était maintenue ;

40 Un cas de folie paralytiq-e chez un tailleur de pierres de la campagne, dont la maladie était trop nettement dessinée pour que nous ayons pu un seul instant hésiter à nous prononcer sur la nature de la maladie.

Je vous demanderai, d’ailleurs, la permission. Monsieur le Préfet, de vous présenter quelques courtes ébservations sur un certain nombre de malades qui, en 1863, ont quitté l’Asile pour cause de guérison.

Observation XVIII.

Sommaire. — Lypémanie avec penchant au suicide ; tentatives réitérées ; prostration physique et intellectuelle ; tendance à la démence ; guérison.

S. L ... Pierre, 69 ans, vieillard d’une assez forte constitution,

d’un tempérament bilieux, est admis à Saint-Lazare te 13 décembre 1863.

Il n’y a pas eu d’aliénés dans la famille de M. S.... Lui-même n’avait jamais rien éprouvé du côté de l’intelligence ; mais les progrès de l’âge, en affaiblissant ses facultés intellectuelles et morales, l’ont rendu plus susceptible, et surtout plus intéressé. C’est, en effet, à la suit! d’une

discussion d’argent qu’il a perdu la raison. M. S. se croit perdu ,

ruiné; la vie dès lors lui devient à charge et il prend la triste résolution d’en finir. Après plusieurs tentatives inutiles, il parvient à s’écliapper de chez lui et va se précipiter dans la Loire, d’où on le ret re dans un état pitoyable.

C’est deux ou trois jours après que M. S.nous est confié,

L’aUitude de M. S...,, son air préoccupé et inquiet,son regard défiant et en dessous, son anxiété quand il voit son fils nous parler à voix basse , tout en un mot nous révèle combien sont profondément tristes

les idées qui l’ont porté à chercher la mort. M. S se reproche c )mme

un crime les tentatives qu’il a faites et qui ont, dit-il, déshonoré sa famille.

Poursuivi par des idées de ruine et d ! misère, M. S., ne veut pas

manger ce qu ou lui offre , parce que , dit-il, il n’a pas les moyens de payer. C’est pour le même motif qu’il s’oppose à ce qu’on fasse du feu dans sa chambre, qu’on le serve à port, qu’on entretienne une veilleuse la nuit : tout cela est trop luxueux pour lui. Q le je suis malheureux d’ètrevenu! s’écrie-l-il ; on me ruinera et mon pauvre enfant aussi.

Vers la fin de janvier, les idées de mine ont perdu un peu de leur intensité; moins préoccupé de .ses affaires d’intérêt, M. S.... redevient plus gii et plus communicatif ; il semb o également avoir renoncé à ses funestes projets, et lorsqu’il .^’apciçoit qu’on le surveille, il dit luimême que c’est inutile, qu’il n’a pas envie de r commencer ce qu’il a fait, que c’est déjà bien assez comme cela. En même temps, le désir de retourner auprès de sa femme devient de plus en plus vif. Aussi,

bien que M. S.conserve toujours une certaine tristesse et un peu

de prostration physique , ne tardons nous pas à le rendre à son fib qui

veut le garder auprès de lui. M. S..... n’est resté que deux mois à Saint- Lazan-.

Observation XIX.

Sommaire, — Lypémanie avec excitation et prédominance d’idées de persécution ; hallucinations-, bains prolongés-, retour du calme-, état de prostration physique et d’engourdissement moral et intellectuel précédant de quelque temps la guérison complète.

P.J Louis, 26 ans, cuirassier, d’une constitution très-forte, d’un.

ttmpérament lymphatico-sanguin , est admis à l’Asile de Blois, le 17 novembre 1862.

Début de l’aff' ction mentale il y a 8 ou 10 jours par des moments de tristesse, de préoccupation au sujet d’un pjocès perdu5 insomnie, aliraentalii.n insnfS-ante, agitation avec idées de persécution, ballucinalions de la vue. Augmentation de l’agitatiou depuis deux ou trois jours; pleurs abondants.

18 Novembre. — Agitation extrême qui se traduit par des cris et des actes de violence, qui nécessitent l’emploi de la camisole de force ; désordre intellectuel complet.

20 Novembre. —Un peu plus de calme; tristesse; prostration; idées délirantes relatives à son procès ; on veut lui faire du mal ; ses actes de violence étaient provoqués par des hallucinations ; on lui disait que les gardiens en voulaient à ses jours.

23 Novembre. — P.est tout à fait calme; b s hallucinations parais¬

sent avoir disparu; mais la tristesse est toujours la même. Le délire de persécution persi. te, quoique à un moindre degi é; acétate d’ammoniaque à haute dose.

Du 4 décembre au 8 lévrier, aucun changement appréciable dans l’état de P.

8 Février. — Séton à la nuque.

24 Février. — Nous remarquons que h s pupilles sont énormément dilatées ; un peu d’amélioration dans l’état mental.

Page 1