‹ Assemblée nationale comiqueChapitre 56 sur 114 · I.A CONSTITI ami:. — Il N O V KM 1! U K. Jlô · texte numérisé non relu

I.A CONSTITI ami:. — Il N O V KM 1! U K. Jlô

li novembre.

Démission et rééleotion de M. Marrast. — Suite du budget da ministère de l'Instruction publique. — Les chaires d'économie politique relevées,

Le petit père Marrast s'est conduit hier comme un auteur dramatique consommé. 11 a compris qu'il fallait terminer le quatrième acte du Budget de l'imtrudion publique par une situation palpitante, si l'on voulaitquc les gardes nationaux des départements vinssent aujourd'hui voir le cinquième ; c'est pourquoi, à la fin de la séance, il a donné sa démission de président. M. Bouchardy lui-même ne trouverait pas un plus heau coup de tliéàlre ! Ce matin tontes les loges avaient été louées avant l'ouverture du bureau, et la plus grande anxiété était peinte sur la figure des spectateurs. Nos malheureux concitoyens de la province, peu habitués aux émotions fortes du drame, n'avaient pu fermer l'œil de la nuit tant la péripétie d'hier les avait agités; et l'on avait toutes les peines du monde à leur faire comprendre que la démission du petit [)ère Marrast était simplement une de ces balançoires parlementaires qu'on appelle frimes dans la langue diplomatique.

Tout à coup le rideau se lève et les huissiers entrent portant les urnes. Rien ne peut donner une idée de celte imposante mise en scène: M. Corhon, occupant le fauteuil, les secrétaires autour de lui et tout l'aréopage se promenant dans l'hémicycle ; \;a et là des groupes; partout un désordre inexprimable.

La situation était poignante :

«Quoi! Périclès abdique! — Qn'esl-cc qu'Athènes va devenir? — Qui donc nous ferait danser comme lui? l'n autre nous oflVirait-ii d'aussi abondants sorbets? — Clinias, le souviens-tn de son dernier feslin ? — Et cel excellent bordeaux que Degousatos, l'airiKiblc écliauson, verse à pleine coupe, je le sens encore comme un velours sur mou faible estomac! — Non, décidément, Athènes ne saurait se passer de Périch's. — La ville de Minerve mourrait de soif et d'ennui sans ce grand homme ! — La rue de l'oitiers est soudoyée par le roi de l'erse pour l'abreuver de dégoûts! — Conservons notre l'ériclès, c'est le moyen d'humilier l'étranger.' — Archontes, emparons-nous de lui, allons le chercher dans son domicile, jetons-le de force dans l'urne; fourrons-lui les quatre mille francs de traitement dans ses poches ; s'il refus<' , eii bien , nous le sup|)lierons ; sa sensibilité vous est ccumue ; comment ri'sisterait-il aux priiTes de ses chers archontes? — «l'ériclès, lui (lirons nous, tu vois que l'aréopage est dans l'aflliclion ! ouvre-nous

.-,14 L ASSK.Min.l.K .\ A T 1( I .\ A M*; CO.M I ULi K.

la |)oil('. (laitue sortir du gynécée ; lo l'auleiiil le IpihI les liras ! Cher l'éiiclès, au nom de loul ce qu'il y a de plus sacré pour les mortels, par UaccliMs et par Aspasie, reviens! reviens, adorable sonnette! reviens, miel de l'Hymète, protecteur des discussions, favori de l'Olympe ! 0 toi qui joins la grâce antique d'Âlcibiade et le débraillé de l'OEil-de- IJcruf à l'aménité des mœurs américaines, inimitable, introuvable Périclès, père de la Constitution, beau fi'ère delà République, gendre du pouvoir exécutif, reviens ou nous nous précipitons devant loi dr.ns le U'H de les cuisines, comme des veuves du Malabar! »

