‹ Associés! comédie en trois actesChapitre 148 sur 150 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

LUCIENNE

Et après?... le partage, encore?

ALBERT, avec reproche.

Le partage! (s'exaitant.) Eh! bien, oui, le partage dans ce qu'il renferme de délicat et d'exquis; le partage qui empêche les caractères de se heurter et les humeurs de s'aigrir; le partage qui rafraîchit d'imprévu les rencontres, et supprime la lassitude aux tète à tête; le partage qui permet à deux amants de se réserver et de s'abandonner réciproquement le meilleur d'eux-mêmes, en laissant le reste au tiers commun.

Le mari... le tiers commun?

ALBERT

Le mari, évidemment. La femme est un fruit, que l'amant ne peut savourer à son aise qu'en le faisant éplucher par le mari.

302 A.SSOGIÉS

LUCIEN

Vous parlez bien; vous avez des bonheurs d'expressions...

ALBERT

C'est un sujet que je possède à fond- Alors, naturellement , j'y apporte une certaine verve.

LUCIENNE

Vous avez un certain toupet aussi, d'évoquer de telles théories devant une femme.

ALBERT

Je dis tout haut ce que vous êtes bien forcée de penser tout bas.

LUCIENNE

Ah ! Eh bien, mon cher, vous m'avez convaincue. C'est inutile de résister plus longtemps à faire la paix avec mon mari. Si je le quittais, je ne tomberais pas probablement

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