nsidêrauor. de la propDSitio.T Râteau
La polili(|uc aussi bien ipie la littérature icnicrmeiles /'(//7((»(y»(i//.v dans siiu sein. Il airnr |iari'ois (|u'un Tarlcniiiidii liltcraiie dcMnc' (rainiiitiou.
LA CONSililAM i;.— 1-2 J\\\ li:ii. il3
et vmilani à tout prix conquérir la renommée, publie des couvertures de livres devant lesquelles la critique ne saurait rester indifférente : Graller la terre accc ses omjirs ! ou bien : Se manger le cœur foui seuil Avec de pareils litres, leTartempion |)asse forcément à l'état de romancier ridicule, — mais connu. — Le procédé des Tartempions politiques qui aspirent à la célébrité ne diiïèrc point de celui de leurs confrères de la libraiiic. Faute de pouvoir brûler le temple d'Epbèse, — moyen extrême que l'antiquité elle-même a ré|)rouvé, — leTartempion politicjue, qui a tenté vainement de sortir de sa profonde obscurité à l'aide d'amendements qu'on s'est jusque-là obstiné à ])asser sons silence, réussit en lin ])ar des efforts inouïs d'imaçfination à fornuder une iiroposition Rdiraa propre à mettre tout le pays en branle, l'assendjlée en "iierre , et à latpielle il est impossible que son auteur ne doive ])as de léguer son nom à la postérité.
M. Hateau devient un personnage. Ouel est ce Kateau ? On veut connaître le courageux Hateau : il n'y a (pi'un cri : Montrez-nons Ihilcau ! mais Râteau se dérobe à sa gloire. — Personne encore n'a découvert ce représentant dont la France entière s'occupe; si bien (ju'on serait tenté de croire (pie liateau est un iu\tbe, — in\ jieul-èlre un pseudonvme de .M. Tbiers.
(iependaut la connnission cbargée d'examiner la pnqiositiou Râteau l'avait ornée de fleiu's et ex|)osée sur un brancard au milieu de fous les attributs de jardinage. M. de Sèze a le premier pris la parole jxiur expliipier (prell(> était cbampêtre : (ju'ou de\ail I envisager au point de \ue jiaslnral : cnlin que l'agricuilure niauipiail <le bias , et (pie si l'assemblée ne consentait pas à retourner aux cbaïups dans le plus bref délai, nous serions exposés à perdre la récolte de cette année. Disant cela, M. de Sèze s'est mis à ratisser la discussion et à l'arroser d'arguments (pi'il tirait d'un puits d'éloipience diuit il a la propriété.
.Mais voilà (pie tout à conj) IMerre l5oua|)arle Imnbe dans les platesbandes du jardinier, l'ieiic Honaparle a l'acceiil il.iiien et la parole fran- (;aisp. Au grand étonneineul de I a>seiidili'e, il prend le râteau des mains de .M. de Sèze, et il lui en ilani[ue de si grands ci)U|is , ([ue le |iau\re homme n'a rien de mieux (pie de se sauver en sautant par-dessu^ la baie de la projiusiliun. \ oiis devinez la jnie de I assemblée à ce beau spectacle! on a a|q)laudi a tour de bras, et peu >'en i^l failli ipi Cn \o\aut un Bonaparte agir en si Imu républicain, la Mniilagiie n'ait crié : \i\e l'empereur !
(.ela ne faisait [las le compte de Saiiil-Aclieiil. (pu -- iiilere^se plus ipidn ne croit à la Itépiibliipie bam-aise, et le révérend .M. de .^bnllalemberl est monte en cliaire. — Il semble (pi'il va ouvrir la boiicbe pour dire :
'iH I 'ASSKMBLKE iNATIONALK COM IQLE.
Laurent, serrez ma haireavec ma discipline;
ol qu'il ne peut pas terminer son discours autrement que par cet autre vers flu nu'iiie rùle :
La maison est à moi, je le ferai connaître.
Mais nous n'avons pas eu Tartufe — M. de Monlalembert 7ia pas voulu qu'on le jouât; — ^ il a préféré offrir à l'assemblée un morceau de politique à l'usage du Sacré-Cœur. Quel donnnage que, pour le prononcer, notre jésuite n'ait pas mis son surplis ! Il aurait ressemblé au petit Joas.
De la sacristie au tribunal, la discussion ne lait qu'un saut. M. Billault salue de la toque , et dépose ses conclusions :
« Plaise à la cour,
« Attendu que la proposition Râteau est à la fois illégale, contraire à la constitution et à la république, dangereuse en soi et inspirée par les jésuites, les sacristains, les légitimistes , les pbilippistes et simultanément par tous les intrigants et toutes les dupes ,
« Ordonner que la susdite proposition soit considérée comme non avenue et de nul effet. »
Là-dessus M' Billault , ayant ouvert son dossier, en a tiré une plaidoirie dont le plus grand honneur revient à son avoué, qui l'avait préparée.
A partir de cet instant, la séance est devenue homérique. — Non, jamais encore notre célèbre Odilon Barrot ne s'était présenté aussi majestueusement qu'aujourd'hui. Pour paraître plus vénérable, il avait ôté tous ses cheveux, (l'est aussi la première fois que nous le voyons prendre sa pose nouvelle : — celle de la /rtssù(/f/e du pouvoir, — auprès de laquelle toutes les autres ne sont que des poses plastiques. L'œil dans le vague , le col ])enché , la bouche amère , une nonchalance suprême de la main droite passée dans l'habit: voilà pour la pose delà lassitude du pouvoir! — Aotre célèbre Odilon Barrot l'a conservée jusqu'à ce que le silence fût rétabli, et ensuite il a pris subitement le ton de Cicérondans le quousque. L'effet d'un tel exorde a dépassé tout ce qu'on connaît dans ce genre. — Ce n'était rien encore. — Croirait-on qu'il y a eu un moment où l'assemblée s'est oubliée au point de ne pas laisser dire par le célèbre Odilon Barrot un seul mol en faveur de la proposition Bateau sans l'interrompre, et qu'elle a exigé une fois à grands cris qu'on le rappelât à l'ordre? — In président rappelé à l'ordre par un autre président ! cela eût été monstrueux et comparable à la guerre des dieux. Le petit père 3Iarrast a fait signe (ju'on ne le contraindrait jamais à un pareil sacrilège. — Partant de là, notre Odilon Barrot a atteint la cime des montagnes Bleues, qui sont les jilus liantes du