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compagnies d’assurance-incendie, amènerait à une majoration du coût de l'assurance, cet inconvénient serait amplement compensé par ce fait que les compagnies dans un but de concurrence luttent de complaisance et de promptitude dans le règlement des sinistres. Qu'importe une économie de quelques centimes par 1.000 francs de valeur assurée, si au lieu d’avoir à traiter avec un assureur soucieux du renom de sa compagnie et désireux d'éviter tout conflit, j'ai à m'adresser à un fonctionnaire indifférent à la solution rapide de mon affaire et uniquement soucieux d'assurer les intérêts du fisc. L’assurance est une dépense en général minime, moyennant trente ou quarante francs par an, je peux assurer un immeuble de plusieurs centaines de mille francs. Supposons que l'Etat réduise ma prime à trente où à quarante francs, qu'importera la réduction, si l'obligation de traiter avec l'Etat me contraint à des démarches nombreuses et à de minutieuses formalités, alors que la compagnie d’assurances soit pour l'établissement de l’assurance, soit pour le paiement des primes, soit pour le règlement des sinistres, enverra un représentant pour traiter sur place avec moi. Une réduction de la prime, dépense peu importante, a moins d'intérêt pour l'assuré que la facilité des versements, la promptitude, l'impartialité dans le règlement des sinistres.
b) Mais on ne reproche pas seulement aux compagnies d’administrer chèrement, on leur reproche
aussi de prélever sur les primes, qui leur sont versées, des dividendes considérables au profit de leurs actionnaires.
Les rapports du bureau fédéral font justice des erreurs, qui ont cours au sujet des dividendes des compagnies d’assurances, aussi bien qu’ils ont fait Justice des erreurs répandues au sujet des frais d’administralion de ces mêmes compagnies. Le plus récent de ces rapports s'exprime ainsi : « les compa- «gnies qui opèrent en Suisse pour l’assurance « contre l’incendie ont pu distribuer pour 1896 un « dividende de 13.561.036 francs, soit 15,28 0/0 des « primes encaissées, tandis qu'elles n'ont réparti « jusqu'ici d’après nos rapports, que # à T 0/0, soit « en moyenne 10 0/0 de moins.
« On conviendra bien que les actionnaires des sociétés-incendie, qui couvrent le risque d’un total d'assurances de 2 à 15 milliards par an, ont «droit à autre chose que l'intérêt sûr que rapportent les placements des caisses d'épargne ; 1l « leur revient évidemment à bon droit un bénéfice