‹ Assemblée nationale comiqueChapitre 88 sur 114 · I.A CO.NSTIÏlANTi:. — 8 rtVIUEli · texte numérisé non relu

I.A CO.NSTIÏlANTi:. — 8 rtVIUEli

nalurelle cl qu il a paru plus troublé qu'on n'aurait pu l'attendre d'un huinine qui fait profession de jeter le désordre dans l'éloquence de ses semblables. On a pu croire que ses remords avaient saisi le citoyen Tascbereau à la gorge, tant il balbutiait, tant il était embarrassé de ses jambes (ju'il a l'babilude de mettre dans les poelies des ]iersonnes assises devant lui. C.ondjien n'aurail-il pas donné à ce moment fatal pour qu'un autre fascbereau lui coupât la parole ! .Mais il n'y a (|u'un seul Tascbereau au monde : et dès l'instant qu il occujiait la tribune, jiersonne n'était capable d apporter un obstacle sérieux à la discussion. — Le citoyen Tascbereau a dû cruellement souffrir ! peu d'orateurs se sont trouvés dans une position aussi embarrassante que celle de ce pau\re Iiomme. La voix, les mots, le geste, tout lui manquait à la fois. Il faisait peine à voir; et comme pour prolonger son supplice, ses collègues avaient la cruauté de feindre de l'écouter atlenti\ement et d'encourager ses grimaces convulsives avec une aimable liienxeillance.

(.e spectacle a duré pendant (juelcjues minutes; on a craint un inslaiil que l'orateur, dont le système nerxeux était surexcité au point que la décom])osition de la face commençait à se manifester, ne tondiàt en épilej)sie. Heureusement il a réussi, par un effort de courage moral presque incroyable, à articuler quel(|ues paroles à la suite desquelles il a regagné .'■a place avec la satisfaction d'un bonune cpii xient de nu)ntrer l'empire (|u il a sur lui-même. Ses amis sont alors accourus au dexant de lui, on l'a entouré, et .M. .Malle\ille lui a dit en lui serrant la main: — (.lier Tascbereau, permettez-moi de xous faire luini .■.iiiciii' coiupliiiiciil de I interruption brillante (|ue \ous xenez de ])r(iniiii(er.

Le souvenir de cet incident préoccupait tout 1<' iiKiiide aiijourd liui. (Juant au citoyen Tascbereau, comme il était encore brisé de fatigue, il a jiassé toute la séance à méditer sur la différence (pi il y a entre dcf' interrujitions réitérées et la xérilable éloquence. — (iràce à son état de prostration, le débat n'a point été un seul instant arrêté, et l'on a adopté l'ensemble; de la proposition Lanjuinais-Kateau, — après a>oir vnlendu des orateurs qui ont fait de xaiiis efforis pour introduire cinq ou six années de traxaux dans l'ordre ibi jniu' des trois derniers mois de la constituante.

NOiez bien (pra\aiil sa dissciliilinii , l'assemblée prétend faire la loi électorale, celle du conseil d'IJal, celle de la responsabilité du poiixoir, et vi)ler le budget. — Sans compter les interpellations !

Il faut que le bon .M' Sénard ait bien peur de ne pas rexenir à la légisialiM-, car il a fait, reiuiuns-lui celle justice, Ions ses efforts pour sortir le |ilu'- I.M'il po^^ible d(* la c<in>liluaiile.

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!) ft'v.icr.

Deuxième délibération sur le projet d'crgar.isalicn judiciaire.

11 a tant souffert qu'on peut bien lui pardonner quelque chose ! Aucunes des douleurs de rembonpoint ne lui ont été éparo^nées. \oyez à (juel état les tortures l'ont réduit ! (l'est avec des efforts inouïs, et en s'écrasant entre la rampe et le mur qu'il parvient à gravir l'étroit escalier qui conduit à la tribune ; la plate-forme le contient à peine ; son dos inspire des craintes sérieuses au petit père Marrast , tandis que son ventre repousse la balustrade. Ainsi emprisonné dans la boîte construite pour des orateurs maigres, il a l'air aussi mal à l'aise qu'un gros lapin vivant qu'on aurait introduit dans une cage à serins. Et cependant il est toujours poète ! La muse qui le consola au fond des cachots qui ne s'élargissaient point, hélas ! à mesure qu'il engraissait, ne l'a pas abandonné. Muse , ce serait à toi de répéter le discours qu'Antony Thouret a ])rononcé dans une position si gênante qu'un autre orateur aurait eu bien de la peine seulement à respirer.

.Nous reprocherons seulement au poëtc d'avoir remis en prose ses tirades, qui durent être primitivement en vers, (l'était d'ailleurs une injure faire à l'assemblée que d'affecter ainsi de craindre qu'elle ne fût pas digne d'entendre le langage des dieux. L'assemblée a tant écouté déjà de choses étranges, que les vers de l'Antiquaire ne l'eussent point étonnée. A la façon dont .4ntony Thouret déclame , on reconnaît de suite un auteur qui a le talent bien rare d'enfoncer les comités de lecture ; c'est d'aujourd'hui seulement que je me suis expliqué, en l'écoutant, l'enthousiasme que sa comédie avait excité chez les acteurs de l'Odéon avant la représentation. Il est évident que l'ouvrage n'a dû son peu de succès qu'à l'infériorité des interprètes. Les choses auraient tourné autrement si M. Thouret avait joué lui-même le princi})al rôle avec le feu qu'il a mis, quoique bien gêné, à nous débiter son sixième acte do l'Antiquaire, que la censure et des raisons d'économie empêchèrent l'Odéon de représenter.

(^e sixième acte est d'autant plus remarquable , que jusqu'à présent les sixièmes actes, même excellents, a\aient toujours été de trop. L'acte d'ailleurs ne se rattache pas du tout à l'action ; c'est une pièce à part. Le sujet en est assez simple : — Deuxième délibération sur le projet d'orcjanimtion judiciaire. — Là-dessus, Antony Thoiu-et a brodé quelques scènes de véritable comédie dont personne autre que l'auteur de ï Anti([uuirc ne se serait avisé. îl a surtout introduit connue jiersonnage épisodique la c-iiui' d'aiiiicl lie hniiai axcc un Imnliriir e\lr;i(ir(hiKnr('. — Mais ce iiin

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