‹ Assemblée nationale comiqueChapitre 39 sur 114 · I.'ASSK.MI! I.l'i; NAI KINAI.K CO.MIQl K · texte numérisé non relu

I.'ASSK.MI! I.l'i; NAI KINAI.K CO.MIQl K

pcr |),n- liasaid une lioiiiK' véiilé, lOiiiiiR' aujoiiid liiii, pur cxi'iiiijIc. (ju'il a tlit loul nel à l'AssoinhléL' qii rii juTini^ttanl aux i^eris de (lél)iter ])liis longtemps des iliscoiirs éirils, il l'aiidiail dix ans pour aclievoila (]onslitnlion. Sur ee, il a proposé d'expulser, à l'avenir, de la tribune font individu porteur d'un niamiscril. La plupart des professeurs d'éloquence ont pris cela pour une personnalité; ()uelqui!s-uns même se sont emportés jusqu'à rej)roclier au citoyen Grandin d'être un égoïste qui voulait ahuser de sa facilité. — Néanmoins, la sortie a réussi; .M. (irandin n'avait pas encore lini de parler qu'un grand nombre de citovens orateurs ont d'abord fonri'é doucement dans leurs poches les liasses de papier dont ils avaient les mains pleines, puis se sont esquivés dans la cour, pour cacher leur lionte.

La parole se trouvait libre, Lamartine l'a prise, et ne l'a pas rendue avant de s'en être servi pendant deux heures; mais comme M. de Lamartine ne lire pas ses discours de sa poche, et qu'il n'a pas d'autre manusciit que son ins|)iration, M. (irandin s'est tenu pour satisfait.

L'Assemblée chercluMin piéambiile a la Constitution, le \oil;i trouvé, ((uoiqu'iin peu long ; — (|u'ellc picnne le discours de Al. Lamartine !

Le préambule. — L'amendemer.i Deviuê. — Ad iption de sept paragraphes.

A peine le farouche Grandin avait-il le dos tourné que tous les orateurs à papiers, à l)rocliures et à gros becs, sont revenus s'abattre comme i\ur Vfd(''e de nu)ineanx-francs sur le champ de bh' d<^ la tribune.

Le premuM' (ju il faille citer, c'est un vieux militaire, un grognard, le ea|)itaine Deville, — Dagobert pur sang! — 11 a perdu ses moustaches dans les combats; il lui reste encore un peu de chevelure, mais sous le nez plus rien ! Cela ne l'empêche point d'être éloquent à sa manière. L'orateur Deville est railleur d'un certain amendement que la piulenr nous défend de décrire. — Apprenez que ce vii'ux soldat est devenu un intraitable pékin, et que. sous le jirétexte d'avoir ]l' profil du sabre en horreur, il voudrait nu'Itre la Constitution dans un fourreau. — D'abord le grognard nous a raconté ses campagnes; il paraît qu'il a en à se plaindre du petit caporal; — suffit. — Quant aux porteurs de graines d'épinards, ce sont tons des propres à rien . desagréaliles en société dans les pays civilisés, et. sauf meilleur avis. \v ciloven Iteville

LA CONSTITI AN II. — : S K I' I K M 15 li K. 10,1

|)r(i|K)sp (]p los (léijniiiinor, si Ton vt'iil qiio la Fiance soil peupler (rintniinos lilires.

Voilà le scnliiiipiit D'un vieux ser^fiit, D'un niiiMPii milil.iiie Qui n,' <Mt ]);is so.ilïrir ul se lai

sans miiriniirer, eoiiinio celui de Michel cl Clirisline. \,c cilo\pn Deville tenait absolument à produiro de reflet; il peut être coulent. Du haut des cienx, sa demeure dernière, son colonel doit é|)rouver une vive snlisfaclion ; le ornfjiiard Deville a fail |iresque à lui seul les frais

di' la si'nuce. \a; beau succès oialoiicl dii ilail jusque dans la coiir.

I II simple liour^eois a ccpeudaiil parla^i' les lauriers du ^l'eiiadier I).i;.;oliei I. Lu postérité désire C(iiiiiaili(; ce ri\al de la jurande ariiu'e; il se nomini; F)clours , — -gaillard qui n'v va pas par quatre clieuiiiis. h i j'éprouve un bien grand embarras, l.e (i lux en Uelours a parlé pendant deux bcures sans discoulinuer : — pK ii\e dbaleinc d aulanl plus dijjue d'éloftes que personne ne lécoutait. Il serait donc de la dernière imporlance de révéder au\ amateurs ce discours (|U(! personne n'a eiileudu. Mnlbeîireusenie'tl un s"es| cn^aiie par sermeni à u'eii jia-- laisser -(irlir un «-w] mol.

Iltti I.ASSI.iMlil.Ki; NAlKlNAI.i; (OMlOll,.

