ivril
Loi reliiive au cautionnement des journaux , à l'afflchaêe et au oolporlaêe pendant la durée des élections.
Je ne crois pas cpi'on puisse ni'accuser d'être ami de l'utopie, ni d'avoir im goût exagéré |)our la liberté d'()p|irinier son prochain . pour l'égalité de misère et la fraleriiité d'ananhii'. mais de là à me faire accepter couime la plus haute expression de l'ordre: le bâillon, la roue, le chevalet, les brodequins et le retour aux mystères de la très-sainte inquisition selon le frère Falloux, il y a, vénérable Odilon Rarrot, quelque chose comme les quinze années de discours que vous avez prononcés avec nne jicrs.Mnm.c <l<ml ntius avons eu la faiblesse d'être comiilélement dupes I
C'est à vous, cher orateur, que nous dcxons noire éducation |miIiIi(|iic. \oM>-élions bien jeunes en.-ore (|iie déjà nous vous admirions: el jugeant
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aujourd'hui ce que vous accomplissez d'après ce que vous avez dit autrefois, nous sommes oldigés de vous déclarer avec sincérité que s'il est une engeance perfide, pestilentielle , et aussi funeste à la liberté vraie, à l'ordre des honnêtes gens et à la dignité humaine que la spéculation démagogique elle-même, c'est l'engeance des faux libéraux, des faux républicains, des républicains d'industrie , comme disait Camille Desmoulins , celle des renégats, celle des insensés qui prennent pour complices contre la liberté, gage du salut commun , phare de l'avenir , la peur des uns et l'exagération coupable des autres ! — Ceci soit dit à l'occasion du projet de prorogation de ce décret du 9 août 1848, par lequel fut provisoirement rétabli, après les journées de juin , le cautionnement des journaux, supprimé cinq mois auparavant sur les barricades de février. — Or, depuis le décret du 9 août , nous avons , comme on sait , obtenu la Constitution qui , parmi beaucoup de libertés , proclame spécialement en son article 8 la liberté de la presse. — Conciliez donc la liberté avec le cautionnement! — La commission chargée d'examiner le projet Faucher n'avoue pas tout à fait qu'elle y renonce ; mais enfin elle propose, par l'organe de M' Dupont (de Bussac) , son rapporteur, de diminuer le cautionnement de moitié. — Ledru-Rollin , Félix Pyat et leurs amis, qui n'aiment pas les moyens termes , en demandent résolument l'abolition complète et définitive. — Ce radicalisme me plaît par sa franchise, dit Léon Faucher, le col tendu, l'œil hagard comme un loup; il nous mène à la guerre civile I Choisissez entre l'insurrection et le maintien du cautionnement 1 — Les questions ainsi posées sont résolues d'avance. Des qu'on leur parle de Croquemilaine, nos peureux se cacheraient dans un trou de souris. Aussi ont-ils voté des deux mains le maintien pur et simple du cautionnement, — sans même jeter un regard d'intérêt sur le moyen terme de Dupont de Bussac. Ce qu'il y a de superbe , c'est que Léon Faucher se croit très-libéral. — Quel est le publiciste honnête qui n'a pas vingt-quatre mille francs? s'est-il écrié dans un accès de républicanisme.
— Léon Faucher a eu encore un moment bien heureux à la tribune, c'est quand on lui a reproché défavoriser la prose royalisie et de l'offrir en guise de pâte de guimauve aux militaires enrhumés. — Kh quoi ! j)uis-je empêcher des pharmaciens , amis de l'ordre, de faire des distributions de contre- poison dans les casernes? — Alors pourquoi fermez-vous la porte aux journaux homéopathes? a demandé le colonel Charras. — Parce que l'homéopathie n'est jioint reconnue par l'Académie de médecine, monsieur 1
— .Notez que c'était là un jeu de mots charmant, en ce sens que cette salle de la rue de Poitiers, d'où la réunion des amis de M. Thiers a pris son nom, a])partienl précisément à l'Acailéiuic de médecine.
