Assemblée à Saint-Hyacinthe le 8 décembre 1885 pour protester contre l'exécution de Riel [microforme]
Depuis quel ques jours, la presse hostile à la uationalité française et la presse ser.
vile et mercenaire dénoncent l'agitation qu’a soulevés l'exécution de Riel Certains grande patriotes, de la classe, sans doute, de ceux qui cogfondent le patriotisme avec le servilisme en font autant, De son côté le gonvt. «t un de ss membres viennent de mettre devant le public des documents des.
tinés à justifier le crime du 6 novembre dernier et à protester contre le mouvement qui en a été la conséquence et qu’ils quali.
fieut hypocritement de, ‘provocation à une guerte de race” Tont cela ne doit pas nous surprendre. [l y a eu de tous temps et en tout lieu des traître, Mais notre devoir est de profiter de ce cri d'alarme j-t6 aux quatre coins du prys Notre devoir est d'examiner froidement la question, de jeter un coup d'œil en arrière et de constater les faits afin de nous assurer si le mouvement actuel a réellement sa raison d’être et si ous sommes bien fondés en faits et en droit à le soutenir et à le maintenir. Quelques suspects que puissent être cat appel à Botre patriotisme pour faire cesser nue agitation qu'on mous dit pouvoir amener une guerre de raoë, et les docaments du gouvt.
dont je viens de parler, à raison de la source d’où ils émanent, notre devoir est de les examiner et d'en peser l'importance, C'est ce que je me propose de faire,
Je ne connais pés de plus grande ennemis de notre nationalité, que ceux qn, j-1tent ce cri d'alarme, Quels qu'ils soient, :gooren:-ils ce qui s’est paské dennis quarante ét même depuis vingt ans ; en le ‘saykart, veulent-ils le cacher et mériter pat A d'un
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gouvernement coupable, la récompense de jeur trabison ? Dans l'un comme dens l’autre cas, leur fait est criminel et ils trompent le public,
L'agitation actuelle qui se propage d’un bout à l’autre du F pays, quand bien même elle ne serait pas justifiable en vne dn fait qu'après avoir été provoqués depuis vingt ans: Nous nous trouvons à êtresur la défon.
sive contre les envahisseurs de nos droits,
elle le serait aussi longtemps que nous ÈS <a dans les limites de nos droits constitutionnels, et couséquemment elle ne saurait être une provocation à une gaerre de race, Elle n’est pas nne guerra de race puisque un grand nombre de nos conci.
toyan” des origines anglaise, écossaise et irldaise reconnaissent la légitimité de nos plaintes et que bon nombre d’eux prennent part au mouvement
Ce n’est pas une guerre de’race, puisque :
nous ne refusons à nos frères des autres origines, ui leurs droits, ni l'exercice des privièges auxquels ils peuvent avoir droit, et que nous ne ferons que réclamer pour nous mêmes l'exercice des pri.
vilèges qui nous ont été accordés par les traités, et des droits qui nous ont été garantis par la constitntin de 1367, Avons-nous le gonverrement responsable ? Si oni, qui nous empêchera de déclarer qne nous avons pe:du ecufance !
dans le traître que nous avons prussé de l'avant et que nous avons aidé à «btenir le commanderent daus notre pars,e: qui, une foi. assez fort, nous tourasle dos ei cherche à dons huæilier ef à wons détruire ? Si tes chefs que nous évoüs'choisis, nous tra.
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d'autres, et,pour en arriver 1à,de faire con. naître au public quelles raisons il y a pour en agir ainsi} Ab, messieurs, pe vous y laissez pas prendre. Examiuez bien et vous verrez que ceux qui cherchent à briser cet accord parait qui existe dans le moment daus notre province sont précisément ceux que l'intérêt personuel, et l'ambition portent à accepter tous les méfaits des
‘ gouvernants
Plut à Dieu que nos howmes publics, de race fançaise eussent revendiqué no+ droits comme c'était leur devoir de le faire, au fur et à mesure que nos enneuis cachés sous le voile de l'hypocrisie, nous les enlevaient ; vous eusious maintenu notre position dans la Coufedération telle qu'un Car-
tier l'avait faite, et nos droits et privilèges
u’eussent jamais été sacnifins, Muis c'est le contraire qui a eu lieu, Nos hommes pub'ies ont tout endu:6, ils out accepté les déuis de justice et les emwpiètements sur nos droits, Ils ont laissé fouler aux pieds la constitution qui nous protegeait, quand ils ne l'ont pas foulée eux mêiues à leurs pieds et voilà qu'aujourd'hui Sir John et ses satellites, connaissaut par une lor gue expérience l'ambition d’un certain nowbre des uôtres, leur amour desordouné des places d'honneur et lucratives, la servilits des autres, ont cru pouvoir teuter d'ajouter
aux injustices envers notre race, un acte de
souverain mépris. Mais le meurtre de Riel a heureusement réveillé le peuple de son assoupissemeut. Un cri de douleur s’est fait entendre d'un bout à l’autre de notre province et Sir John et ses supports actuels se trouvent en présence d’une résistanee que notre apathie passée ne les avait pas accoutumés à rencontrer, Aussi voyez les efforts qu'ils font, voyez ce que ie gourvernement fat pour en imposer au peuple, Ils forcent les journeaux à changer leurs oouleurs, ils menacent ceux qui ont reçu leurs faveur, Ils promettent fortune à ceux qu ‘ils connaissent avoir des désirs ardents, Craignons, messieurs, il y aura des traftres, Je pourrais vous donuer les noms de cer.
