X DES RIVIÈRES
pourtant une lacune. La métropole est débarrassée, il est vrai. Mais est-il certain que les vases qu’on verse dans le chenal maritime ne vont pas l’encombrer, réduire les profondeurs et" les largeurs de passe des navires? Les réclamations ont déjà commencé. Jusqu’ici le Board Metropolitan a été déclaré non responsable, parce que les experts ne voyaient pas nettement la cause des désordres qu’ils constataient dans le lit. Mais jusqu’à quand cela peut-il durer?
Le mal sérieux, c’est le défaut d’utilisation des eaux d’égout et la perte à la mer des résidus d’une ville de cinq millions d’habitants, la plus riche de l’univers.
Il y a vingt ans, les esprits furent un moment agités par les reproches et les menaces de l’illustre Liebig : « L agriculture anglaise est un vampire, disait-il; elle fait le vide des engrais sur tous les marchés du monde, et elle laisse couler à la mer un torrent de fécondité : la ruine est au bout d’une pareille dilapidation. »
A cette époque, il y eut un effort. On projeta un canal de 70 kilomètres, lequel devait prendre, sur la rive gauche, les eaux d’égout de Londres, et les conduire jusqu’aux sables de Maplin, à la côte d’Essex. On comptait distribuer en route l’engrais liquide, et colmater à l’extrémité les sables pour les convertir en pâturages semblables à ceux de la Hollande.
L’opération manqua parce qu’elle était basée sur le prix de 0 f ,10 par mètre cube, attribué aux eaux d’égout.
Les fermiers, qui auraient eu à faire leur éducation d'arrosage, ne prirent rien, et la compagnie arrêta ses travaux après un essai d’aqueduc de faible parcours.
Nous verrons Paris réussir dans la même voie, mais en prenant à sa charge les frais d’éducation des cultivateurs.
Quant à l’idée du canal d’irrigaiion elle reviendra, on peut le prévoir. Dès 1880, le gouvernement nommait une commission pour juger les plaintes des conservateurs de la Tamise, au sujet des îlots de boue qui se forment au débouché des estuaires.
En 1882, nouvelle commission ayant à apprécier les réclamations d’insalubrité formées par les riverains ; l’enquête constate que la voie qui conduit les navires au port de Londres est dans un état d infection qu’on ne doit pas tolérer plus longtemps. >1
La commission propose deux remèdes :
1° Installer, en avantdes débouchés, des bassinsde séparation des solides et des liquides ; on utiliserait en colmatages ou l’on perdrait en mer les boues ; on épurerait les eaux dépouillées eh les livrant à la filtration intermittente.
2“ En cas d’embarras d’exécution ou de dépenses exagérées, prolonger l’émissaire nord jusqu’à 60 kilomètres au-dessous du pont de Londres, descendre une bouche unique dans la baie, en lui donnant, par une traversée en siphon, les eaux de la rive sud, et y joignant même les arrosages de la riche banlieue de la vallée haute.
La question est remise à l’élude : peut-on la résoudre sans revenir aux lois naturelles, à la restitution? Nous ne le i.r<>vtnisd