‹ Assemblée législative: le chemin de fer projeté des comtés du sud: Dorchester, Bellechasse, Montmagny, L'Islet, Kamouraska: discours de MM. Faucher de Saint-Maurice, Marcotte et autres députés fait à ce propos à l'Assemblée législative le 19 mai 1886: discours de M. Faucher de Saint-Maurice sur la question RielChapitre 8 sur 8 · M. FAUCHER DE SAINT-MAURICE ‘ . DÉPUTÉ DE BELLECHASSE · texte numérisé non relu

M. FAUCHER DE SAINT-MAURICE ‘ . DÉPUTÉ DE BELLECHASSE

Pour satisfaire a à désir que nous ont exprimé bon-nombre des électeurs de Lx ville, : de Bellechasse et des comtés du sud, nous reproduisons ici le discours prononcé par ‘

M. Faucher de Saint-Maurice, député de BPellechasse, sur la motion présentée par:

l'honorable M. P.-Cii@éi} touchant l'exécution de la sentence de'mort prononcée, dans les territoires du Nord-Ouest, contre Louis Riel, accusé 'dn crime de haute

trahison. $ M. Porateur, j j'ai été le premier qui ait tenvoyé éà Ottawa un télégranime en faveur de Louis Riel. J'ai été un de: ceux qui :ont lé plus protesté.

song

J'ai écrit sous ma signature et sous ma a responsabilité des articles dénon.

çant cette exécution. :

Pour inoi, Louis Riel’ne saurait être entouré du.nimbe d’un martyr.

” Je Y'ai vu fou dans une asile d’aliéné. Cet homme pour moi n’a jamais été qu'un malheureux, dont Yintelligence a été touchée par la main de Dieu. Cela à toujours été ma conviction et-je ne suis pas le seul x la

° partager.

J'ai vu Louis Riel, je le répète, fou à Yasile de Beauport, et dus:

lorsque je songe à cet homme. sa-figure ne.se représente plus à mon

imagination que comme eelle d’un halluciné. Est-ce qe les docteurs . .

Laéhapelle, Clarke, Désauiniers n'ont pas émis cette idée : ?. us Et Mgr. Taché n’a atilpas dit: . .

# L’infortuné chef métis était ‘en proie à' uné mégalomante et à une théomanie qui, seules Peuvent expliquée tous ce qu'il a fait. j jusqu ’au der-

nier moment. 7

“Lorsque: de 16 novembre 188: s s’est dressé l’échafaud de Régina, , j'étais

de ceux qui pensaient comme Yhonorable deputé de Saint-Hyacinthe: Ne vient-il pas de nous ‘dire? me

<e Libéraux et conservateurs se donnaient affectucusement la main.

Ils avaient des larmes dans les yeux.” -

Oui, je croyais que le temps se.prêtait à une coalitién. Le chef de Yopposition lui-même montrait l'exemple. * Ne tendait-il pas la main, en ces temps là, à Yhonorable M. Chapleau, à celui qui, d’après les éner-

LS

‘ giques paroles ‘du Dr. Cameron, député libéral de Hudtingdon, il avait.

traité de scoundrel ? Nè lui offrait-il pas de se faire alors un piédestal-du cadavre de-Riel.? : Ne le tentait-il pas sur le haut de la montagne en lui montrant toutes les richesses imaginaires, tout le prestige réel du pouvoir 2. Lui son ennemi, ne lui disait-il pas? soyez le premier ;. je serai votre marche pied. Ah! oui, en ces temps-là, nous.les patrioteë, nous

. croyions à ces larmes, à ces manifestations. Nous croyions qu'un parti - national pouvait se former, lorsque tout-à-coup deux hommes qui ne

partagent pas toutes nos idées politiques, mais deux hommes qui ont’

laissé dans cette chambre deux vides difficiles à remis sont venus

sonner lé:glas d'alarme. ci L'un, Fhonorable M. Joly, député. de Lotbinière disait : |

—“, Je suis d'opinion que les Canadiens-français ont la libre jouissancé de leurs droits. S'ils n’en ont pas tiré un meilleur parti, ils ne doivent s’en prendre qu'à eux-mêmes. /e ve vois pas en quoi la formation d'un notiveau Zarti, le Parti National, pourrait améliorer leur position, maïs je:crois voir comment elle pourrait la rendre plus marvaise et comment elle

pourrait compromettre l'avenir de la Confédération.”

