‹ Assemblée nationale comiqueChapitre 15 sur 114 · LA C0^ST1TUA^TE. — 20 MAI · texte numérisé non relu

LA C0^ST1TUA^TE. — 20 MAI

celle énergique proteslatioii, qui produira un grand elïet dans la pelile \iile de l'orateur.

Le major Charbonnel avait lait deux propositions en faveur des travailleurs; un certain rapporteur Waldeck s'en occupe aujourd'hui. En six arguments capables de démolir un mur mitoyen, il renverse la |)reniière; le brave Cbarbonnel se casemate dans la seconde. Waldeck somme le commandant de se rendre : — La garde meurt et ne se rend pas! répond Charbonnel, en vrai grognard. — Mourez, dit l'Assemblée ; et elle-enterre Charbonnel sans même lui rendre les honneurs dûs à sou grade. Peut-être les travailleurs élèveront-ils un modeste monument t.urla fosse où gisent les deux propositions Charbonnel.

C'est ainsi qu'on commence la journée. — Un sujet plus sérieux, — le bannissement de la famille d'Orléans, — fait ensuite couler... bien des phrases. — Le citoyen Vezin, traité de pkilippisle au premier mol, s'enfuit comme un renard auquel on aurait coupé la queue. — La queue est sans doute resiée entre les dents de monsieur Laurent. — Imaginez un

|)etil lioinnie maigrelet, criard, à figure de pomme de canne, cpii s'emporte, qui passe du fausset au glapissement; qui bat les rebords de la tribune avec fureur, qui piétine dans sa cage, et qui débite frénétiquement des tirades éraillées de rhétorique épileptique. — C'est affreux ! Kn somme, qu'est-ce qu'il demande, ce petit énergumène? Ne dirait-on pas qu'il a pris, avant son discours, une horrible médecine, et ([ue la médecine fait son effet? — Kli bien! personne ne s'en serait douté, ch bien! cet énergumi'ne, c'est un biivcur d'ordre i)ui)Iic. nu enragé... de douceur, de nmdéralion et de justice. — Il demande que le hannisscmeiit des d'Orléans n(' soit que tem|)oraire.

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