PANACHES
ebfin scais resplendissement, immédiat. Je vois bien la Baronne de Baye ; mais je ne vois pas la splendeur.
Quand j'étais enfant, j'avais une aïeule pleine de grftce. C'était au début de ces jours où Ton commençait à employer, à tort et à (ravers, les mots hors de leur sens. On a débuté par le mot délicieux; puis est venu le tour du mot exquis. Ma grand'mère n'y comprenait rien, et n'aimait pas ça. Un jour, qu'une personne de sa compagnie vint lui donner du splendide^ à propos de je ne sais plus quel objet d'usage, sans aucun rapport avec l'énorme adjectif, je n'oublierai jamais l'accent un peu indigné, quoique tout de même agréable, avec lequel la vieille dame répondit : « Mademoiselle^ splendide ne se dit que de la voûte des cieux. »
Il n'y a pas à se le dissimuler, la Duchesse de Rohan est devenue la Mère Gigogne des poésies fugitives. C'est elle, et ce n'est plus elle ; c'est le Prince de Lecca, c'est M"* Dorchain, c'est Alcanter de Brahm, c'est le Protée de la prosodie arbitraire et du rythme facultatif.
Je plains ceux qui, avant que la porte ouverte du Parnasse n'eût été enfoncée par la châtelaine, s'étaient fait une habitude de rencontrer, chez l'aimable dame, une oreille ouverte à leurs confidences, une main compatissante à leurs peines, et qui voient remplacer tout cela par la Valse des Ajoncs^ le dernier bateau de THippocrène, le dernier trot de l'Hippogriffe et le dernier saut do Pégase.
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€ M«*« Guillaume Béer, le grand écrivain.», >
Du temps de Musset^ on aurait sans doute jugé suffisant d'appliquer à cette belle personne, un vers de ce poète, et de dire qu'eue a « un gentil brin de plume >. — Aujourd'hui la voilà bombardée grand écrivain^ ni plus ni moins que Montesquieu ou Chateaubriand ; et cela, bien entendu, par des gens qui ne Font point consultée, car, je n'en doute pas, étant femme d*esprit, elle aurait protesté.
« M»» Edouard André, actuellement à Naples, a été reçue en audience particulière par la Duchesse Hélène d'Aoste au Palais de Gapodimonte et a dîné mardi chez le Duc et la Duchesse d'Aoste.
Leurs Altesses Royales devant se rendre aprè^ dîner, au théâtre San-Carlo, ont reconduit M»» Edouard André à Phôtel Bertolini où elle est descendue. >
Certes, je vois bien qu'il fut aimable aux Altesses de reconduire Madame Edouard André jusqu'à son hôtel ; mais, ne jugerez- vous pas, avec moi, que Tamabilité eût été plus grande encore de trouver une petite place dans la loge, pour la brillante collectionneuse qui, plutôt que de séjourner tristement dans son monotone 22 ou son solitaire 68, l'aurait occupée fort avantageusement, avec sa robe de velours cerise aux épaulettes libres et pailletées, son boa saumon et ses deux frontales antennes, à la fois eng^eantes et menaçantes ?
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€ De Biarritz. — M"»« Moore nous prie de rectifier une erreur qui s'est glissée dans notre compte-rendu de ce déjeuner qu'elle offrait dimanche dernier, en rhonneur de Sa Majesté Edouard VII. Les petits poissons du 1*' avril, qu'elle offrit à chacun des convives, ne contenaient pas les bijoux précieux que nous avons dit.>
Alors, Miœh ado about nothing. — Eh bien, n'aurait-il pas mieux valu laisser planer le doute? — Car enfin, s'il se trouve encore des invités assez désintéressés pour accepter de leur hôtesse des petits poissons qui ne contiennent rien, peutêtre n'aurait-il pas été pour nuire au renom d'hospitalité de la dame, de laisser croire que les petits poissons n'étaient pas vides tout à fait.
< Nous avons donné hier le compte-rendu de Tintéressante réception artistique offerte par M*^ Edmond Clément, femme du grand artiste ; mais une erreur de mise en jpages a fait passer ces lignes, à notre regret, dans le Carnet de la Charité. — Quand la charmante maîtresse de maison reprendra ses réceptions, nous ne négligerons pas d'en parler. »
Entre nous, la fiche de consolation me parait un peu maigre, pour une erreur de ce calibre : la charité de ceux qui reçoivent !
Voici maintenant un interviewer qui prête cette phrase à une dame, pourtant de lettres :
< J'aime les jolis chapeaux, j'aime la fièvre des grands magasins^ j'aime tout ce qui nous rend sédui-
L santés. »
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Devons-nous en conclure qu'il existe une relation absolue entre Télégaaice et les Grands Magor sins ? Jusqu'à ce jour nous avions cru que c'était précisément le contraire. Il est vrai que le chroniqueur est, je crois bien, le même qui affirme que Mademoiselle Bartet a débuté comme modiste. Prétendrait-il établir un rapport entre l'art de la mode et celui de cette actrice? — Ça ne serait pas aimable. — Mais nous retrouvons la diseuse (que le méchant chroniqueur voudrait, sans doute, à ce que je vois, nous induire à qualifier d'artificielle — nous résisterons!) nous la retrouvons dans un salon bonapartiste.