LA (.(t.Nsnn A.Mi:. -21 \vi;ii.. 571
l.'IaTborisle iîazc , qui tient le ilépùt ceniral du conlre-poisoii iiKmai- (•lii(jue, a été plus satisfait rpie ijuicduquo dos o\|)lications de l.con Tauclier. — Ce Kaze axait même la piéteiiliuu d'ulileiiir eu l'axeur de sa uiaison la suppression sur la \oie [iul)li(|ue des anlidoles rivaux qui ne seraient pas brevetés de la rue de Poitiers: mais rassemblée s'est révoltée contre cette spéculation d'apotbicaire; et après avoir maintenu la loi sur les cautionnements de journaux, elle a autorisé le libre colporlaye de toutes les pilules pendant la durée de l'épitlémie élecloralc.
21 avril.
Suite eifin de la discussion de la loi relative au cautionnement et au oolporiage. — Adoption. — Incident. — C'est, M. FOULD qui a proposé la banqueroute au gouvernemant provisoire !
Cependant l'auii lîaze n'aurait jioiut élé l'àebé d'écraser la concurrence au moyen d un article additionnel propre à détruire tout l'eflel de la tolérance accordée bier aux afiicbeurs, crieurs et distributeurs de journaux et imprimés; il a fallu un scrutin de di\ision pour vaincre son insistance, et encore s'esl-on aperçu en nettoyant les urnes (ju'il y reslail un paragrapbe (|u'on avait cru rejeté. — Mais le souvenir de ce puéril incident s'est bientéit perdu dans une con\ersalion fort dramaliipu-. — .M. (iondcbauv, las d'enlendro insinuer siu' tous les tons par les journaux Ii0)incl<'s (|ue la j)roj)iisilionde ban(|ueroute — dont Duelerc, le jeune IJenoncide, a. <iinuue on sait, refusé, axecune réserve au-dessus de son âge, de nommer lauleur, — était sans doute venue de quelqu'un du gouvernement provisoire, .M. r,oudcbaux , dis-je, s'en vient donner un démenti aux calomniateurs, et déclarer que, si on le pousse à bout , il IVia connaître les gens (jui lui conseillaient le lendemain de février sinon la banijueroule, du nu)ins la suspension du payement de la rente, — ce qui rexient au même ! — Parlez, parlez, s'écrie Ledru Uolliu , car. en \érilé, nous sonuues trop bons de supporter que le ban(|uicr Dorinval nous accuse dans son journal la Patrie d'axoirdévoré le trésor cl créé pour nus menus |)laisirs l'impêit des iô centimes, lui qui m'engageait à réunir cbez moi, ciimme dans un Iraipienard, des capitalistes de sa connaissance et à ne les laisser sortir (jue lors- (|u'ils auraient souscrit un prêt de Ironie millions. — Kn ce moment un beureux liasaid amène Acbille Fould à la tribune. Ledru-Uollin est saisi d'une insjiiralion sui)ite : « .le \ous demande si c est \ous (|ni pioposàles la banqueroute à. M. Coudcbaux?» — .le déclare (pio nun, murnuue poli uienl le banquier. — lit moi, devant Dieu jcdiihiicijuo -1. rrpniul Ir papa C'tudcliaux, qui ne ressendjjail plus à .Vriialdu Inul, tant il riait indigné.
Ou coiujirend quelle u pu être la ligure de l'Iionorable .Vcliille l'ould —
572 LASSKMliLÉE NATIONALE COMIQUE,
un des princes de la bourse, un des personnages de la rue de Poitiers, un de nos modèles de modération et d honnêteté, dans une pareille circonstance. — Il demandait qu'on fît venir son ami Dorinval , qu'on interrogeât les domestiques , et enfin il s'est donné toutes les peines imaginables pour dissimuler sa belle conduite. — Il avait vraiment l'air d'avoir une indigestion de contre-poison. — C'est au point que son co-religionnaire Crémieux, dont il invoquait le témoignage , le prenant en pitié , a répondu : — Est-il permis de mettre dans un embarras pareil un homme qui doit faire , à le juger sur son éloquence , un si grand commerce de lorgnettes !
Crédit d'un million au ministre des travaux publics pour rachat du chemin de fer de Paris à Versailles — (rive gauche). — On venait de tant parler, que personne n'a plus trouvé un mot à dire, on a voté machinalement.
53 avril.
