‹ Assemblée nationale comiqueChapitre 42 sur 114 · si|i(<'nilirc · texte numérisé non relu

si|i(<'nilirc

'?iEOUs«iOr. do prtJîTTitxile. — Lr droit su Ira/a.l. — MaÀhus-Thier.';. — ."iint Miohei- Troudhon.

Oiirl (vl 11' ^|:|||||ll^ SOI' le ilos duquel on s"e>( billu tmilc l.i jonrni'e? Kn f.iil ili NI.illliu-, j<' cniiiiai^ Mallo. pavs ci-librr par se> navels. Mais il

'Jo"2 i;.\ssi:.Miu,i;i'; naikoalk co.miuiji;.

lie siiurail èlie (|iieslioii de navels dans une eirconslance aussi giave — bien que la (juestion du droit cm Itavail ressemble assez à im canard . — passez-moi le mol.

Kn loiil cas. ce mal heureux .Maillais a éle siii^uiieremeul dépiaulé. Si jamais il lit du mal à quelqu'un de son vivanl, ou le rend avec usure à sa mémoire. (io-Ia ne dit point oii laul d'orateurs ont pris Maltbus. — Us en i)arleut tous comme s'ils le connaissaient, ce qui est du dernier bon goût, — Malthus par ci, Malthus par là. passez-moi Mallluis! Scélérat de Malthus! — Aimez-\ous le Malthus, on en a mis partout. — Enfin, pour savoir à quoi m'en tenir, j'ai pris la liberté de demander an citoyen Grcp|)o, membre du ((unite du travail , ce que c'était que le citoyen Maltbus. I.c citoyen Greppo n'a j)oiul hésité: — C'est, m'n-l-il dit doctoralemenl , un |)ersonnaiie ancien à qui saint Michel coupa l'oreille! — A la bonne beure! — Mais les tem|)s sont bien changés! Il paraît que maintenant c'est Malthus qui coupe les oreilles à saint Michel, car on ne peut pas faire autrement que de considérer M. Tbiers comme le petil-tils de .Malthus, et M. l'roiullion comme un faux saint .Michel.

Or, Maitiius. eu la [lersonuc du redoutable |)etit Thiers, a aujourd'hui encore lriom|)bé du citoyen Proiulbon, qui s'était caché dans le ventre du druil au travail. Ma foi, .M. Thiers a extrait l'ennemi de la boîte et il l'a exterminé comme un limaçon eu lui écrasant sa maison sur le dos.

Ça n'a point été tout. I.e i'ouiieiisle Considérant ne pouvnit se dispenser de monter à la tribune dans une occasion semblable. Il était enrhumé comme le ])èrc Dncantal , mais rien ne l'a retenu ; il s'est élancé à la poursuite du droit au travail aussi résoluuicul (|ue l'estimable bourgeois de Meaux à celle de son (ils Sosthèiie.

l/.Assemblée s'est conduite de la manière la plus injuste. .M. Considérant lui a dit qu'il avait un secret . qu'il était tout prêt à le faire connaître dans le lète-à-lète parlementaire, et qu'il ne demandait pour cela que quatre petites séances de nuit. Croirail-on qu'on a eu la i)rétenlion d'exiger qu'il vînt trabir son secret devant tout le monde! Si c est ainsi (lu'on espère oblenirdes rivières de limonade, on se trompe. M. Considérant était sur le point de déployer sa queue prenante avec nu œil au bout; mais, voyant <iu'on était sans égard pour son mal de gorge, il a pris la papillomc et s'en est allé laissant la tribune a un certain orateur nouveau, du nom de Hollinat, qui s'y est installé comme dans un hôtel garni. Un n'a pu fiiie .-lulir ce \o\ageur i|u"cii le\anl la -éanre.

I . A c o .\ S 1 1 1 1 ; A N r !•; . — us !•: l' r i : m bi\ l: . 203

Il sepleiiibre.

