‹ Assemblée nationale comiqueChapitre 40 sur 114 · I.A CU.NSTI II \.\il. — Il SKl'l i:.\ll5l'. I',. I9<t · texte numérisé non relu

I.A CU.NSTI II \.\il. — Il SKl'l i:.\ll5l'. I',. I9<t

rait |)laisaiil, par cxeniple ! une vraie spécialilé sous son voritalili' jour!... Allons ! ne nous reprodiez plus d'avoir fait la révolution !

Rejet de la proposition Crespcl de Liiouohe relative au droit, de Euspendre les journaux.

11 ne laiil pas (lt!'sespércr de la libcrtt' de la presse ; tlle a Ironvé un dt-fenseiir obstiné en la personne de M. (irespel de Lalouclie. l'ar liberté de la presse, .M. Crespel de l.alouebe entend toujours la liberté du journal de M. de (îirardin, dont la suspension |)rolongée est le niolil'de sa rancune contre l'étal de sié<i;e et de ses interpellalions réitérées an général (lavaignac. C'est pourquoi M. Crespcl de Lalouclie, voulant soustraire re (ju'il appelle ingénuenient la liberté dt; la pensée; à l'arbitraire transitoire d'un dictateur; — ce nom de diiiateur, prononcé avec une enipliase tragique, produit toujours nu bel effet: on se croirait à Home du temps de Sylla; — c'est poui(|uoi, dis-je, M. Crespel a formnli' toutes ses précédentes interpellations en un projet de loi tellement l'avolable aux journaux qne, s il était adopté, il n'est pas un d'eux (|ui l'ut assuré d'obtenir de la police correctionnelle la permission de paraître Irois fdis de suite. Voyez-vous cela! ce Imn M Crespel n'y va pas de niain morte. Contiez- lui le pavé de rimrs . il en lera bon usage; — car ce n Cst pas seulement dans les fables (|u'ou rencontre le bienveillant animal dont |)arle Lalontaine, b^s asstunblées délibérantes sont remplies de cette espèci!. M. Crespel a des amis, ses amis partagent son senlimenl. .Mes bonnètes gens, ces libéraux, ne peuvcnl pas supporter ([ue le dictateur, — toujours b; diclaleur gros comme le bras. — conserve le droit dt; snspemlre des journaux pendant l'état de siège: et pour obvier à cet inconxénienl. — disons mieux, à celte tyiannie odieuse, — ils n'In'siteraient |)oinl à conlier à la modt'ration bien connue des tribunaux ordinaires une loi (b'Iinitive (|ui permettrait de supprimer en cas de l)esoin tous les joniiianv loul-a-lail. Ob! les bons ({('■l'enseurs de la liberté de la presse! — Que voila bien di: mes puritains, ])rèts à gcmir des /(«rrpur.s de ICtat de siège si cela peut seivir leur intrigue politique, et qui ont volé le rétablissement du caulionuement, qui ont vole le li'.iquenard où on le prendra, (|ni \oleraient gaiement l'anéantissement des écrivains, <les imprimeurs, voire mèmi- <les erienrs. pour peu que Ion snpprim.U la llépubllqne dn même coup.

200 l.ASSKMHLKE .N ATION A l.i: COMIQlK.

Rli ! mon Dion, incssiouis, soyez ou no sovez pas républicains; tous les goûts sont dans la nature; mais surtout ne soyez pas hypocrites! Que M. Cresprl , M. Hugo, M. iîarrot et tous ses matois ne se posent pas vis à vis du dictateur en parangons d'indépendance; qu'ils ne viennent pas dire, après avoir accepté, en se léchant les babines, le cautionnement cl le traquenard : — iNous sommes les défenseurs de la liberté de la presse ! — car on leur répondra : Vous êtes les souteneurs intéressés du journal de quelqu'un, mais vous vous inquiétez très-peu des journaux de tout le monde, — c'est-à-dire de la liberté de la presse.

Mainlcuanl que l'Assemblée, souvent bien inspirée, — l'histoire reconnaîtra cela, — quand elle n'écoute que son instinct, a infligé au projet de M. Oespel ce soufflet parlementaire qu'on nomme la question préalable, je me permettrai d'offrir, non pas à messieurs les matois, qui savent à quoi s'en tenir, mais aux honnêtes gens trop disposés à prendre le change , une réflexion quasi-philosophique, à l'occasion de cette liberté de la pensée dont il vient d'être question et à laquelle la loi préventive du cautionnement a porté nue bien autre atteinte qiu^ celle dont M. Crespel se préoccupe.

Voici ma réflexion ; Liberté est un terme complexe; toutes les libertés sont une. Diminuer la première, c'est attenter à toutes. I.a logique des restrictions en pareille matière est inflexible ; il n'y a d'autre terme dans cette voie que la compression absolue. Sous prétexte de résister, nn attaque, et le ressentiment légitime que l'agression provoque force tôt ou tard les gouvernements jaloux de conserver leurs mauvaises lois . sous le prétexte de se conserver eux-mêmes, à se faire une ressource extrême de l'arbitraire pur. — Et la fin tôt ou lard justifie les moyens!

12 >opleinlirf.

■Discussion du préambulr-, — Le droit au travail.

Que puis-je faire contre onze discours en trois, quatre, cinq, six et même sept points. qui coulent de la tribune comme d'un robinet pendant six heures consécutives, sans que le présidentMarrast tourne lachevillelte?

C'est de l'abondauce. il n'y a ]>as de danger que ça monte à la tête

des élèves !

Onze orateurs, tous plus complets les uns que les autres, ont donc inondé l'Assemblée sous les flots de leur éloquence , el la fontaine n'est point tarie! il reste au fond trente-neuf orateurs inscrits pour parler sur le même sujet. I.a discussion prend la tournure d'un coiu'ours aca-

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