‹ Aspects Atypiques de l'Acrodermatite Continue d'HallopeauChapitre 14 sur 24 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les formes intermédiaires entre les variétés vésiculeuse et vésiculo-pustuleuse et la variété érythé-

mato-squameuse.

A côté des cas le plus fréquemment signalés où l’affection a débuté d'emblée par une éruption vésiculeuse ou vesiculo-pustuleuse, nous trouvons déjà, parmi les observations d’acrodermatites de type classique présentées par les auteurs,quelques cas se rapprochant un peu plus de la forme érythémato-squameuse et fissuraire.

En 1905, Hudelo et Hérisson (1) présentaient à la société de dermatologie l’observation d’une femme at-

teinte d’acrodermatite continue à forme suppurative; l'affection durait depuis un an. « Tout d’abord il apparut des crevasses persistantes sur un fond de rougeur inflammatoire des mains. Puis des squames se formèérent sur la région enflammée. Cet état dura sept mois sans se modifier. » Au bout de ce temps apparurent les pustules caractéristiques.

Même mode de début chez un malade de Mestchersky (2), mais l’affection garda plus longtemps

(4) Hudelo et Hérisson. — Ann. de Derm. 1905, p. 78. (2) Mestchersky. — Ann. de Derm. 1906, p. 1007.

LISE € es

le type érythémato-squameux : « l’éruption apparut en même temps sur la région de l’éminence thénar des deux mains; elle eut pendant les trois premières années l’aspect de taches rouges un peu saillantes, légèrement squameuses, au niveau desquelles l’épiderme, dur, se fendillait de temps à autre. Sur les points atteints apparurent ensuite des pustules… »

Mais nous devons à notre maître, M. Gougerot, des observations de formes de transition encore plus nettes; les lésions érythémato-squameuses ne constituent pas seulement dans ces cas un mode de début de la forme classique; les deux ordres de lésions évoluent parallèlement.

OBSERVATION II (dûe à M. le Professeur agrégé Gougerot)

Forme de transition

avec la variété vésiculo-pustuleuse

Le malade, âgé de trente-neuf ans, est sans antécédents familiaux ni personnels, sauf un peu d’éthylisme; l’examen des viscères ne relève rien d’anormal.

Les lésions des doigts ont commencé sans raison connue à l’âge de vingt-cinq ans et le malade est vu à l’âge de trente-neuf ans en 1918 à la fin de la guerre; la dernière dermatose est indépendante de sa profession car, pendant la guerre, mobilisé comme fantassin, il n’a pas manié le fil et les lésions ont persisté.

Elles atteignent les troisième, quatrième et cinquième doigts des deux mains où elles sont en permanence; elles envahissent irrégulièrement les premier et deuxième doigts pour des semaines à chaque atteinte.

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