Tels étaient les discours passionnés que les représenlânts écbangeaient entre eux ])ar des gestes ex|)ressifs. MM. les gardes nationaux des départements n'en perdaient pas un mot ; et l'intérèl qu'ils prenaient à la pantomime était si vif que leur gosier se dessécbait, et qu'an dénoùinenl , quand après le dé|)ouillcmcnt du scrutin on s'est écrié: Périclès va sortir de la coulisse! place au piésident ! ils n'ont pas en même la force de pousser un cri d'allégresse, — suffisamment motivé pourtant par le rétablissement des cbaires d'économie politique et di; législation comparée du collège de France. Cbacun sait que le gouvernement provisoire avait en l'impiété de fermer ces cliapelles, et que leur desservants en étaient réduits à dire dans des greniers, au péril de leur vie, la messe selon Maillais et Ricardo. — L'abbé Micbel Chevalier cl le révérend Llierminier vont être rendus à leurs ouailles; ils officieront publiquement dès demain, puisque l'Assemblée nationale a déclaré que l'économie publique était la religion de l'état, et que ses ministres seraient salariés aux termes du concordat passé avec M. Freslon.

Budget du ministère de l'Instructicn publique. — Adoption d'un décret relatif aux PRÊTS DE L'ETAT AUX ASSOCIATIONS OUVRIÈRES.

— Eh bien ! dis-je à un artilleur d'Arras qui contemplait la séance d'un air ébahi, ([n'en pensez-vous, cher citoyen des déparlements? Je suis ilalté qiK! vous soyez venu de Lille, d'Amiens, de Cbàteaii-Chinon, Carpentras et auti'es lieux voisins pour voir comment les choses se passent ici. Tous tant (jue vous êtes en province, vous employez votre vie à vous plaindre des inipêUs : j'espère que vous allez reconnaître votre injustice. Failes-moi le plaisir de me dire s'il est possible de ménager l'argent des contribuables plus qu'on ne le fait. Vous êtes tombé dans un bon moment |)uisqiie Ton discute le budget rectifié; je vous prie de

LA (.ONSilil ANil.. — IM NOVI.MIU'.K.

rcganlor la lij,'iiio de M. l)osloiii;i-ais cliaqiio fois qu'on lui fait loil de six francs de rédiiclion en faveur des lellres; ne scmblerail-il pas qn on le>

prend dans sa poclie, ou bien qu'on lui soustrait un plat de son ordinaire. Examinez aussi ce représentant changé en rat (|ni ronge là-bas

des chapitres entiers Au rat! au rat!... Ce fut autrefois M. Bineau !

il avait alors deux pieds et il était habillé en bourgeois, comme vous

lors(pic vous n'êtes pas de garde .\u rat, au rat ! ..

— IMnnsieur que je ne connais pas, et dont l'affabilité me chariM(\ me répondit Tartillcur d'Arras.j'enlends bien tous les discours quOn prononce ulin d'obtenir des économies de trente sous ; mais ]v ne puis pas savoir les noms de ceux qui parlent , et c'est ce qui nie met hors de moi.

— Vous a>e/ , ma foi, raison! est - il possibli «lu'iMi ait ainsi

->u; i/AssisMiiLKi': NA rio.N au; comiqui:,

manqué il' ('gards vis-à-vis des dcpartiiinents ! Je iiiVn éloiinc de la part d'un quesleur aussi soigneux que M. Degonsée, qui compte li^s morceaux de sucre qu'on met dans les verres d'eau. Quoi! vous assiste/ aux séances depuis quatre jours et l'on ne vous a pas distribué le programme? Pcrincltez-moi d'aller acheter V Enlr^acle et de vous lolTrir;.. ou plutôt, cher citoyen, je veux moi-même vous indiquer de vive voix les personnages et orateurs.

— Monsieur, répliqua l'artilleur, lai)rochaine fois que vous viendrez à Arras, je vous reliens ; nous avons encore à la maison deux camarades de Paris qui restent à fraterniser depuis quinze jours ; ils attendent que je sois revenu pour s'en aller; partez avec moi, nous serons quatre hommes armés, et nous pourrons nous amuser à faire ensemble quelques patrouilles d'amis.

— Vous êtes trop bon.

— Camarade, quel est donc ce représentant là-bas... celui qui porte un bouquet de violette à la boutonnière?... 11 me semble que je l'ai rencontré au café...

