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Assemblée nationale comique

A I inlôricMir, \c palai* provisoire île l'Assemblée nalioiiale ;t la phvsjoiiomie rriin vnsto hangar, comme on en conslriiit pour les magasins de décors. Afin que la ressemblance soil complèle, on l'a enjolivé sur sa face de trois appliques peintes à la détrempe, lesquelles figurent deux statues de chaque côté de la porte, et un groupe au-dessus, le tout dans le style des théâtres forains exploités par la famille Uonthor, — athlètes du Nord, — et la femme géante. — l/aichitecte et les maçons n'avaient (pie six semaines devant eux. — l'ent-clre aurait-on pu en quarante-huit heures faire quelque chose de moins laid. — Chasser les rois des Tuileries jionr installer la Nation dans une hara(|ue, c'est donner aux badauds une triste idée de la République.

L'intérieur vaut le dehois. Non point que le Itadigeon, les drapeaux tricolores et les tons criards n v abondent. Mais cette profusion de mau-

2 i;assE-MHLi;i. .naiio.nalk comiouk.

vais goût met la décoration générale an niveau des salons de cinq cents couverts qu' ornent la banlieue. Autrement, la salle, par sa configuration, paraît calquée sur l'ancien concert Musard. — Au-dessus des loges, le jour vient par des fenêtres pratiquées à la façon de celles d'un jeu de paume. — C'est sans doute une allusion. — Il semble qu'il ne puisse jamais rien se passer de solennel dans une pareille enceinte. Tout v est rajietissé, ridiculisé, endimanché d'avance, hommes et choses. Je ne sais pas si on trouvera un orateur ou un événement capables d'émouvoir une assemblée siégeant sur ces banquettes de bal public, au milieu de cette décoration de guinguette.

Nous voilà à notre poste, dans la tribune des sténographes, dont le double banc allonge sa double ligne de petits pupitres noirs.

Les tribunes publiques regorgent de spectateurs; femmes parées au premier rang, citoyens en blouse au second. Les tribunes, comme par le passé, sont publiques de nom ; cependant il y a des gens qui, pour l'espoir d'entrer, ont passé la nuit à la porte. Ils doivent avoir envie de dormir ce malin. Rien ne les retient; qu'ils aillent se coucher!

Oupiqups représentants sont déjà ariivés; ils examinent curieusement

leurs places, leurs bancs, leur horloge, leur sonnette, et nous les entendons qui demandent aux huissiers si la buvette est toujours ii la même place; — ce à quoi les huissiers ayant répondu d'une façon satisfaisante, les honorables sortent.

Puisqu'il est question des huissiers, ces importants personnages de

LA CONSTITLAN |].

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