Appien, IV
mais elle avait à craindre que les triumvirs ne la punissent de son apparent abandon Après sa victoire sur Brutus, Antoine parcourut la Grèce et l'Asie Mineure pour y lever des tributs. Partout il fui reçu en maître. Cités et rois rivalisaient d'adulations, accumulaient les honneurs, prodiguaient les présents pour se faire pardonner les secours, que, de gré ou de force, ils avaient donné au parti vaincu. A Athènes, à Mégares, à Éphèse, à Magnésie, à Tai*se se succédaient les ambassades et les visites royales. Pour conserver à leur royaume une quasi-autonomie, tous les petits souverains d'Asie s'empressaient d'obtenir du puissant triumvir une investiture nouvelle *. Seule Cléopâtre, soit orgueil de reine, soit calcul de femme, restait en Egypte et n'envoyait pas d'ambassade. Il semblait qu'elle affectât d'ignorer que la victoire de Philippes eût fait d'Antoine le maître de l'Orient.
Le silence de Cléopâtre étonna et irrita