tains représentants du peuple qui failliront, j'en ai peur, à l'appel, lorsque les votes de non- confiance aüront à être enrégistrés.
Mais le peuple aura son tour dans quel.
ques mois et il chassera, je l'espère, ceux qui auront affirmé, par leur vote, la confi.
ance des Canadiens-français dans les trat-
tres qu’ils ont nourris et qui sont devenus leurs bourreax ussitôt qu'ils se sont crus assez forts pour se passer d’eux.
Dès 1849, Sir John .A Macdorald: avait
| montré son fanatisrhé céntre les Canadiens-
français lors de l'iné,ndie, des bâtissés où siègeait la Législature {le marché Ste Aune) Mais son ambition ini fit roféulôr dette
rage dans son cœur et le ports à chercher l'alliance des chefs du Rae Canada. Ses in.
trigues aidées de la souplesse de ses prin.
cipes et surtout d'une hypocrisie raffinée réussirent et, malgré sa faiblesse dans le Haut-Canada où il était en grande mino:.
rité, le Bas Canada trompé par une apparence de dévouement à sa cause et d'amitié sincère à son grand chef, Sir George Cartie, le Bas-Cavada l’accepta commu chef allié et lui a montré jusqu'à aujourd'hui un dévouement sans égal et, j’ajonterai sups crainte, ua dévouement coupable,
Qu'a fait cet homme pour montrer sa recounaissance ? Comment a-t-il utilisé l'autorité et la force que sa province lui refusait et que la vôtre lui donnait ? À détruire l’iufla nee dé la nôtre quu\d il a | pu ie faire secrètement, répoudrai je, À rendre puls les droits et privilèg-s qui nous appartieunent par droit d'héritage, A tromper seu meilleurs amis et à jouer donble jeu à leur détriment,
Depuis vingt ane, Sir Jokn s'est étudié tout particulièrement à ce rôle vil et digre de mépris.
Dè: 1865, alors qu'il fut décidé de conféd-rer ia provinde du Canada et les proviuces de la Nouvelle Ecosse et du Nou.
vean Brungwick, le chef orangiste comm+uÇ« son œuvre de destruction. L'augmentation de la population parlant l'anglais qui allait résulter de l’union avec les provinces maritimes lui faisait espérer qu’il pourrait désormais se passer du Bas (.enada français, et il se mit à l’æuvre pour prés parer sa Campagne, assouvir sa haine contre tout ce qui est catholique at sa rage contre tout ce qui est français, cachant ses préparatifs perfides fsons les dehors du dévouement à notre province et d’une véritable amitié pour Sir George E. Cartier, en vue de conserver le support des chefs du Bas- Canada juequ'à ce que la Confédération fut accomplie, et après même cette époque, jusqu'à ce que le Canada découvrant sa perfdie le rejetât, alors qu'il pourrait cowpter sur le support qu'il recevrait des nonvelles provinces anglaises,
Dès lee premières années de la confédé.
ratiou, quelques conservateurs observateurs pénétrèrent les plans du chefet le dénoncè-.
rent, mais leur voix fut étouflée et il ne resta à ces derniers qu'à protester dans chaque occosion et à attendre que le parti conservateur 8e r6veillât,
C'est ce de ces quelques hommes dé.
voués à la cause de notre nationalité firent on ténant-ure conduite indépendante et en -signslant à chaque occasion les actes odieux da chef orangiste, Lo l'égard de ceux qui l'avaient. ”.soutbnn ndant de longues
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Permettez, messieurs, que je vous fasse aussi brièvement que le sujet le comporte, le récit des principaux actes de cet homme, qui établissent la légitimité de la grave accusation que je viens de porter contre lui, en même temps que ce récit € montrera la culpabilité de nos représentants que l'es.
prit de parti a aveuglés au point de ne pas voir l’abîme que le chef conservateur creugait sous n08 pas,
Première trahison de Sir John À.