Indemnilé coloniale.
La sympathie que j'ai pour les noirs ne m'empêche pas de porter aux blancs quelque intérêt. Ce n'était donc pas sans une légitime compassion qu'on avait appris que , depuis bientôt un an , les malheureux blancs de nos colonies en étaient réduits à vouloir se faire noirs et à solliciter du gouvernement la faveur d'être mis en esclavage pour ne pas mourir de faim. Les philanthropes les plus avancés convenaient eux-mêmes qu'on pouvait, sans porter atteinte à la dignité humaine, olîrir aux blancs un peu lie manioc: il est heureux que l'assemblée nationale ait fait droit à cette juste réclamation et voté enfin une somme de six millions — qui , répartie avec impartialité , — permettra à presque tous nos infortunés compatriotes transatlantiques de payer leur passage pour venir en Fraïu'e chercher de l'emploi, soit comme commis, soit comme domestiques , puisque leur ancienne profession de propriétaires ne leur a pas laissé le temps d'apprendre d'état manuel , et puisqu'ils ne sont pour la plupart ni assez riches ni assez jeunes pour entrer en apprentissage. Il faut d'ailleurs espérer que l'excellent Isambert ouvrira en leur faveur un bureau de placement, afin d'avoir l'occasion d'exercer sa générosité naturelle fort désœuvrée depuis que les noirs sont affranchis. Il est toujours si doux de faire le bien, surtout lorsqu'il n'en coiite rien !
Peut-être l'assemblée eût-elle accordé son attention à divers projets qui lui ont été soumis pendant la fin de la séance , si Dorinval de la Patrie n'avait pas fait gratuitement , vers trois heures, une distribution de son
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contre-poison en réponse à la déclaration de Ledru-Rdllin. (Iiaqiip représentant a reçu son exemplaire qu'il s'est empressé d'ouvrir: malheureusement cette prose est bien lourde entre les repas. La plupart de ceu\ qui eu avaient fait usage, se sentant pris de coliques violentes, se sont empressés de voler un crédit de 500, 000 fr. contre le choléra qu'ils croyaient avoir.
24 avril.
Validation de l'éleotion du citoyen Leoourt, représentant de Pondiohéry. — Disousston du projet Lamorioière, relatif â l'organisation de l'armée (deuxième délibération).
— .Te vous en supplie, monsieur, laissez-moi passer.
— Monsieur, on n'entre pas à l'as.semhlée avec des paquets.
— Je viens de Pondichéry directement; je n'ai pas seulement pris le temps de m'arrêter à l'InUel ; il y a six mois que je suis nommé représentant ; les vents m'ont reteiui ; dites-moi si j'arrive encore à temps pour prendre part à quelques votes.
— Quoi ! vous seriez le citoyen Lecourt ?
— Lui-même. Député des Indes... Excusez ma tenue de voyage, je ne me con.solerais pas d'arriver après la session.
— Hassurez-vous, la session n'est point terminée, vous pourrez jouir encore de (pielques \ingt-cinq francs et piMuoiicer plusieurs discours.
— Ma malle en est pleine; j'ai travaillé pendant toute la traversée.
— Quoi I malgré le mal de mer 1
— Malgré le mal de mer. .l'ai des questions bien urgentes à adresser au gouvernement provisoire.
— Il n'y a plus de gouvernemenl |)ro\is()ire.
— Est-ce possible! alors c'est à la conunission executive (pie je mCn prendrai.
— Elle a disparu depuis longtemps , monsieur.
— .le ne reviens pas de mon étonnement! .l'ose espérer du moins que le général Cavaignac ne fera aucune difficulté de me répondre.
— Vous ignorez donc ([ue le général est rentré dans la vie privée?...
— Je l'avais oui dire sous les tropi(pies par un navire qui venait de Trance; mais comme je n'ai ]iu obtenir mes renseignements qu'à l'aide d un porte-voix, et qu'il ventait grand fiais, mou iucerlilnde, je crois, vous paraîtra excusable.
— Fort excusable, assurément.
— Est-il bien vrai, monsieur, que les armées françaises aient chassé les Autricbicus de l'Italie?
— F'as le moins du monde.
— Et que la Pologne soit rétablie?