I. ESPAGNE
Climat et sol. — Provinces. — Quand on parcourt l’Espagne on été, on est frappé de la sérénité 'dévorante du ciel, de la solitude aride des plateaux, et par contre, de la beauté des cultures le long des canaux d’arrosage. Il pleut très peu en Espagne, et les sécheresses y sont prolongées. Avoir de l’eau est nécessaire : quand on en a, on obtient sous cet ardent soleil une végétation féconde. Aussi, à toutes les époques s’est-on occupé des eaux. Les Romains ont construit les premiers aqueducs des villes. Les Arabes ont introduit les fontaines jaillissantes dans les jardins, et l’irrigation en plaine. Les Espagnols, à leur tour, ont créé les réservoirs dans la montagne et réglementé la distribution.
Vue dans les Castilles, l’Espagne est un immense plateau qui, de la cote 800 mètres, descend brusquement à la mer. Deux grandes vallées l’enserrent : au nord, l’Èhre qui répond auit provinces d’Aragon et de Catalogne; au midi, le Guadalquivir, le fleuve d’Andalousie. Enfin au bord de la Méditerranée s’étendent Murcie et Valence.
Les hauts plateaux de Castille, d’origine tertiaire et lacustre, comme la Beauce, sont aussi la région des céréales et des pâturages à moutons. Là, à l’altitude.de 600 mètres et au centre
géométrique des Espagnes, Philippe II a placé la capitale, Madrid, ville peu favorisée de la nature, car le Mançanarès ne lui donne pas d’eau, et elle n’a de fontaines et de distributions que depuis l’exécution ‘du canal Isabel II, qui [doit procurer aussi l’arrosage à la banlieue. Ce n’est pas encore â Madrid, qu’il faut chercher des modèles; mais des Castilles descendons dans les vallées, d’abord en Andalousie, à Séville et Grenade, puis sur le littoral, à Valence; nous verrons ce que deviennent, dès que l’eau y pénètre, les habitations, les jardins et les cultures.