ACTE TROISIÈME
jamais, et je serais heureuse alors. Maintenant, je n'ai plus qu'à m'en aller. Adieu!
Lucienne, soyez raisonnable.
LUCIENNE
Je veux m'en aller!
ALBERT
Lucienne, écoutez-moi. Pourquoi boudezvous contre votre cœur? Vous aviez l'idée bien arrêtée, en venant ici, d'arracher votre mari à celte demoiselle et de l'emmener avec vous. Est-ce que je vous adresse des reproches, moi ? Pourquoi m'en adressez-vous?
Si je vous avais fait des serments, vous m'en aviez fait aussi, nous nous mentions à tous deux; nous sommes des gens intelligents : il ne nous reste plus qu'à rire de l'aventure.
LUCIENNE
C'est ce que je fais... je ris.
ALBERT
Quelle singulière petite toquée vous faites ! Vous aviez dans la main tout ce qu'il faut pour être parfaitement heureuse; vous vous trouviez dans la situation la plus enviable pour une femme : entre un mari qui possède d'incontestables qualités, et un... ami doué, j'ose le dire, de quelque mérite! Vous n'aviez qu'à vous laisser vivre, en vous reposant sur le dévouement et l'affection absolue de deux hommes.
Ah! Laissez-moi donc tranquille avec votre affection! Je l'ai mise à l'épreuve, et je suis payée pour savoir ce qu'en vaut l'aune.
ALBERT
Si ma tendresse, à votre égard, a pu sem-