Plularque, Anlon,, XXUI-XÎIV; Dion, XLVUÎ
404 r.LÉOPATRE.
Antoine. L'orgueil froissé ne parlait peutêtre pas seul dans l'âme du triumvir. Lorsqu'il commandait la cavalerie de Gabinius, il avait vu Cléopâtre, alors âgée de quinze ans; il l'avait revue à Rome l'année de la mort de César. Sans croire, avec Appien*, qu'Antoine fût déjà épris de la reine d'Egypte, on peut penser que sa beauté et son charme avaient fait une profonde impression sur lui. Il se souvenait de la Sirène du Nil, et parmi les visites de tant de rois et de dynasies, c'était la sienne qu'il attendait surtout. Il l'attendait en vain. Mais dans la situation d'Antoine, il suffisait de parler pour être obéi. Il manda à Cléopâtre de venir à Tarse pour s'y justiQer à son tribunal de sa conduite ambiguë pendant la guerre civile. Antoine savourait d'avance ce plaisir délicieusement cruel : la belle Cléopâtre, l'altière reine d'Egypte, la femme aux pieds de laquelle il avait vu le divin Jules, se présentant devant lui en suppliante.