‹ Aspasie, Cléopatre, ThéodoraChapitre 94 sur 105 · Théophane, p. 155-156; Chronique PaschalCy p. 1 SO- IS · texte numérisé non relu

Théophane, p. 155-156; Chronique PaschalCy p. 1 SO- IS

zèle. Par ses ordres, on arrête trois individus plus ou moins soupçonnés d'être les assassins du marchand de bois et du fils d'Épagatbos. On les juge sommairement et on les condamne à mort. Des soldats de police les entraînent dans le vieux Byzance, sur la place des exécutions. Devant une masse de peuple qui contient à peine sa fureur, le bourreau pend le premier condamné. La corde casse sous le poids du second. La population applaudit, se jette sur les gardes, délivre le patient ainsi que le troisième prisonnier. On les jette dans une barque qui les dépose sur l'autre rive du Bosphore, où ils trouvent un asile dans l'église de Saint-Laurent*.

Des deux condamnés, l'un appartenait à la faction bleue, l'autre à la faction verte. Bleus et Verts, le matin encore ennemis déclarés, font cause commune. Malgré la nuit, une foule tumultueuse se porte de-

1. Procope, de BeUo Persic.y I, 24; Malala, p. 474; Théophane, p. 157.

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vant le palais impérial pour demander la grâce des prisonniers. L'empereur ne donne pas signe de vie. La populace s'ameute alors devant le palais du préfet Eudémon. Celui-ci la fait charger par ses gardes. Un combat s'engage ; les soldats sont massacrés, on met le feu au prétoire.

Poussée par le vent, la flamme gagne les maisons voisines. Les émeutiers courent aux prisons, en brisent les portes et jettent hors (les geôles Tarmée des scélérats; Cette écume humaine se rue au pillage et à l'incendie, hurlant : « N(xa ! N(xa ! (Sois vainqueur!) » cri de ralliement adopté parles émeutiers ^

Le lendemain, 14 janvier, le flot populaire battait les portes du palais. Deux personnages de la cour tentent de parlementer avec les rebelles. Mille voix crient : « Tribonienl Jean de Cappadocel Eudémon! Calopodios! » Dans l'espoir d'apaiser le peuple,

1. Procope, de Pelh Persic.^ I, 24; Malala, p. 474; Théophane, p. 157.

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Juslinien destitue ces quatre magistrats et fait aussitôt proclamer les noms de leur5 successeurs. Vains expédients d'un pouvoir éperdu I La sédition s'est faite révolte. Il ne s'agit plus des créatures de Juslinien, il s'agit de l'empereur lui-même. Ses concessions ne désarment pas la multitude furieuse*.

Le 15 janvier, Juslinien, qui hésite entre toutes les mesures, donne l'ordre de réduire l'insurrection par la force. Les Hernies de Mondon, troupe sûre dans les émeutes comme tous les mercenaires, mais sauvage et féroce, sortent du palais et chargent les rebelles. Dans le feu de 1\m> tion, les Barbares renversent des prêlre^, porteurs de saintes reliques, intervenus fwur séparer les combattants. On crie aii -acrilège; les femmes, les citoyens paisibles, (lui jusque-là étaient restés neutres, preiiripriL parti pour les séditieux. Des fenêtro, de^ toits en terrasse, une grêle de tuiles, de

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