Virgile, Mn., Vnf,v
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tants et s'enfuit vers la haute mer*. Au milieu du combat, Antoine aperçoit le mouvement de l'escadre égyptienne. Il reconnaît les voiles de pourpre de YAntoniade. C'est Cléopâtre qui fuit, en.lui enlevant au moment décisif sa puissante réserve. Mais la reine n'a pu ordonner la retraite. C'est lui seul qui en devait donner le signal. Il y a une méprise, un faux mouvement, une panique.
Antoine fait à son tour hisser les voiles de sa galère, il s'élance à la suite de Cléopâtre. Il ramènera les vaisseaux égyptiens et rétablira les chances de la bataille. Mais, avant de rejoindre VAntoniade, le malheureux a réfléchi. Cléopâtre l'a abandonné par lâcheté ou par trahison. Il ne ramènera à Actium ni elle ni ses vaisr.eaux. Il pense à retourner au combat, qui n'est plus qu'une déroute, pour se faire tuer avec ses soldats. Mourir sans revoir Cléopâtre 1 il ne le peut pas.
Une force fatale l'entraîne sur les traces de
1. Velléius Patercalas^ H, 63; Plutarque, Anton, LXXXHl; Fbnisj IV, 11; Dion, L, 33; - Voir l'appendice IX.
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celle femme. II aborde VAnhniadej mais alors la honle de lui-môme l'envahit. Il refuse de voir la reine. Il va s'asseoir à la proue du vaisseau et y reste trois jours et trois nuits, la tête dans ses mams *.
1. Velléius Palerculus, U. 85; F^ i:ari|iiC| Anton, y LXXIII, LXXIV; Florus, IV, 11; Dion, L, ».
La flotte égyptienne et un certain nombre d'autres vaisseaux qui avaient suivi les fugitifs relâchèrent au port de Caenopolis, près du cap Tenare. Dix fois repoussées par le silence obstiné d'Antoine, les femmes de Cléopâtre parvinrent enfin à amener une entrevue entre les deux amants. Ils soupèrent et passèrent la nuit ensemble*, ô misérable faiblesse humaine I