ACTE PREMIER
BOURGALIER.
Allez.
GOLIGNEAU.
Bonjour, messieurs.
Il sort.
BOURGALIER.
Ces Roger-Dupuis sont des imbéciles, car Dieu merci! la maison Bourcalier et Legrain est solide. Mais, c'est ennuyeux, tout de même, si, vraiment, ça se gâte en Amérique, avec notre succursale de Buenos-Ayres. Il faudrait avoir des nouvelles sûres.
ALBERT
Ah! tu t'inquiètes toujours.
BOURGALIER.
Eh ! mon cher, si tu connaissais ce pays, comme moi, les bonds et les sauts fantastiques qu'y exécute le crédit, et la difficulté
d'être renseigné à temps! Il n'y a pas à dire: il faut y aller faire un tour, et sans tarder.
Ne te mets donc pas martel en tête. D'abord, le Brésil vient à peine de terminer sa révolution; et tu sais bien que quand il vient d'y avoir une révolution au Brésil, on en a toujours pour un an de calme dans le reste de l'Amérique du Sud.
BOURGALIER.
Je t'assure que si ce n'était pas aussi loin, j'irais bien volontiers.
ALBERT
Ne te fais donc pas de bile. Tu as tout ce qu'il faut pour être le plus heureux des hommes. Ne te préoccupe pas de tes affaires, qui vont sur des roulettes.