Plutarque, Anton., LXl
avait encore à Rome lui dépêchèrent un des leurs, Géminius, pour tenter une dernière fois de l'arracher à sa maîtresse. Géminius, après plusieurs jours, n'avait pu réussir à se trouver en tète à tête avec Antoine. Cléopâtre, qui soupçonnait le Romain d'être venu pour les intérêts d'Octavie, ne quittait pas son amant une minute. A la fin d'un souper, Antoine, ivre à moitié, somma Géminius de dire sur l'heure le motif de son voyage. « — Les choses dont j'ai à te parler, répondit Géminius irrité, ne peuvent pas se traiter après boire. Mais ce que je puis te dire, aussi bien ivre qu'à jeun, c'est que tout irait bien si Cléopâtre retournait en Egypte. » Furieuse, la reine l'apostropha : « — Tu as bien fait de parler avant que la torture t'y ait contraint. » Antoine n'était pas moins courroucé. Le lendemain, Géminius ne se sentant pas en sûreté se rembarqua pour l'Italie*.