— La chose ne serait point impossible... C'est le citoyen Flocon. Tenez, voici le célèbre Odilon Barrol qui entre. Comme il est majestueux en traversant la salle! Remarquez qu'il s'assied avec tout(!

l'importance d'un homme qui a lailli bien des fois revenir au ministère. — Et ce beau jeune homme séduisant... là, an jiremier banc, à droite?

LA CONSIIÏIAMK. — I.) ^OVl:MBH^:. 317

— Celui-là, c'est... Cluil ! n'y a-t-il pas do dames auprès de nous?...

non ; je ne vois que des mililaires. alors je puis vous le nommer

c'est yV Âvond !... celui qui... vous savez... avec la femme de l'un de ses amis !... Le malheureux Roger de Beauvoir a trouvé le do5s/er dans la chambre conjugale !

— Et comment appelez-vous cet autre qui prend toujours des prises dans la tabatière de ses voisins.

— Deslongrais, l'un des trois Pestel ; ils n'ont jamais de tabac sur eux, par suite d'un serment qu'ils ont fait. Comment avez-vous trouvé l'orateur Deslongrais? n'est-ce pas qu'il est bien agréable quand il s'échauffe ; il a l'air de parler dans une cage et de vouloir passer à travers les barreaux. Quel joli mot il a eu hier à propos de l'Ecole des Charles, lorsqu'il a dit qu'il n'y avait pas de débouché |ioiir les élèves. Au fait, je vous le signale comme le type de l'orateur de naissance. Il ignore toutes les règles, et, jugeant les autres d"'après lui, il est convaincu qu'on n'a besoin de rien apprendre. Un fort aimable homme, d'ailleurs.

— Et le petit monsieur qui lui a répondu?...

— C'est le jeune Kerdrel, surnommé Véléve reconnaissant, à la suite de son discours en faveur de l' Ecole des Charles, à laquelle il se llatte d'avoir appartenu. On fera de ce chef-d'œuvre de paléographie le sujet d'une pièce morale pour le théâtre Comte.

— Pourriez-vous me dire aussi quel est ce monsieur si économe, qui a sa voix dans la tète ?

— M. Barthélémy Sauvaire, autrement dit V homme à la poupée, à cause de son organe; sa spécialité est de s'opposer fortement à toute espèce de souscrij)tion littéraire.

— El le prince Louis ! montrez-moi le prince Louis.

— Le prince brille aujourd'hui par son absence ; il avait ap|)ris qu'on voulait le faire parler devant les gardes nationaux des départements. l*our rester (idèle à ses principes, il a préféré ne pas venir. Mais vous auriez |)u le voir hier; il a même volé, car j'ai remarqué qu'ayant été sé|)aré par la foule de son préce|)teur Vieillard, il demandait au secrétaire l'éan comment on s'y prenait pour mettre les boules dans l'urne, (charmante naïveté !

— Oh! camarade, j'aperçois un bien bel homme. .Mon Dieu, qu il est gros !

— C'est le poète .\uton\ Thouret, il pèse quatre cents! Mais taisonsnous, il y a du monde à la tribune; vous allez entendre un joli orateur. M. r.iiiliu (iillou, (|ui débite! un discours contre les associations ouvrières lin ton diiut le malade imaginaire lit la note de M. rieurant. son apo-

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ll)ic;iire. — Camarade, je coinmence a avoir laiin ; si nous allions iliiier?...

— Pourquoi pas, puisque M. Paulin (iillon a obtenu que les prêts lie l'état aux associations ouvrières se feraient à la petite scmaiue.

16 iioveml)ic.

Encore le budget du ministère de l'Inslruoîion publique. — Discours de Deslongrais ■ en faveur des rédaciions.

Parti Pestel vous allez trop loin ! Je veux bien que vous soyez tous les trois des boniuies politiques qu'on puisse citer comme des modèles de sobriété, en disant : Vous voyez ces trois Pestel , cb bien, ils économisent cbacnn vingt- deux francs par jour sur leur traitement; trouvezmoi quelque cbose de plus fort en Basse-Normandie! mais ce n'est pas là une raison de traiter les savants et les professeurs avec autant de violence que le redoutable Deslongrais l'a fait aujourd'bui.

