‹ Assemblée nationale comiqueChapitre 16 sur 114 · L'A S S K SI B L É E N A T 1 0 N A L E C ( ) SI I · texte numérisé non relu

L'A S S K SI B L É E N A T 1 0 N A L E C ( ) SI I

Le terrible Vignerle, orateur de la force d'un hœuf, ne supporte pas ce moyeu tenue, et le combat avec les armes d'un batteur eu grange. Le citoyen Bonaparte reçoit un coup dans la bagarre, et saute incontinent à la gorge de Vignerte ; — voilà le citoyen Ducoux obligé de s'interposer comme vétérinaire; el ciilin, le pauvre président Bucbez, ne pouvant venir à bout de rétablir l'ordre, s'écrie : — Vous êtes tous insupportables! — Cela termine la discussion,

L'Assemblée n'a pas même daigné faire une loi contre les membres delà brancbe cadette; elle s'est contentée de refaire celle de 1832. On peut dire que Louis-I'liilippe a signé lui-même, contre les prétendants légitimes, le décret qui devait proscrire sa famille. L'histoire est donc toujours le jeu de l'ambition et du hasard !

Comme M. Avond sortait de la Chambre, une jeune femme, jolie, un peu court-vétue, l'a arrêté au passage pour lui demander, avec un sourire : Croyez-vous que l'on rote bient(it le divorce? — A tort ou à raison, il m'a semblé qu'il y avait déjà un commencement de divorce dans celte question-là. — Madame, ai-je répondu poliment, voyant que le représentant se taisait, il faudra discuter d'abord le projet de loi y relatif, que le citoyen ministre de la justice, Crémieux, a déposé aujourd'hui, cl qui calmera, j'espère, l'effervescence toujours croissante de madame Niboyet, présidente du club des femmes.

'11 mai

Le prqi et de journal de M Mathieu ^ae i.i ;,. ^;.:e), — Proposition Paulm-Gillon. — Arrestation d'Emile Thomas, directeur des ateliers nationaux.

Pauvre monsieur Bucbez, je le plains sincèrement. Ce doit être le plus familier, le plus simple, le moins terrible des hommes, et le respect humain le condamne à la solennité. La solennité devant les banquettes vides, c'est le supplice de Tantale ! Quant au viceprésident Senard, il se trouve bien partout, s'il peut parler, et je me plais à reconnaître qu'il a prolité aujourd'hui du fauteuil pour prononcer lui-même un discours chaque fois qu'il a accordé la parole .1 quelqu'un. Cela est généreux de la part d'un avocat qui ne s'est jamais fait payer moins de cinquante francs par ses clients iine simple remise de cause. M. Senard a donc fait, presqu'a lui seul, les frais de cette séance.

(h\ a oiicoiT ciiliiulu, — sans récoiilor, — un cerlaiii éooiioinisic iiiaiurc. ilu nom ilc lÀ-un Fanclicr; le même qni ilisait. il y a trois ans,

aux électeurs de Poissy : ■< Qu'il se croyait appelé, par ses études, à vcpréscnlcr plus spécialement les bestiaux! »

Puis — le citoyen Mathieu (de la Drôme) , inventeur d'un projet de journal unique, odontalgique, excellent pour les campagnes, destructeur des punaises, bref, d'un Monûcnr en llacon. — El combien coûtera ce Moniteur? — Uien. .le ne le vends pas, je le donne, s'écrie le citoyen Matliieu. — Pour deux sols, ajoute un loustic du fond de la salle. — Ce mot met fin au boniment du Fontanarose (de la Drôme).

In prône du citoyen Mnnlrcuil. en faveur de l'Algérie ! — Prône est le mot, car l'orateur Montreuil rappelle, à s'y mépreiulre, l'excellent curé (le Flamhèclie, lequel avait été un peu hussard avant de dire la messe.

il ne nous reste plus que .M. l'aulin-(iil!(in, dont on ne saurait donner une juste idée avec la plume. I,a prononriation. le geste, l'emphase houffonne, la délicieuse jiruil liomniie de cet orateur, sont au-dessus de toute expression. .Je ne crois pas (|u'il soit possihh^ d'attaquer les caliaretiers avec une plus comi(pie indignation. Le hon (îillon, défenseur du consommateur honnête, s'adresse, en pleurant des larmes de petit Bourgogne pur à f» sous le litre, il s'adresse, dis-je, aux cullivateurs qui hahiti'ut la Chamhré. In cultivateur accourt, avec sa clianur, cl l.ihrturc l;t priqHPsilion (iiilon. I,'.\ssemhléc, |)risi' d'un Ion rire, s'cl'-

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force de s'excuser de son liilarilé par son vote. M. Paulin-Gillon est si content d'être pris en considération, que nous le voyons se mettre à genoux sur son banc et remercier ses collègues, les mains jointes et en bêlant. — 11 n'y a plus moyen d'y tenir. — Continuez donc à parler, d'ailleurs, et surtout à entendre... Le lamitour bat, les régiments se rangent en bataille, le galop de la cavalerie résonne... Encore une alerte! — On vient d'arrêter M.Thomas, directeur des ateliers nationaux.

29 in.li.

Interpellation Tasohereau sur l'arrestation d'Emile Thomas. — Les attributions du pouvoir exécutif

— Oui vive? — Rédacteur. — Avancez à l'ordre. — Inlorfidlaliniin Tascliercau ; allribitlions du pouvoir créculif. — Passez. — Le palais est redevenu place de guerre; on y entre aussi facilement que dans un camp retranché.

Monsieur le citoyen Taschereaii, riin de nos premiers amateurs de curiosités, tient essentiellement à savoir si le directeur des ateliers nationaux, dont l'arrestation met la ville en émoi, ne serait point, par hasard, un nouvel homme au masque de /cr?... Emile Thomas a-t-il, oui ou non, été conduit à Pignerolles?... Est-il vrai qu'il ait jeté un plat d'argent dans le fossé de la forteresse?

Voilà ce que personne ne pourra jamais savoir ; car le citoyen Trélat, ministre des travaux publics, n'est pas homm« à trahir les secrets d'Etat, même en faveur de la Revue rétrospective. Quant aux ateliers nationaux, dont on ci'aignait la visite, ils se sont réunis à Saint-^landé' pour manger... quelques discours — à cinq sous par tète.

Parlons politique, puisque nous avons le temps. — Atlrihulious dit pouvoir executif! Cette question remontait directement à Arisloie. — M. Bac a cité le Chapitre des chapeaux. Le chapeau est-il celui qui coiffe ou bien celui qui est coiffé? L'Assemblée paraît se prononcer pour les casquettes!... A demain la suite du débat.

Nous avons de bien bonnes nouvelles des comités. Tous les cultivateurs appartiennent au comité des affaires étrangères, — tous les diplomates appartiennent au comité de l'instruction publique, — tous les avocats au comité du counncrce — et les juges au comité de la guerre. David (d'Angers), le statuaire, a été classé d'office dans le comité de la marine.

LA CONSTITIIAM T.

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