ACTE DEUXIÈME
mois de fidélité, non!... je ne pouvais pas, c'était inadmissible.
LUCIENNE
Tu ne pouvais pas,.. Eh! bien, et moi?
BOUEGALTER.
Pour les femmes, ce n'est pas la même chose. Je n'aurais jamais pensé à te tromper, si je n'avais pas eu besoin de quelqu'un pour te remplacer.
LUCIENNE
Me remplacer... me remplacer... par une cocotte !
BOURGALIER.
Ce n'était pas une cocotte.
LUCIENNE
Qu'est-ce que c'était donc alors?
BOURGALIER.
Tu tiens à le savoir? Eh! bien, c'était une
jeune fille très comme il faut, un mannequin de la maison.
Un mannequin i Monsieur remplace sa femme par un mannequin, en voyage ! Ah! tenez, c'est révoltant!
BOURCALIEPi.
Révoltant est dur. ,
LUCIENNE
Quelle horreur ! quelle horreur ! Une pauvre petite femme attend son mari avec une anxiété et une impatience qu'il ne soupçonne pas, qu'il ne peut pas soupçonner. Avec quelle joie accueille-t-elle son retour!... il lui revient, lui, le mari, l'homme dont l'amour est franc et loyal, il revient, trois mois d'affection, en réserve au cœur. Ah! bonne dupe! Monsieur ne rentre au foyer conjugal que las et repu d'une aventure misérable.
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et à sa femme altérée de tendresse, qui lui ouvre les bras, il jette pour tout potage la desserte d'un manneauin.
BOUPiCALIER.
Ma petite Lucienne, je t'aime de tout mon cœur.
LUCIENNE
De l'amour comme cela, ah merci ! je n'y tiens pas. Vous pouvez le garder. Tout est fini entre nous, maintenant.
BOURCALIER.
Ma petite Lucienne, il faut me pardonner.
Oh! ne me touchez pas; vous me faites horreur !
BOURCALIER.
Ecoule. J'ai été gentil, je t'ai demandé pardon. Mais je serai obligé de me fâcher à
la fin. Cette obslinalion de la part est ridicule.
LUCIENNE
Allez retrouver votre maîtresse.
BOURGALIER.
Tu vas me forcer à le faire.
LUCIENNE
C'est tout ce que je demande. Retournez chez cette fille.
BOURGALIER.
Lucienne !
LUCIENNE
Cette drôlesse !
BOURGALIER.
Lucienne !
LUCIENNE
Cette. .