‹ Aspasie, Cléopatre, ThéodoraChapitre 15 sur 105 · Thucydide, U, 1-6, 47-59; Diodore de Sicile, Xiï · texte numérisé non relu

Thucydide, U, 1-6, 47-59; Diodore de Sicile, Xiï

auparavant, à l'époque du procès d'Aspasie, et qui avait été abandonné au début de la guerre, fut repris par le démagogue Cléon durant l'été de 430. Périclès dut comparaître devant les dikastes. Reconnu coupable, il fut condamné à une amende de quatre-vingts talents et révoqué de ces fonctions de stratège, auxquelles, depuis plus de trente ans, il avait été réélu chaque année pour la gloire d'Athènes * .

Aussi durement frappé dans sa vie politique, Périclès ne fut pas moins douloureusement atteint dans sa vie privée. A peu de jours d'intervalle, plusieurs de ses amis, sa sœur et ses deux fils légitimes, Xanthippos et Paralos, moururent de la peste.

Lorsque Périclès, qui avait supporté tous ses malheurs avec fermeté, posa la couronne funèbre sur la tête de Paralos, il ne put contenir son cœur déchiré. Éclatant en sanglots le visage noyé de larmes, il tomba

1. Thucydide, H, 65; Diodore de Sicile, XII, 44; Plutarque, Pericles, XXXV.

44 ASPASIB.

évanoui près du cadavre de son dernier fils*.

Un an après sa condamnation, les Athéniens, que leur excessive mobilité entraînait parfois à de pareils retours, rendirent le pouvoir à Périclès. Ils firent plus : ils lui rendirent un fils en abrogeant la loi sur les enfants illégitimes. Périclès avait un fils d'Aspasie. Il put le reconnaître et le faire inscrire comme Athénien sur les registres publics 2. Ce fils, qui s'appelait Périclès, fut élu stratège en 406. Vainqueur des Lacédémoniens à la bataille navale des Arginuses, il eut le sort des cinq autres généraux qui commandaient avec lui dans la campagne d'Éolide : les Athéniens les honorèrent pour leur victoire, mais ils les condamnèrent à mort pour avoir, après le combat, négligé de porter secours aux blessés et aux naufragés. Dans l'assemblée du Pnyx, qui, par dérogation à la loi,

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