‹ Aspasie, Cléopatre, ThéodoraChapitre 45 sur 105 · Plutarque, Anton. y LV · texte numérisé non relu

Plutarque, Anton. y LV

2. Plutarque, LV; Dion, XLIX, 31. —On donna trentecino| drachmes à chaque légionnaire, et une moindre somme aux autres soldats.

gèrent Antoine à demeurer quelque temps à Leukokome. Cléopâtre y resta avec lui.

Sur ces entrefaites, la nouvelle du mauvais succès de l'expédition s'étant répandue à Rome, Oclavio, toujours dévouée à son mari, malgré les efforts d'Octave qui avait eu la cruauté de lui apprendre le rapprochement d'Antoine et de Cléopâtre, résolut de s'embarquer pour l'Asie. Elle pria Octave de lui donner des vaisseaux, des troupes et de l'argent. Des rapports avaient renseigné celui-ci sur la violence de la recrudescente passion d'Antoine; il accéda aux demandes d'Octavie dans l'espérance que l'accueil outrageant qu'elle recevrait de son mari la détacherait à jamais de lui et indignerait les Romains. Pour ne pas risquer de se rencontrer avec Cléopâtre, Octavic s'arrêta k Athènes d'où elle informa Antoine de son arrivée. Mais le triumvir ne voulait pas renvoyer sa maîtresse. 11 écrivit à Octavie de rester à Athènes, en lui donnant pour prétexte une nouvelle expédition qu'il projetait contre les Parthes. En effet, le roi

des Mèdes, sans cesse attaqué par ces hordes turbulentes, proposait à Antoine son alliance pour les combattre. Sans s'ofifenser du refus d'Antoine de la recevoir, refus dont cependant elle ne se dissimulait pas le véritable motif, Octavie écrivit de nouveau à son mari. Cette lettre ne contenait aucune récrimination ; la jeune femme y demandait simplement au triumvir où elle devait faire diriger les renforts et le matériel qu'elle avait amenés pour lui. Ce convoi comprenait, outre de nombreux efiFets d'habillement et d'équipement, des machines de guerre, et une grosse somme d'argent, trois mille hommes d'élite, portant d'aussi belles armes que les cohortes prétoriennes. Octavie avait sacrifié une partie de sa fortune per* sonnelle pour augmenter cet armement- Niger se chargea de la lettre d'Octavie* Reçu plusieurs fois par Antoine, qui le tenait en grande estime, il lui représenta amicalement ses torts envers Octavie, rappela les rares mérites de cette admirable femme et l'exhorta, au nom de ses intérêts si grave-

144 CLÉOPATRB.

ment menacés et de sa gloire si tristement compromise, à quitter Cléopâtre*.

Ébranlé, Antoine hésitait. Il pensa à retourner en Médie. De cette façon, il renverrait Cléopâtre en Egypte, laisserait Octavie en Grèce, et ajournerait au retour de la campagne une décision qu'il ne pouvait se décider à prendre. Mais Cléopâtre, avec la divination des femmes qui aiment, lut dans le cœur d'Antoine. Elle se vit en danger de perdre une seconde fois son amant. La reine avait encore sur Octavie l'avantage d'être près d'Antoine. Elle redoubla de sourires et de caresses, exagérant à dessein la passion, d'ailleurs très vive et très sincère, qui la possédait. Puis, aux premières ouvertures d'Antoine sur son départ pour la Médie, elle affecta une douleur mortelle. Elle ne mangeait ni ne dormait plus, passait ses jours et ses nuits dans les larmes. Son visage pâli, ses traits tirés, ses yeux battus, son regard atone, ses lèvres décolorées, frappaient tous ceux qui l'approchaient. Les

Page 1