‹ Assainissement des villes par l'eau, les égouts, les irrigationsChapitre 40 sur 51 · LE SERVICE PUBLIC · texte numérisé non relu

LE SERVICE PUBLIC

Voilà donc une dotation de 120000 mètres cubes faite aux usages domestiques en eau de qualité supérieure. Le service public par les eaux de rivière eut sa part de progrès. L’usine hydraulique de Saint-Maur, à la bouche de Marné, devint une annexe de force motrice capable de puiser en Marne 60000 mètres cubes qui sont refoulés au réservoir de Ménilmontant pour les besoins des quartiers hauts de la rive droite.

En outre, deux usines hydrauliques moins importantes, Trilbardou et l’Isle-les-Meldeuses, eurent pour travail de monter de l'eau de Marne dans le canal de l’Ourcq pendant les mois chauds et les sécheresses, de manière à porter à 125000 mètres cubes l'approvisionnement disponible de ce côté.

Double camlisatim. — Une mesure hardie avait d’ailleurs donné sécurité entière au service privé : on avait adopté le principe d’une canalisation spéciale isolant les eaux pures des sources d’avec les eaux suspectes des rivières, et garantissant la colonne montant aux étages contre les abaissements brusques qui se produisaient, dès qu’on ouvrait les orifices de lavage des ruisseaux ou d’écoulement aux fontaines monumentales. La séparation permit aussi l’intervention commode de la Compagnie des eaux, agence financière chargée de tous les rapports avec les abonnés.

Résumé. — En finissant, notons la lutte ardente qui s’établit entre les défenseurs de la Seine et les promoteurs de l’idée des sources.

Abandonner la Seine qui passait aussi au milieu de Paris et qui depuis des siècles fournissait aux habitants une eau qui leur plaisait, quoiqu’il fallût la filtrer et la rafraîchir, lui substituer une eau qu’on allait chercher en Champagne, presque à 200 kilomètres, cela paraissait un paradoxe, une erreur économique. L’administration, le Conseil municipal, présidé par un des grands noms de la chimie, M. Dumas, soutinrent la solution théorique, la plus chère, mais la meilleure, et aujourd’hui l’on apprécie les qualités d’une eau qui est servie pure, limpide et fraîche sur la table, sans avoir traversé un seul appareil.

L’eau de la Vanne mérite l’épithète romaine que lui appliquait son donateur Belgrand : Splendore et rigore gratissima; — sa limpidité de cristal et sa fraîcheur la rendent délicieuse.

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