I.a ( OM^itiralioii doiil je suis la iHciiiiiTO viclinic a cli' tiiiidii- dans la trib'iiio des sléno|ii'a|)lios. L'un de ces messieurs sélanl écrit'' dès (|iie l'orateur est monté à la Iribiine : — Hou! Détours est un eniracte ! » aussitôt tous les antres ont suspendu leurs phrases et mis leur plume au râtelier, (^'est alors qu'il a été convenu qu'on passerait l'orateur Detours sous silence, et qu'on a exigé un engagement (riionneur de tous les assistants. Un réserv(> d'ailleurs des peines terribles à (piiconque manquerait à sa parole. Dans une circonstance aussi grave, quel parti prendre? Dune part, devons-nous priver l'histoire d'un morceau d'éloquence qui s'élève à la hauteur de l'obélisque? d'un autre côté, pouvons-nous nous exposer à être traité comme un agent de police? Il l'andrail un Débours adroit pour sortir de cette position dillicile ; nous allons faire. s"il vous plaît, de vains elTorls pour le chercher. D'ailleurs, on a taillé bien de la besogne aujourd'hui : — sepl i)aragraphes du préambule, — et la Constitution entière, avec les amendements et contrepréambules, n'en contient que o/i:c cc»(<.<.' C'est à peine si la discussion durera deux ans!

La durée du travail dî

S •.ipt.iiilii — Li màdianon ea Riaa.

L'Assemblée nationale nous donner un gage de son zèle; elle a fixé par décret la journée de travail à douze heures dans les ateliers. I>a France est antorisé(> à considérer ce vole comme la meilleure réponse que les repiésentanls pussent l'aire aux gens qui les accusent de ne point aller assez vile en besogne.

Les Autrichiens nous acceptent pour arbitres dans les affaires d'Italie ! — Ah! le bon billet de médiation (|u'a là M. Bastide!

9 sepl('int)ii>.

3uit<5 et f;p. du décret E'.ir Ifis heure" àr-. travail.

Petit père Aiarrasl s'est retiré dans son gynécée : il est bien fatigué. La couronne de roses est lourde à sa Icle allangnie; comment snpporlerail-il le poids de la séance? Son bal d'hier a épuisé le pauvre président. Aussi quel mal il s'est donné! il paraît qu'il a été charmant, d'iine affabilité de maître de pension le jour où ses élèves lui souhaitent sa IV'le avec une cafctirre d'ar;;enl achetée par souscription. Il avait re-

i.A (;o^^Tl II \M i; — \\ ski'Ti; mfuu;. m?

lois les pensums a (uni le monde el inxiléles liimilk';; dos rciniscnlants. — Mallicnrensenient il n'y a p.is (M1 de l'en d'arlilirc.

Un beau bal ccpcinlant ! tont Paiis en paile dans la nouvelle Alliénes ; ce qu'on en disait enlriî représentanls. à la Chambre, a défrayé la politique de la journée. On s'accorde à vanter les violons et les diverlisscnienls. Plusieurs Aspasies que nous axons renconln-es se |)àmaienl encore au souvenir tl'une certaine \alse (jui lait le |;lus friand bonneur à la R(''publi(|ue. — Uelle \spasie, calnie/-vons donc. — Ali ! citoven, on ne taisait point de meilleure musi(|ue cliez Alcibiade !

Ouanl a la valse, nous l'appellerons la valse de Lmédénwue ; le pendanl de la valse de Laeéilémone, cesl le quadrille de la Consliliilion; le inotil en est adru'able, seulement l'accompagnemenl léciase.

A la lin du bal, il s"(!st j)assé (pielque chose de tont-à-fait galant et (|iii ténioij;iiait en nièuie temps du respect qu'on aime à voir conserve'.- \is-a-vis des autorités. I.e clicf de la mnsiijue, suivi de sa troupe, s'est avancé, suivant la tradition de la vilh; de Mcaux, vers le président et la présidente, entoures de leur société; et après axdir salué, il s'est mis à la troisième position : — Monsieur et maibnne la présidente est-il coulent et satisfait'? — Ti-ès-bien, Ires-bit'n.

