Vellèins Paterculus, H
irO CLÉOPATHE.
consoliderait sa puissance menacée et assurerait lapiix à l'empire? Cléopâtre gagna Ganidius, le plus renommé des capitaines de l'armée d'Orient après Ahénobarbus; et à force de prières, de coquetterie, d'argent, dit-on, elle le persuada de parler pour elle. Il dit à Antoine qu'il n'était ni juste ni habile d'éloigner une souveraine qui fournissait, pour la guerre, des secours si considérables; que l'on s'aliénerait ainsi les Égyptiens dont les vaisseaux faisaient la principale force de la flotte. Il ajouta que Cléopâtre n'était inférieure pour le conseil à aucun des rois qui allaient combattre sous les ordres d'Antoine, elle qui avait longtemps gouverné seule un si grand empire et qui, depuis qu'elle vivait avec lui, avait pris une nouvelle expérience des affaires. C'était parler contre la raison, mais c'était parler selon le cœur d'Antoine.
Cléopâtre resta à l'armée*.
Sur ces entrefaites, les amis qu'Antoine