‹ Aspasie, Cléopatre, ThéodoraChapitre 82 sur 105 · Procope, Hhtor, arc, IX · texte numérisé non relu

Procope, Hhtor, arc, IX

avait édifiés à ses frais, et où les courses et les jeux étaient bien plus fréquents qu'au grand Hippodrome, n'étaient point réservés seulement aux courses de chars et aux exhibitions de bétes sauvages. On y faisait entendre des chœurs de musique, on y donnait des danses, on y montrait des jongleurs et des acrobates, on y représentait des pantomimes. C'est dans ces exercices et dans ces bouffonneries que Théodora parut devant le public. Encore trop enfant pour remplir un rôle, elle ne fit d'abord qu'accompagner comme une petite servante sa sœur atnée Comitô, qui déjà était en faveur; elle lui portait son tabouret, lui présentait divers objets, lui faisait des grimaces. Quand Théodora fut devenue grande, tout le succès fut pour elle. Elle n'était ni danseuse, ni chanteuse, mais acrobate pleine d'adresse et de grâce et mime pleine d'esprit et d'invention. Dès qu'elle entrait en scène, tous les regards se portaient sur elle pour ne plus la quitter. Elle provoquait surtout les applaudissements quand un pantomime commençait

à la battre ou à la souffleter; elle prenait sous les coups une physionomie si drôle, faisait des mines si gentilles, montrait si bien le rire au milieu de ses feintes larmes, que nul ne pouvait garder son sérieux*.

Théodora était-elle souverainement belle, comme l'atteste Procope dans les Édifices'^ «Sa beauté, dit-il, est telle que personne ne saurait l'exprimer ni par des paroles ni par des images^.» Était-elle seulement jolie et gracieuse — euxpoawTcoç xal eS^^aptç — comme le môme écrivain l'indique dans V Histoire secrète"? D'après ce second portrait, Théodora était un peu petite et de teint très blanc et très pâle; ses yeux extrêmement vifs avaient un incomparable éclat ^. L'historien arrête ici sa description sommaire et ne nous dit point si Théodora avait le corps d'une Phryné, fait pour convaincre un aréopage

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