L'autre un sous-chef celui-là, M. Watts, député de Drummond et Arthabaska, le même qui asvu sa résignation qualifié de défection par. l'Électeur, organe de son pri, assurait à son tour :

“ J'ai dit et je répète que je rai pas confiance dans le sincérité des conservateurs-nationaux et que je ne voulais pas mPassocier AVEC EUX: Mes amis les croient sincères, qu’ils en fassent l'expérience. Je souhaite qu’ils ne soient pas trompés. Pour ma part pour né.pas entraver l'action de mes amis libéraux, j'ai préféré m'effacer.”

Voilà comment ces chefs libéraux appréciaient le mouvement qu'en-; courageaient les députés de Saint-Hyacinthe, “Hochelaga et du comté‘ de Québec.

Si je n'avais consulté alors que mon intérêt personnel j'aurais pu me retirer de la vie publique, de cette vie où nous n° avons guèré d'autre. consolation que celle du‘devoir accompli. ‘Lors de la mort du rèpretté M. Oscar Dunn, est-ce que les députés de Terrebonne, de Rimouski, | de’ Laval, du comté de Québec, de Plslet, Bagôt, Clamiplain; Saguenay et Chicoutimi, Joliette, Chambly, Bonaventure, Saint- Maurice, Charle OiX- Beauharnois, l’Assomption, Montmorency, Soulanges, des Deux Mon, tagnes, Nicolet, Laprairie, Dorchester, Maskinongé, Compton; Vaudréui), . Stanstead, Montcalm, Argénteuil, Québec-centre, Pontiac,” “Richelieu, Richmond et Wolfe, est-ce que ces députés ne vont pas sollicité pour

“äccepter du gouvernemerit la position de secrétaire de l'Enstruction Publique ? Ils sont ici. présents. Vous même M. le président, député d'Yamaska, ne m'avez-vous pas demandé de me rendre à la conclusion de mes collègues ? N'aije pas répondu? , + +.

| Messieurs et-chers collègues, | |

: 4 Tai donné ma parole à.mes électeurs d'être pendant cinq ans-leur “député. Cette parole est sacrée: je n'y manquerai pas, surtout au moment ou mon gollègue le’ député fédéral est'en servicè de ‘guerre au : Nord-Ouest. Je suis investi presque du double mandat du comté de - Bellechasse. Honoré de cette consigne, je tâcherai de accomplir, si

| mes forces nee font pas défaut”

Cette parole je” “fai tenue au ‘détriment de mä famille et de mes irité- ‘rêts, mais je l'espère à l'honneur de Béllechasse. Le député de Saint. Hyacinthe le sait mieux Ed ne. Dans cétte circonstance tout en

. restant loyal à mes corimietian tsfle Bellechasse, je m "effaçais devant le beau-frère” du chef de: l'opposition.

Ces choses là, je les dis non pas pour m'arrêter ‘au ‘déplaisir qu’elles” |

: peuvent causer à telles où è telles personnes, mais parte qu'elle sont l'expression, de ma consciente. Jene veux. ‘pas que la haute position de “député qui m'a été confiée par mes électeurs ne me coûté plus tard ni une tristesse, ni un remords.