Discussion du préambule. — R^et du DROIT AU TRAVAIL. — Asoension de Lamartine.

CertaineiiiLMit M. Laniarline est un délicieux orateur! I.es loways . (OS Indiens de IWniérique du nord aux appellations poétiques, auraient surnommé M. Lamartine Irow-frow-lrow, c'est-à-dire le nuage (jiii parle! — car ce grand orateur est chargé d'électricité; il sort de ses discours des tonnerres, des éclairs et aussi de la |)luie.

On peut dire que l'éloquence de M. Lamartine est véritablement tricolore. Ouand M. Lamartine monte a la tribune, il est tellement sublime dès le premier abord qu'il semble avoir pris l'arc-eu-ciel pour s'en faire une ceinture à la Degousée.

(l'est bien rbomme destiné aux régions supérieures! ses phrases eu baudruche, gonflées d'hvdrogéue , s'élèvent naturellement au dessus de la discussion , et s'en vont dans les airs rejoindre les certs-volants; encore ont-elles sur eux cet avantage incomparable de ne pas même tenir à la lerre |)ar un lil.

Tant (|ue les ballons oratoires du grand poêle planent dans l'espace libre , ("est à coup sûr l'un des ])lus beaux s|)ectacles qu'on puisse con- Icnipler. (tn s'étonne que le génie humain ait ainsi con(iuis la nalure et d(uuine i\\\ élément impalpable. — Uravo poète! bravo nuage' bravo l'aérostat! s'écrie la loule ; et elle accompagne le discours de ses clameuis eulhousiastes. comme si M. Margat lui-même était dans la nacelle.

(iependanl M. Lamartine a déjà |)erdu la lerre de vue: c'est à peine >'il dislingue ses collègues comme des points noirs sur leurs bancs; et toujours il moule, il mont(! de phrases eu |dirases jusqu'au ciel bleu, jelaul sou lest . jetant loiit ce qui charge sa nacelle, jetant les mots (jui pèsent (;l les ('pilhèles (jni le gênent ; puis , ivre d'immensité , il se lance lui-mênuî comme s'il avait des ailes pour se soutenir dans l'espace, ilelas! h; ballon vide continue sa n)arche allière , mais l'homme tombe et S(? nuMirInt sur le plancher de la Iribinu^ tandis (|iie le discours s"en- \(de toujours \ers l'intini.

La séance a donc ete cousacr(!'e a une n{Mivelle ascension de M. Lamartine Lu lemps lavorable , bien (|u'un peu froid, a favorisé ce beau speilade. Veis trois heures d'aiires-midi l'aérouaute s'est |)résenlé; il a»ait (elle allure a la lois noble et dégagée (|U on lui connaît, et son luimilablc ( légancc de style: peiiode (lollanle. |diiases à revers el les

204 L ASSK.MlU.i:i': .NAllONAIi; COMIQlt;.

idées au veiil. I.cs clames ijui reinplissaienl la (ribuiie juiblique , les représentai) Is qui sioj^'eaieiit dans renceiiile réservée élaieiil animés d'une é^ale curiosité. .Nous avons vu le moment où W. l'elletan, rédacteur du /lien public, (\n\ penchait avidement la moitié de son corps en dehors de sa loge, allait Jeter sou huuiiiiul a M. Lamartine; mais il l'a gardé , songeant qu'il en pourrait l'aire demain un premier-Paris très odorant. Après avoir salué l'Assenihlée et les dames avec une affabilité charmante, M. Lamartine s'est résolument embarqué diais la nacelle; il a donné le signal de couper les cordes (jui attachaient le discours à la tribune, et nous l'avons \u s"eiile\er aussitôt avec une majestueuse rapidité.

■Malheureusement la nuit est survenue, qui a trop tôt caché l'aérostat, et nous ne savons pas encore oîi il est tombé. — Pendant (|ue M. Lamartine achevait son voyage aérien , on dépouillait le ^cl•ut)n de division, et .^96 voix contre 187 repoussaient le druit au travail.

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