CHIFFRES ET DOCUMENTS
Les révélations qui viennent d’être faites au sujet de plusieurs compagnies d’assurance américaines sont certainement de nature à éveiller l'opinion publique, surtout au moment où notre population commence à réaliser tous les avantages que procure une police d’assurance dans une compagnie inspirant la confiance, et par ses capitaux et par l’honorabilité des hommes chargés d’administrer les fonds déposés entre leurs mains.
Des millions entassés sur des millions de piastres ont été versés dans le gousset des gérants et des directeurs de compagnies d’assurance et de leurs favoris, et, chose étrange, le tout retombe dans les coffres des compagnies américaines. L’assuré canadien, conséquemment, doit chercher d’autres endroits pour placer sa confiance et son argent.
De ce côté de la ligne 45ème, nos nationaux n’ont-ils pas accepté trop facilement, et les yeux fermés, les représentations intéressées des agents des compagnies américaines qui les ont leurrés de belles promesses et de perspectives brillantes sans leur oftrir de garanties réelles? Il est déplorable de constater qu’un aussi grand nombre de canadiens aient jugé à propos de jeter leur argent dans ces institutions étrangères sur lesquelles ils ne peuvent exercer aucun contrôle, ni directement ni indirectement.
Par contre, les compagnies canadiennes, assez nombreuses et assez puissantes pour remplir toutes les nécessités d’assurance de la population, sont assujetties à une surveillance sévère exercée par le gouvernement fédéral. et obligées de verser dans le Trésor une somme suffisante pour couvrir les pertes probables et garantir le paiement de leurs polices. Et la meilleure preuve de ce fait est que le Sénat, à chaque session, fait une scrupuleuse enquê:e sur le fonctionnement de nos compagnies d’assurance, et, par sa législation, tend invariablement à sugmenter la garantie de l’assuré.
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F54 | { 0© 14 chose s'est produite à la dernière session, et
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nous savons de plus qu’un député a préparé tout un projet de loi à ce sujet.
Sans commettre d’indiscrétion, il nous sera permis de dire que l'objet de cette loi actuellement à l'étude es' la protection des compagnies canadiennes contre la concurrence étrangère indue, celle des assurés, et finalement celle de nos institutions municipales et autres. Cette idée est mûrie depuis longtemps dans l’esprit de nos hommes d’aftaires éclairés qui sentent !e danger pour nous dans l’intrusion des américains qui ne se gênent nullement nour nous taxer en élevant des barrières infranchissables contre le commerce et l’industrie du Canada, tandis qu’ils viennent chez nous, où ils eont reçus à bras ouverts, et semblent compter sur l’apathie des gouvernements qui depuis un si grand nombre d’années ont négligé de surveiller leurs opérations.
Cette idée générale est facile à énoncer, et nous allons nous efforcer d’en démontrer la justesse dans les quelques pages qui vont suivre.