« Quant au si éloquent et vibrant Ney de M, de Borelli, dit sous le toit d'un Murât, il a été acclamé de tous les auditeurs, sauf de la maîtresse de la maison et de ses frères, qu'une modestie bien explicable retenait de souligner, parleur approbation, les justes hom* mages rendus à la gloire de Taïeul. » ^
Avouerai-je, bêtement, qu'une telle modestie, qui m'a Tair un peu parente de cette livre de plomb qu'on juge tout d'abord devoir être plus lourde que la livre de plume, ne me paraît pas si explicable que çà. Car enfin, la modestie, on Ta pour soi, à l'égard de ses personnelles actions ; mais la professer et la manifester en public, envers des ancêtres auxquels on doit son lustre, plutôt que de la modestie, ne serait-ce pas vraiment un peu d'ingratitude?
Saluons maintenant la rosette de M. Pol Ne-
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veux; on énumère les titres de Thonorable roset» iiery à cette distinction seconde.
Il est < le plus sympathique des fonctionnaires... le gendre de M. X,.. n'a écrit jusqu'à présent qu'un seul livre y il nous en doit d'autres... il est grand, bien découplé.,, c'est un heureux de ce monde qui mérite son bonheur. »
Je vois bien tout ça ; mais où sont les titres ? T imidement n'oserait-on pas avancer qu'wn livre de plus, surtout si c'était le livre qui était grand et bien découplé, ne serait peut-être pas de trop quand viendra la distinction troisième?
< M. Léon Delafosse^ l'éminent pianiste, se rendra prochainement en Angleterre, oà V attendent , comme toujours j les plus grands succès. >
Qu'en savez-vous ?
Je me suis laissé dire que ce M. Delafosse, dont le nom pourrait être plus musical, n'en est pas moins un bon pianiste. De là^ cependant, à escompter l'avenir, il y a un pas et même un doigté et un doute.
4L Non, l'avenir n'est à personne Sire, l'avenir est à Dieu I »
Une aventure pianistique (dirait M. Lara) encore récente, m'en est une preuve.
Il n'y a guère plus de deux ans que M. Pade-
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rewski, lui aussi) pourtant, je crois bien, bon pianiste, puisque c'est le premier du monde, avec M. Risler (MM. Planté, Diémer et Rosenthal pouvant être considérés comme des maréchaux du clavier) M. Paderewski, dis-je, plus chargé d'honneurs que d'années, avait consenti à se faire entendre dans un de nos Grands Concerts du Dimanche. — Quels mauvais plaisants auraient osé mettre en suspicion l'alleluia dont on le saluerait?... Il fallut en rabattre et se contenter d'une bordée de sifflets qui, d'ailleurs, ne tirait pas à conséquence. Elle venait d'auditeurs grincheux lesquels, sommés de s'expliquer, déclarèrent ne pas aimer le concerto. — C'était leur droit. Le concerto est comme la muscade. On en a mis partout. Tel ou tel peut ne pas l'aimer.
Ce qui prouve que ledit M. Delafosse, même s'il est bon pianiste, comme l'avancent des gens qui méritent créance, pourrait très bien remporter, ici ou là, une veste ou une panne j dont il devrait non seulement se consoler, mais se réjouir, puisqu'un rapprochement, même aigu, avec le Liszt Polonais ne peut qu'être glorieux pour tout ce qui touche à l'ivoire.
Ces anticipations ne sont d'ailleurs jamais bonnes. En voici, pour conclure, une dernière preuve.
Quand les journaux annoncèrent, il y a un an, la première communion de M. Francis de Croisset, une telle nouvelle bouleversa les anciennes confrères de Mademoiselle Bartet (j'entends : les modistes, si j'en crois le méchant chroniqueur).
Il y eut un projet de lancement pour certain
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chapeau bleu ciel et rose qui symboKsaît le sacré et le profane. Mais, avant qu'on eût le temps de tourner la gaze et de trousser Taffiquet, la nouvelle se déclarait controuvée. Cela fit du ruban de perdu. C'est toujours dommage.
J'ai connu autrefois un homme^ qui avait en soi du Timon et du Rivarol. Il était fort aimable ; mais il était aussi fulminant. J'ai gardé de ses lettres. J'en retrouve une, dans laquelle il me parle de l'Epoque, de sa < fausse élégance », de son « faux artistisme » et de son « parfait cabotinisme ». — Et il ajoute: m J'aspire à un Néron, réellement, sincèrement homme de goût, et d'une cruauté véritablement éclairée, qui Uvrerait à des bourreaux complètement neufs tout ce qu'il y a, dans Paris, d'essentiellement parisien. »
Mon correspondant m'écrivait cela, il y a une quinzaine d'années.
Gomme vous le voyez, il n'y allait pas de main morte.
Il est morti
Souveraines d'Outre-Mer