PS
pour l’aléa, car, aujourd’hui encore, les pertes sont « notoirement possibles dans l'assurance contre l’in-
« ceudie; nous pourrions citer une société (1), dont « lesactionnaires savent bien ce que sont des appels «de fonds, mais n’ont aucune idée, après cepen- « dant plusieurs dizaines d'années d’existence de la
4. Le rapport fait observer que celtesociété n’esl pas aulorisée à opérer en Suisse;
=. Que
« société, de ce que peuvent être des dividendes « dans l’assurance-incendie » (1).
Et il faut bien tenir compte de ce fait qu'en Suisse étant donné qu'il existe une tutelle du gouvernement sur les sociétés d'assurances, les chiffres cités par le bureau fédéral ne portent que sur des sociétés de premier ordre et qu’il y a par suite des compagnies, où la proportion du dividende aux primes est bien inférieure aux moyennes indiquées par le bureau fédéral, — quand il y a un dividende.
On ne doit pas oublier non plus que dans les sommes versées annuellement aux actionnaires une distinetion s'impose. Les dividendes ne sont pas uniquement prélevés sur les primes. Les réserves et le capital versé des compagnies, sont des valeurs, dont le revenu entre pour une très grande part dans les dividendes. Le rapport du bureau fédéral, publié en 1897, constate que les sociétés d’assurance-incendie opérant en Suisse ont prélevé 12.779.700 francs de dividendes pour l’exercice 1895, c'est-à-dire eu moyenne 30,25 0/0 pour un capital versé de 42.245.240 francs. Le rapport précité fait, d'abord, Judicieusementobserver aux personnes qui critiquent ce chiffre de dividendes, qu’on doit tenir compte non seulement du capital versé, mais encore du capital engagé, qui quoique non versé est soumis à un risque, dont personne ne se chargerait gratuitement.
Deplus, à côté de leurcapital versé, soit 42.245.940 francs, les compagnies ont accumulé des réserves
4, Rapport de 1898, p. XL VII.
. pour 69.700.409 fr., soit un total de 114.945.649 fr. de garanties. Or, ces valeurs de garantie, propriété des actionnaires, produisent des revenus, qui pour l'exercice 1895 ont atteint 6.319.107 fr. Si on déduit cette somme des 12.779.700 fr. de dividendes, on constate alors que sur 88.081.339 fr. de primes, il n’a été prélevé que 6.460.593 fr. pour le service des dividendes soit 7,33 0/0.
Or, 1895 a été un exercice favorable et le rapport du bureau fédéral accompagne les calculs que nous venons de citer de la judicieuse réflexion suivante : ce prélèvement de 7,33 0/0, fait au profit des actionnaires sur les primes encaissées, constitue un supplément de primes, qui n'excède pas celui qu’une société mutuelle doit prélever, si elle veut se constituer un fonds de réserve, qui mette ses membres à l’abri des surprises de l'avenir.
Enfin quand on parle des dividendes importants que touchent les actionnaires de certaines compagnies d’assurances, il faut songer aux années mauvaises que les meilleures compagnies ont à subir (1), et aux nombreuses sociétés d'assurances, mutuelles ou à primes, qui ont sombré au cours de ce siècle. Nous renvoyons le lecteur pour cette question au chapitre suivant.
4. Ainsi le rapport des dividendes aux primes encaissées qui à été, en 1895, de 7,33 0/0, n’a élé, en 1894, que de 7,06 0/0 ; en 1893, de 3,81 0/0; en 1891, de 5,76 0/0; en 1888, de 6,39 0/0 ; en 1887, de 4,9 0/0; en 1886, de 6,03 0/0. Nons empruntons ces chiffres aux rapports du bureau fédéral.