L'orateur Deslongrais était-il autorisé par Luneau et Besnard?On pourra diflicilement le savoir. Toujours est-il que le parti est gravement compromis. L'impétuosité naturelle de Deslongrais nous parait dangereuse depuis assez longtemps déjà. Cet bomme de Vire, lorsqu'il est entraîné par son éloquence, cesse d'être maître de lui ; Luneau et Besnard en ont gémi plus d'une fois; mais comment adresseraient-ils un reprocbe à leur ami? il a tant de belles qualités! Personne ne sait accommoder la salade comme lui.

Ce qui met particulièrement >I. Deslongrais bors des gonds, c'est d'apprendre qu'il y a encore quelques savants et quelques professeurs qui toucbent de modiques appointements. — Jamais l'orateur Deslongrais ne supportera le budget de l'instruction publique; il lui a voué une baine à mort, et il accuse bautement son collègue Bineau de vouloir se poser en Mécène. — Vous me voyez, s'est écrié le redoutable Deslongrais, je suis une preuve vivante de l'inutilité des savants et des professeurs! Est-ce que j'ai appris quelque cbose? et cependant je me présente ici comme le cbef du parti Pestel ! je suis l'élève de la nature ; — ce qui ne m'a point empêcbé de parvenir aux plus liantes fonctions.— Messieurs, il est temps de couper court aux abus, je demande une réforme radicale ; la suppression des savants et des professeurs ne me suffit pas. Pourquoi entretenons-nous à grands frais au Jardin des Plantes des animaux qui font une consommation effrayante? Je propose de les abattre et de les manger. Vendons les collections au prolit du Trésor. Ouaiitàl élépliant, cette grosse bête m'a toujours singulièrement il(''[)lu ; à quoi sert -elle? Vous ne me direz pas (|ue c'est là un professeiii . Avec ICIi plianl, on |teui

LA coNsrmiA.N ri:. — ici .NovK.MBUb:. 510

nourrir pendant quelque temps nne partie de la population. Après qu'on aura mangé l'éléphant, le reste du bétail, les volailles et ces énormes

anguilles (|ii(' vous appelez dos sorpeiis,oii démolira toutes les pelilcs maisf)ns des animaux, afin de n'avoir plus à les réparer ; ensuite on aiialtra les arhres (jui ne servent à rien, cl l'on plantera des pommes de terre partout. C'est ainsi que moi et mes amis du parti Pestel nous entendons les économies dans le hudget de rinstrnclion publique, et la culture en grand. I.a France est un pays essentielliinent agricole, qui n'a pas besoin du tout de |)roressciirs ni de savants ; je crois même ([n'on poiirrail se passer du ministre de l'instruction publique.

— Parlez |»our vous, honorable parti Pestel, a répondu le citoyen Kieslon.

— Kh bien, (|u'on nielle mon amendement aux voix... Kflcctivement ou a volé, cl ramendement a obicnu une imi)osanle

minorité. Deslongrais, hors de lui en se voyant ainsi traité, s'était emparé de deux ou trois jjrofesseurs qui siègent dans l'Assemblée, et se mettait en devoir de les étrangler. On a iii lii'aiH(m|) (b^ |)eine à b's arracher de ses mains; enfin i.uucati cl lîcsiianl l'iinl ciilraîné dans l'espoir de le calmer jiai- un diiK'r abund.nil. Il c^l a craindre que le pauvre Deslongrais ne lasse une bien mauvaise digestion, surtout (|U,ind il a|»prendra que les iO.OOO .francs de traitement de l'archevêque de l'aris nNtnt pas été rognés de moitié, et qu'on a cnlamc, en l'absence du parti l'eslel , le budget du miulstère. de l'hiléricur.

3i0 I. ASSF,MBI,ltK NATIONALE COMIQUK.

Budget, du ministère de l'inlerieur. — Le citoyen Aslaix rappelé à l'ordre pour avoir irsilé Eon collègue Luneau de MOUCHARD.

