‹ Aspasie, Cléopatre, ThéodoraChapitre 43 sur 105 · Josèphe, XV · texte numérisé non relu

Josèphe, XV

reçut un message d'Antoine, daté de Leukokome (ville du littoral de la Syrie). Il la priait d'arriver au plus vite avec de l'argent, des vivres et des vêtements pour ses soldats dénués de toute ressource. La guerre avait été malheureuse. Dans son trop ardent désir d'aller, au printemps, retrouver Cléopâtre, Antoine avait compromis le succès de l'expédition. Parvenu en Arménie, après une marche forcée de huit mille stades, il aurait dû y prendre ses quartiers d'hiver et n'ouvrir la campagne qu'au printemps, avec des troupes reposées et dans une saison favorable. Mais, trop impatient pour subir ce long séjour, il s'engagea dans la Haute- Médie et, afin de rendre sa marche plus rapide, il laissa en arrière tout son matériel de siège sous la garde d'un détachement.

Chariots, tours, catapultes, béliers de quatrevingts pieds de long, tout fut détruit par la cavalerie parthe. Faute de ces batteries, Antoine échoua dans l'attaque de la ville de Phraata. Menacé par des forces considérables, il dut se mettre en retraite. On était

au cœur de l'hiver. Les légionnaires marchaient dans la neige au milieu des rafales glacées. Chaque matin, on trouvait des hommes morts de froid. Les vivres manquaient, les routes étaient inconnues, la redoutable ca\'alerie des Parthes harcelait les colonnes épuisées. Dans cette tristre retraite, à laquelle Napoléon aurait pu songer avant de passer le Niémen, Antoine recouvra son énergie et ses qualités de capitaine : insensible à la fatigue et à la faim, il se multipliait, faisant le métier d'imperator et celui de centurion. Toujours au point le plus menacé, il livra en vingt-sept jours dix-huit combats aux Parthes. Le soir, il était vainqueur ; mais, le lendemain, la bataille était à recommencer contre des forces sans cesse grossissantes. Quand Antoine gagna la côte de Syrie, son armée était réduite de soixante- dix mille à trente- huit mille hommes. Mais, plus heureux qu'avec Crassus, les Romains rapportaient leurs aigles*.

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