Macdonald
Eu 1865 les provinces du Canada, de Ja Nouvelle Ecosse et du Nouveau. Brunswick nomwèrent des délégaés qui devaient 80 réunir et discuter l’importante question de leur union en confédération. Des résolutions devant servir de base à l’acté impérial qui décréterait l'union, furent adoptées par les délégués,
Ces résolutions furent ensuite soumises aux Législatures de ces diverses provinces pour obtenir leur comcours.—Les délégués ou ministres de ces différentss provinces s’engageant sous l'hsnneur à ne rien changer à ses résolutious, lorsqu’ils seraient rendus en Angleterre pour obtenir la passation de la loi impériale — Ayant coufiance dans leurs chefs, les diffs.
rentes Législatures acceptèrent less résolutions après avoir demandé etreçu beaucoup d'explications sur certaines résolutions d’une nature plus importante que les au.
tres,
Rendu en Angleterre, Sir John voulait imposer une Uuior Législative ou,en d’autres termes, uue union qui factiiterait la disparitiou de la race française, Sir Gaôr.
ges Cartier n’était pas mot alors, 1l était là et Sir John ne put réussir à nous détruire. L'acte de la Coufedération fat préparé et Sir Georges, un peu trop coufiant dans l'honréteté da Sir John, laisss ses col. lègues en Angleterre pour aller à Rome s'occuper d'affaires qui ne le regardaient pas.
Pendant son absence, Sir John fit à l'acte quelques changements qu'à son retour en Augleterre, Sir George ne remarqua pas, mais que les catholiques devaient plus tard beaucoup regretter. Le projet fut soumis au parlement, adopté et sanctionné, et le premier juillet 1887,la Confédération devenait un fait accompli,
Autre arte de trahison de Sir John À. Macdonald.
Avant de continuer"mon récit et de vous parler de ce qui s’est passé de ce côté-ci de l'Atlantirue, laissez moi vous dire un mot ét vous raconter une petite anec-
dote peu importante en soi, mais qui carace térise bien notre pramier ministre actuel, Avide de titres —trè: friand des honneurs, Esprit dominateur, Jaloux de ses rivaux.
Sir Jobn intrigna pendant son séjour en Angleterre pour recevoir des titres qui le missent dans une position supérieure à celle qu'occuperaient ses amis et collègues,
De retour an Canada, Sa Majesté la Reine Victoria lui confère les insignes de la chevalerie, 11 put depuis ajouter à son nom le titre de Sir, et faire sui re le tout des lettres sacrementalles K. ©, B Ses collègues, MM.
Cartier, Galt ete, reçurent un grade plus humble, cslni de Commandeur du Pain, Homme de cœur, M, Galt ressentit l'isjure faite à son ami et chef, G. E Cartier, Il refusa les honneurs que lui conférait la Reiue, Détrompée Sa Majesté conféra à Cartier de nouveaux titres, l’ivjure fut reparée,
AUTRE ACTE DH TRAHISON DE SI Joux À. MacDowaLo.
La contédération étant devenue un fuit:
accompli, il plat à la Législature du Nou.
veau Brun-wick de substituer une loi des écoles communes aux usages et aux conmes qui avaient existé jusque là de dorner chaque année, aux évoies catholiques, une certaine partie de l'argent du trésor publie de la province, voté chaque année, pour l'éducation. En vue d'une légisiation si oppressive et tout-à fait en contravention anx promesses faites lors de la confédéra.
tion, les catholiques du dominion demandè.
rent au gouvernement fadéral d'user de son droit de volo et de désavouer l'acte, Sir Jobhu, ministre de la Jn tice, dans son rapport au Gouverueur en couseil, reco umande que l'acte ue soit pas désavoué, vu que lors de la confédération, il n'y avait pas de loi au Nouveau Brunswick qui accoriât des éceles séprrés e#t que l'acte constitutionnel de 1867 ne parlait que des provinces ou il ÿ aurait des lois, La question éiant venue devant la chambre des communes, un dos mecbres français et catholiques se lève et appostrophant Sir Joha, lui reproche son indigne conduite, Il met devaut la chambra les résolutions acceptées en 1865 comme base de l'acte fédéral avec promesse par les ministres de ne rien y chauger, Il fait voir qne dans les résolutious il n’y est pas seulement fait mention des provinces où il y aurait des lois pour écoles séparées mas aussi des usages, coutumes et que ces mots avaient | été retranchés dans l'acte constituticanel avec intention car on savait qu'au Nouveau Bruuswick i: n'y avait pas d+ telles lois mais seulement des usages, coutumes. Je