‹ Aspasie, Cléopatre, ThéodoraChapitre 40 sur 105 · Plutarque, Anton,, XXXIV; Dion, XLVm · texte numérisé non relu

Plutarque, Anton,, XXXIV; Dion, XLVm

2. Antoine était épris d'Octavie, dit positivement Appien, V, 75.

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parut de nouveau imminente. Antoine prépara une descente en Italie, avec trois cents voiles; Octave, de son côté, réunit ses légions. Si le sang ne coulait pas encore, les épées étaient à demi hors du fourreau.

Dans l'espoir d'empêcher cette guerre détestable, Octavie conjura Antoine de l'emmener avec lui en Italie. L'entrée du port de Brindes ayant été refusée à la flotte d'Antoine, ses vaisseaux vinrent mouiller devant Tarente. Octave prévenu menait à marches forcées ses troupes vers cette ville. Octavie voulut descendre seule à terre. Elle marcha au-devant d'Octave sur la route de Venouse, traversant les vedettes et les avant-gardes romaines. Octavie aborda son frère, qu'accompagnaient Aprippa et Mécène. Elle plaida avec chaleur la cause d'Antoine, et surtout conjura Octave de ne point souffrir que de la plus fortunée des femmes elle devînt la plus malheureuse. « — En ce moment, dit-elle, le monde a les yeuK fixés sur moi, qui suis la femme d'un des empereurs de Rome et la sœur de l'autre.

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Si les conseils de ia colère l'emportent, si la guerre se déclare, il est douteux à qui de vous deux le destin donnera la victoire; mais il est certain que, quelle qu'elle soit, je serai dans le deuil et la désolation. » L'ambitieux Octave convoitait déjà la domination universelle, mais c'était un temporisateur.

Il céda aux prières d'Octavie. Pour la seconde fois, celte femme, qui était' le bon génie d'Antoine, maintenait la paix dans le monde romain.

Les deux triumvirs se rencontrèrent sur le rivage de Tarente et après s'être prodigué les témoignages d'aflfection, ils convinrent de renouveler le triumvirat pour cinq ans. Octave donna à Antoine deux légions afin de renforcer son armée d'Orient, et Antoine céda à Octave pour sa flotte de la Méditerranée cent trirèmes à éperons d'airain et vingt liburnes. C'étaient ces navires qui devaient vaincre à Actium ! De Tarente, Octavie revint seule à Rome avec les deux enfants qu'elle avait eus d'Antoine. Lui s'embarqua pour l'Asie Mineure, où l'ap-

pelait la guerre contre les Parthes. Les deux époux étaient convenus de se retrouver, l'expédition terminée, soit à Athènes, soit à Rome, où Antoine comptait recevoir les honneurs du triomphe*.

De rhiver de 39 à l'été de 36, pendant trois longues années, Cléopâtre resta ainsi séparée d'Antoine. Elle régnait sur l'Egypte et sur Cypre, elle avait un fils de César et deux autres d'Antoine, elle possédait des revenus immenses et des trésors inépuisables ; mais, dans son orgueil et dans son amour, elle souffrait de l'abandon du triumvir.

Cléopâtre à vingt ans n'avait vraisemblablement pas aimé César qui en avait plus de cinquante. Elle aimait Antoine. Certes, elle s'était d'abord donnée au triumvir par calcul, mais elle n'avait pas tardé à ressentir pour ce rude guerrier, beau de la beauté d'Hercule, maître de l'Orient, entouré de tant de gloire et de tant de puissance, la

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