‹ Aspasie, Cléopatre, ThéodoraChapitre 64 sur 105 · Plutarque, Antonf LXX; Dion, L · texte numérisé non relu

Plutarque, Antonf LXX; Dion, L

mandée par Antx)me, et Publicola ; le centre, par Marcus Justéius et Marcus Oclavius; la gauche, par Cœlius. Cléopâtre se tenait en réserve avec soixante vaisseaux égyptiens. Du côté des Romains, Octave commandait l'aile droite, Agrippa l'aile gauche et Arruntius le centre. Vers midi, Faction s'engagea. Les troupes de terre, qui se tenaient en armes et immobiles près du rivage, ne virent pas, comme dans les autres combats, les galères fondre les unes sur les autres en cherchant à se frapper avec les éperons d'airain. A raison de leur marche lente, les lourds vaisseaux d'Antoine ne pouvaient donner de la proue avec cette impétuosité qui fait la puissance du choc, et les légers navires des Romains craignaient de briser leurs rostres contre ces énormes bâtiments, construits de fortes poutres reliées par des cottières de fer. C'était comme une succession de sièges, comme une combat de citadelles mouvantes contre des tours mobiles. Trois ou quatre galères romaines se réunissaient pour attaquer un seul des vais-

r.LÉOPATRE. 177

seaux d'Antoine, si grands, dit Vii^ile, qu'on eût cru voir les Cyclades nageant sur les eaux. Les soldats jetaient des grapins, lançaient des flèches enflammées sur les tillacs, attachaient des brûlots aux carènes, montaient à l'abordage, tandis que les puissantes batteries, disposées au sommet des tours du bâtiment attaqué, faisaient pleuvoir sur les assaillants une grêle de traits et de pierres. Tout d'abord, l'aile droite romaine, commandée par Octave, plia sous Tefi'ort de la division de Cœlius. A l'autre extrémité du champ de bataille. Agrippa aj'ant dessiné un mouvement tournant pour envelopper Antoine et Publicola, ceux-ci marchèrent par leur droite et découvrirent ainsi le centre de la ligne.

Les rapides liburnes en profitèrent pour aborder les vaisseaux des deux Marcus, derrière lesquels se trouvait la réserve de Cléopâtre*.

1. Velléius Paterculus, II, 85 ; Plutarque, Anton,, LXXr, LXXU; Dion, XXXI, XXXIIl ; Plonis, IV, 11. Cf. Virgile, iEw., Vni, V. 670-700.

Succès el échecs se compensaient. Dans le^ deux partis on combattait avec une égale fureur et la victoire restait incertaine. La nervosité de Cléopâtre allait tout perdre.

Depuis plusieurs heure?, elle était dans la fièvre et dans l'angoisse. Du pont de VAntoniade^ elle suivait anxieusement des yeux les mouvements des vaisseaux. D'abord elle avait espéré la victoire. Maintenant, épouvantée par le tumulte et les clameurs, elle ne souhaitait plus que fuir. Elle attendait avec une impatience, qui s'accroissait de minute en minute, le signal de la retraite.

Soudain, elle voit l'aile droite s'éloigner vers la côte d'Épire, l'aile gauche gagner le large, et le centre, le centre qui la protège, attaqué, abordé, désuni, rompu, percé par les liburnes romaines. Alors, « pâle de sa mort prochaine » , — pollens morte futura *, — n'écoutant plus que sa peur, Cléopâtre fait hisser les voiles, et avec ses soixante vaisseaux elle passe au travers des combat-

Page 1