‹ Assemblée nationale comiqueChapitre 108 sur 114 · l/ASSEMRM'.r. NATIONALK COMIQI K · texte numérisé non relu

l/ASSEMRM'.r. NATIONALK COMIQI K

— En aucune façon.

— Alors j'ai été indignenicnl li(Mti]ié par des pécheurs que j'ai rencontrés à la lianteur du cap do r>(iiHie-Espérance.

— Indignement !

— Soyez assez bon pour me dire (|ucl est le gouvernement ddut nous jouissons. Je vous demanderai même, entre nous, avec quelque hésitation... excusez-moi si c'est une sottise... je viens de si loinl... Je vous demanderai si... nous avons toujours la République?

— I^e bruit en est généralement répandu.

— Ah ! tant mieux I Et quel est le premier consul?

— Il n'y a pas de consul , c'est un président.

— J'aime mieux cela; et le président se nomme?

— Bonaparte.

— Plaît-il? celui qui est mort...

— Xon pas, son neveu...

— Il avait donc un neveu?

— Il en avait plusieurs.

— .Je tombe de surprises en surprises! C'est égal, il faut que je trouve à qui parler. Le président a des ministres sans doute?

— D'excellents.

— Ah ! ah I ah ! je suis à mon 'affaire ! Il faut vous avouer que j'arrive avec des idées libérales; nous sommes très-avancés, nous autres, à Pondichéry. Croiriez-vous qu'on a voulu nous défendre les clubs , rétablir la censure, supprimer la liberté de la presse? ça ne peut pas se passer comme ça ; et l'on m'envoie exprès pour faire des réclamations. A propos, quel est le chef du ministère de la République?

— Odilon Barrot.

— Lequel ?

— Le même , parbleu 1

■ — Comment, le même? celui de Lmiis-Philippe?

— Il n'y en a pas d autre.

• — Voilà qui est un peu fort, par exemple ! Allons, vous voulez plaisanter... ce n'est pas bien de myslitîer un pauvre représentant de Pondichérv... qui est resté six mois en mer. Dites-moi la vérité...

— Si vous ne me croyez pas , déposez vos paquets dans le vestiaire et entrez...

— Savez-vous que nous ne sommes pas endurants à Pondichéry I

— Vous vous formerez le caractère en France. Entrez donc.

— C'est ce (|uc je vais faire , citoyen !

Je n'ai pas rf\n le représentant de Pondichéry après la séance, et j en

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suis facile, car il ni'eùl élé agréable do jouir de sa surprise. — D'ailleurs, au moment où le citoyen Lecour s'est assis , on jouait à la petite guerre dans l'assemblée; le brave Lamoricière défendait avec avantage contre les généraux de la rue de Poitiers son projet d'orijanimtioii de la force jnihlique, dont il avait enfin obtenu la discussion. — Le rusé Besnard, à la tète de la brigade Peslel, a bien tenté de faire une di\ersion et d'attirer Lamoricière dans une embuscade; mais il a été séparé de ses hussards, et sommé de mettre bas les armes. — Que diable veniezvous donc faire là, monsieur le Pestel? lui a demandé le général : ça n'est pas la place d'un avocat normand comme vous. — Monsieur , s'est écrié Besnard avec une certaine crànerie, en jetant un regard provocaleiu- sur les tribunes publiques, je suis venu comme célibataire pour prendre part au recrutement! — L'effet de cette repartie a été immense. L'assemblée a ri fort gaiement au nez du célibataire; mais plusieurs dames se sont voilées, tandis que d'autres moins modestes ne cherchaient pas à cacher leurs espérances. — A l'issue de la séance , Besnard le célibataire a reçu des propositions de M. Williaume et de M""" Saint-Marc. iCélérilé et discrétion, — -mais surtout affrancliir '

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