C'est sur CCS mots rem])lis de dignité (juc la fètc s'est terminée. 1,'amiiassadeiir d'Angleterre est sorti transporté. — Ma foi ! disait-il, en revenant, à un prince suisse de ses amis, il y avait ce soir chez iMarrast (les diplomates bien forts; notamment Durrieu du comité des affaires élrangèi'es, (pii m'a étonné ; (|uant à (iermain Sarrut, j'cMi suis ('■pouvante! mais riiiiinnu* (|ue je redoiitei'ais le plus, si nous avions une conllagrali(Ui européenne, ce serait M' Avond du comilé' de la guerre ; (|uc celui-là se nielle a la (é|e d'un corps (rarnice, je ne sais pas oi'i nous irons 1

Donc, pendant (|u'(m offrait a .M. Marrast le tilleul inliisi'. le \i(ipresidenl marilime , M. I.acrosse , s'est charg('' de mettre la discussiiui a flot. On a dit de .M. .'Marrast qu il ressemblait à un meclianl pion; on peut dire bien |)lus justement de M. I.acrosse (|u'ii a loul-a-fait I air (I un e\((dlent piofesseur de natation. A voir ((unnient .M. I>acrosse ne s'assied jamais sur son fauteuil , et se tient debout de\ant le bureau , regardant au-dessous de lui, comme s'il suivait atlentivement les nimiveinents d(;s appr(;ntis nageuis ipii baibolleni dans la Iriloine. ikhis nous rapp(Jons invobmiairenieni les premières leçcuis (|ue nous reciimes a rérid(; Deligin ; il ihmis semble eiieore avoir dans les (U'eilles la mon relpiiirssanle du (clcbre Cachalot, baigncui asseï mente : « A/oHj/f-voii.sur la bras^(•. le m / Imrs fie l'eau ! sorte/, les epaiili s... .Mbms. jeune

l..\SSi;.\llîl,l. i: NMKINAII. COMIOl !•:.

Immiiic, iiMgfZ loiil seul.... coiiiine un crocodile! » A ce niniiirnl, (i;iclialol làcliail la corde, cl le crocodile coulait à fond.

Kli iiien, le vice-ixésideul Lacrosse esl |ioui' uous la vivaule iiuajje (le ('aclialol ; ne seiuliie-l-il pasiju'il lieul les oraleurs à la corde, ou (ju'il leiul la perche à ceux ijui s'eiil'ouceur.' I'aii\re Cachalol ! il aurait eu fort à faire aujourd'hui ; jamais on ne vit autant de plongeons eu uu(! seule séance ! Si le gouvernement ne décerne pas une médaille de sauvetage, au vice-président Lacrosse , ce sera une injustice criante. Il a tiré de l'eau, en notre |)iésence, plus de dix personnes éloquentes, eiilre autres le marguillier Sihoui' ; et s'il y a une demi-douzaine d'amendements de noyés, ma foi, ça n'est pas de sa faute. — La peite de ces amendements sera d'autant plus sensihle qu'ils appartenaient a d'iionnètes fabricants doués d'une âme tendre, se donnant tous pour les pères de l'ouvrier, et tous tellement sûrs de leur affection pour lui qu'ils s'opposaient à ce qu'aucune loi limitât leur tendresse. Grandin (d'EIheuf', Levavasseur(de llouen) etqnelqucs autres lilateurs se sontécriés — Oiie lixer la durée des heuies de travail, c'était rompie tous les liens d'iiilimilé entre le patron et l'ouvrier; que si on les empêchait de passer ensemble les jours et les nuits, on introduirait la désunion parmi eux parce qu'ils se verraient moins. — .Notre sieur Sevaislrc et C" a renchéri encore sur ces proteslalioiis. Le sieur Sevaistre, — véritable républicain d industrie, — est ce inéine commercint (|ui récemmenl, .1 I occasion de la révision des articles du (lotie pénal, relatifs aux coalitions, n'hésitait ])as à afliiiner (jue le i)réteiitiu droit paciliqne du tia- \ail libre était a ses yeux un ciime de lèse-fabrique, — c'est à dire (h; lèse-humanité! — Dites-moi donc la différence (ju'il y a entre ce bon M. Sevaistre et rexcellenl .M. l'roudhon, si ce n'est qu'ils emploient les mêmes arguments au lebours l'un de l'autre? Mais en leur qualité d'f.r- Irniifs il leur est impossible de ne jioiiil liiiir par se loucher. — Voyant le danger, .M. Tourrel, le miiiislre du cmnmerce, a jeté entre eux u\\ coussinet di'stiné à amortir le iboc, si tant est (ju'on ne puisse pas 1 éviler un jour, (le coussinet, rembouri-é d'observations justes, de vues élevées, de savoir pratique, s'adapte ingénieusement au majciinniii de douze heures. (|ui est le principe de la loi du Oui»// dans les ateliers, aujourd'hui délinitivemenl adoptée. — l ne sim|tle observation encoie. — .Ne dirait-on pas que ce .M. Toiirret (jui vient de paraître est nu homme d'une capacité rare, dont la bonliomie, la simplicité, la paride lucide cl rcNleiieiir de gros i'ermiei- de la Beauce. un peu inaiic dans ses iuslaiils de loisir, taclieni le nu illnir niinislre de ragriciiltiire ri du cominci ce qii il \ ail jainai> ni daii^ i r pavs-ci? — \oila i|ui se-

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