Ainsi que l’a, dit le député de Jacques- Cartier, ilne » faut pas avoir une manière de parler à ses électeurs et une autre de parler à la Chambre. * Péur l'Assemblée législative de Québec, ma conduite ‘sera celle que j'ai tenue à l'assemblée de St-Charles de Bellechasse, lorsque mes électeurs

s'étaient donné rendez-vous dans cette belle paroisse, pour protester . Ê

contre Jexécutiôn de Louis Riel.

| . En” ce jour de deuil je leur disais: © - —# Des résolutions vont vous être soumises, , Comme député Local j Je. n'ai rien à y voir r elles ne concernent que-le mandat fédéral, mais c’est . : mon droit de vous dire : en les discutant soyez éalmes : Soyez SANS COère : soyez soucieux de votre dignité. Efforcez-vous d’être justes, car ‘vous allez vous érigér en tribunal. Vous allez exercer vos. prérogatives sur les affaires fédérales. Je n'ai pas à empiéter sur le mandat que vous. ‘avez donné au colonel Amÿot.… Vous avez confiance en lui ec est un homme” he | Voilà ce que je disaissalors à la face de. mor: comté. aïe | été contredit en ce jour-là ? ASE dtoit d de: ténir à ja épérbie.um qutre lan. gage que celui que jai teng à: mes ‘déctèurs

Nôn messieurs. AR

cs

ya quelques j jours, lorsqu où a discuté dans cette Assemblée Lé

gislative l’opportunité de télégraphier'au premier ministre d'Angleterre .

. pour le félicitér sur la position énergique qu'il prend” sur la question

irlandaise, n'ai-jg pas proclamé que l'idée pouvait ‘être excellente, mais ,

. qü’elle n’était pas relevante de notre législature ? Je vis au milieu des

” Irlandais, et plus que personne je puis les apprécier. En disant que le

Home Rule ne nous regardait pas, je voulais rester logique avec moi-

même, logique avec les attributiôns que la constitution donne à-cette Assemblée Législative. - .

Nous ne devons pas oublier que la Province ‘de Qüébec n'est PAS. seule dans la. Confédération du: Canada. Avant d'affirmer d’une manière aussi autoritaire son ascendant. sur le pouvoir fédéral, elle doit se préoccuper de, l'accueil qui serait fait à cette doctrine nouvelle par les aütres :

”. provinces auxquelles Pattache les liens de la’ Confédération. D” ailleurs si nous avons le droit de blâmer aïnsi, pourquoi n'aurions- “nous pas aussi “le droit de nommer une commission d'enquête. pour connaître. bien la folie’ de Riel, enqüête qui serait chargée de savoir si Riel et ses partisans, avaient bien le droit de prendre les armes? Pour êtes justes, pour être . logiques il nous fatdrait suivre cette procédure parlementaire, qui n’est - pas de notre ressort, du moins c’est mon: humble avis. | Si nous assummions cette responsabilité'nous en paierions la façon. Je” ne suis pas député de Bellechassé au local pour juger Louis Riel et toutes les conséquences qu'éntrainent sa carrière Je suis député de * Bellechasse à l'Assemblée Législative pour faire votf les sommes de la colonisation. À châcun son mandat. Je reste député local et Fesponsable du mandat que Bellechasse m'a confié,

Ma position seradone là même ce soir en chambre, que celle que.

- jai prise à St-Charles de Bellechasse. Si la chambre déclare que l’exécution de Riel est de sa cémpéténce, je ne serai ‘pas le dernier à dire

x que la place de cet homme était dans un asile d’aliénés, au Heu d'avoir. été. poussé violemment dans l’histoire du haut des-dégrés, d’un échafaud.

L'Assemblée Législative: va se prononcer. Qw’elle n ‘oublie pas ces

parole que Mgr T 'aché, Fapètre du Nord-Ouest, a écrit à propos de Louis’ Riel. s

." —“ Le gouvernement, a-til dit, à laissé faire l'évécution. : 1 endosse toute one C'est une indignité que de vouloir la faire peser : * sur d'étires guon s'est bien gardé de constlier à à Le ES. (Applaudissement).

ss.

= ….. er.

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