ACTE PREMIER
BOURGALIER.
Ah ça! que t'imagines-tu donc? 11 n'y a rien d'inconvenant là-dedans. Je te dis tout simplement que la solitude m'est insupportable, et qu'il est au-dessus de mes forces d'enlreprendre un voyage sans compagnon à qui parler, et avec lequel tromper les ennuis de la route et du séjour à l'étranger.
ALBERT
Eh bien! emmène ton neveu.
BOURGALIER.
C'est une idée. Et puis, non ! Mon neveu m'ennuierait. Ah ! si c'était une nièce ! Car, vois-tu, j'aimerais mieux une femme. Oui, il n'y a qu'une femme possible, comme compagnon de voyage; et lant qu'à faire, je la voudrais jeune et gentille; un frais et gracieux visage est certainement préférable.
ALBERT, ricanant.
C'est ça! C'est très bien, pourquoi n'emmènerais-tu pas une cocotte ? Il y en a assez de cocottes sans ouvrage à Paris.
Une cocotte î Ah ! mon ami, c'est absurde ce que tu me dis là ! Tu ne m'as pas compris.
ALBERT
Dame ! du moment où tu demandes...
BOURGALIER.
Je demande, je demande !... Je ne demande pas une cocotte. Qu'est-ce que je ferai d'une cocotte ? Je demande une petite femme, comme il s'en rencontre, qui sont libres de leurpersonne,et qui seraient enchantées de faire un joli voyage, dans des conditions agréables. Seulement, voilà ! je ne