Au secours, ami Besnard ! au secours, vigoureux Deslongrais ! au secours le restaurant Pestel ! au secours tous les garçons, la dame du comptoir! au secours les cuisiniers et les marmitons! au secours toute la maison, venez avec les broches et les manches à balai ! au secours!... On assassine le franc Luneau devant votre porte !

Il était sorti pour faire un discours, avant dîner, sur l'ex-préfet de Toulouse, Canavan, que M. Dufaure vient de placer dans le déparlement de la Vendée; il se promenait en amateur dans la tribune, disant modestement qu'il voulait dévoiler quelques abus ; tout-àcoup un homme qui le suivait depuis quelque temps lui a demandé : — Bourgeois, quelle heure est-il? — Luneau a répondu qu'il n'avait pas de montre; alors l'homme l'a traité de mouchard; Luneau s'est défendu bravement avec son parapluie; l'homme lui a sauté à la gorge. C'est un homme des montagnes quiestde première force; tout le monde le connaît aux barrières, il s'appelle Astaix!... — Mon Dieu ! personne ne viendra donc au secours de l'infortuné Luneau? Souffrira-t-on qu'il soit ainsi étranglé en plein jour?... Petit père Marrasl, vous qui êtes armé, défendez-le donc avec votre sonnette... bien... prenez le farouche Astaix par derrière ; donnez-lui de grands coups sur la tête... rappelez-le à l'ordre... bien... Tapez plus fort... il est tout étourdi ; liez-lui les jambes et les bras avec le règlement; et maintenant qu'il est enchaîné, failes-le reporter à son banc.

11 était temps que le petit père Marrast arrivât. Pauvre Luneau! dans quel élat le voici, mon Dieu! Mordu partout, déchiré, houspillé, cramoisi, il fait peine à voir. — Bon l>uneau, Astaix est parti, il est retourné dans ses montagnes... Revenez à vous, ne faites pas le mort... — Il ne bouge pas... comme on l'a arrangé ! — Donnez-lui de l'eau... (jarçon, un verre d'eau sucrée à M. Luneau. Desserrez-lui les dents el introduisez le breuvage à l'aide d'un tuyau de plume. — Cher Luneau, répondez, vous êtes entouré de vos amis, de vos Pestels; comment vous trouvezvous? Là... bassinez-lui les tempes... fourrez-lui une clef dans le dos... soufflez-li>i dans les oreilles... Ça revient-il un peu? — 11 ne revient pas; que faire? — Oh! si l'on avait de l'eau sédative ou du camphre, on le traiterait par le système Raspail. Quelqu'un aurait-il du camphre sur

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soi, par hasard? Non, personne n'a de camphre; Raspail continue d'êlre la victime de la pharmacie française!... Alors, messieurs les médecins allopalhes, déployez vos talents! Voyons, docteur Recurt, docteur Trousseau, doclenr Turk, où sont vos trousses?... Quoi! pas un médecin pour le saigner ou lui couper la jambe? Mais il va mourir entre nos bras ! il agonise... Il fait : glou... glou... glou... comme un orateur qui trépasse. C'est déchirant!... glou... glou... glou... il se meurt... il est mort '

M. Luneau , l'un des trois Peslels, a cessé d'exister! Pleurez-le, Besnard ! Deslongrais, niellez un crêpe à votre chapeau ! il n'y a plus de Luneau... ])1hs du tout... plus jamais! Hélas! il ne dînera plus avec vous; hélas! plats de siipplémenl, adieu! Il va falloir que nous portions en terre la dépouille de Luneau; et vous, ô Besnard, ô Deslongrais, vous célébrerez un repas mortuaire sur sa tombe, — à deux francs par tète! Tous les courlis des bois voisins viendront en poussant leur cri funèbre : Lu...neau... Lu ..iieau... Lu...uean !... becqueter les restes du dîner.

Mais |)uisque cet aimable homme n'est plus, du moins honorons sa mémoire par souscription ; élevons-lui un modeste mausolée orné de celte épitaphe :

i:i-r,IT LE FK.VNC LlNE.ll

yll HT DÉVORÉ PAR UN SAKULIER.

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