‹ Assurances [microforme]Chapitre 18 sur 49 · RANCES.VIE · texte numérisé non relu

RANCES.VIE

D'abord soignez votre personne, soyez propre ct modestement mis, sans affectation aucune, pas même dans les dépenses. 11 importe «de produire de suite un bon effet ; quand on est mis comme il faut sous tous les rapports, la première impression de celui qui vous reçoit est favorable,

Des témoins oculaires en plusieurs reprises, il. €. divers témoins m'ont conté le fait suivant qui ne différait Pas avec le changement de lieu où On me racontait cette affaire. Un agent (l'as- *urances-vie demeurant en ville allait surtout soÏliciter en Campagne. Voici sa manière d'agir. Rendu là où il voulait opérer, il se Procurait un cocher ayant voiture à deux Chevaux, y faisait monter monsieur le Maire le la paroisse et un médecin pour faire subir de suite les examens médicaux, Vous voyez que les dépenses devaient étre «le quinze à vingt piastres par jour, si le reste était en Proportion, ce qui ne manquait pas, dit-on, I] n'y a pas à dire, j! fallait à ce jeu, faire des affaires et s'y mettre sérieusement. Invariablement cet agent assurait trois, quatre méme cg personnes Par jour et avait Je soin de ne PAS Manquer de faire signer un billet, ]] n'en avait pas trop pour équilibrer un budget comme

FR ms mm

so =

le sien, car du train qu'il y allait, il devait, rien que pour les dépenses occasionnées par ses tournées de sollicitation, brûler au moins trois ou quatre mille pisatres par année.

Avant de partir ou de quitter un lieu où il avait fait ce qu'il croyait pouvoir faire, il allait chez les manchands du village et escomptait tous les billets reçus dans la naroisse. I] donnait un fort taux d'escompte : 20 P. C., 30 p. c. et quelquefois 40 p. c. Mais ce qui était remarquable surtout, et ce que ne manquaient pas de remarquer les Victimes de cet agent ; c’est que presque jamais ils ne recevaient leur police.

Cet agent a été connu dans la Beauce, le Lac St-Jean, Charlevoix et tous les comtés où il a un peu pérégriné, comme Barabas est connu dans la passion. Il a fini par la prison. La nature lui avait prodigué de belles aptitudes et il aurait eu de brillants succès en assurances-vie, si seulement il s'était mis dans la tête de bien faire.

“Ne remettez pas à demain ce que vous pouvez faire aujourd’hui”.

Que chaque jour, quand vous êtes dispos, vous voit solliciter deux, trois ou quatre sujets régulièrement. Avec une moyenne de trois sérieuses sollicitations par jour, je vous garantis plus de succès que vous pensiez en avoir en commençant.

Mais il faut s'entendre. Je ne compte pas pour sollicitation, le fait de saluer un ami ou une connaissance et lui dire avant de le quitter : “Voyons

rien Jurou

à il lait ous

un 1elble arjue

AC | a ins lui eu nt

est-ce le bon temps de te faire signer ta demande de police ce matin ? Assure-toi donc trai-

neux, tu mourras de mèême”’.: et autres choses semblables. .....

Ce n'est pas de l'ouvrage de cette sorte qu'il faut que vous fassiez. D'ailleurs, je n'appelle pas cela travailler, mais plutôt : diner. En le faisant, vous nuisez à votre cause. Règle générale, un agent ne doit jamais parler à la légère d'un sujet aussi sérieux que l'assurance-vie : ce serait cléprécier sa position et la grande cause dont il veut être un des défenseurs.

Pour faire de la bonne sollicitation, i! faut être avec son homme seul à seul, si possible. Quand on a affaire à un homme marié, on ne doit pas sans doute, refuser de lui parler assurance-vie, en présence de sa Chère moitié. Mais épiez-les discrètement, s'ils ne sont pas beaucoup favorables à vos idées et à vos paroles, i!s se fe-

ront des signes quand ils croiront que vous ne les voyez pas.

Jamais, 6 grand jamais, n'allez parler assurance-vie en présence de plusieurs personnes, je veux dire en parler pour faire de la sollicitation. COMprenez-moi bien. Si vous le tentez vous

verrez qu'on rira, badinera et que vous n'aurez aucun suocès.

I! faut encore que votre homme vous écoute.

S'il est trop occupé, si vous ne pouvez pas vous faire bien entendre de lui, déguerpissez et vous vous reprendrez une autre fois. C'est alors qu'il

faut remettre à demain ce qui serait inutile d'essayer de faire aujourd'hui. Mais avant de partir, essayez d'obtenir un engagement.

Surveillez les agents compétiteurs : non pas pour les empêcher de vivre et de faire des affaires, ‘Le soleil] luit Pour tout le monde”, mais Pour garder pour vous les “risques” que vous

avez déjà entretenus dans le but de les assurer.

Ne méprisez jamais un agent qui vous fait Concurrence ou une autre compagnie, car vous y perdrez votre temps Vous devez avoir d’autres choses de plus intéressants à dire que des médisances ou des calomnies sur vos concurrents, ou vous devez rester chez vous. Si vous méprisez un compétiteur ceux qui vous entendront diront avec raison: “les agents d'assurances sont bien

tous pareils. Celui-là ne vaut pas mieux que les autres”,

Soyez ponctuel à vous rendre à vos engagements. Si vous ne Voyez pas à vos affaires, on

dira que ça ne vaut guère la peine de vous en- Courager. :

Ne dédaignez pas la compétition et mettez- VOUS en position de la rencontrer face à face, si jamais l'occasion se présente. Discutez votre police devant témoins en présence d’un concurrent, si on vous y oblige, mais ne recherchez pas ces joutes, car elles ne sont pas profitables au point de vue des affaires. Dans ce cas, ayez des juges où arbitres qui s'y entendent en assu-

LA

rances-vie, autrement si VOUS avez à rencontrer un adversaire de Mauvaise foi, vous avez une grande chance de Vous faire rouler. Dans ces. rencontres, il s'agit de votre réputation de bon agent d'assurances-vie, si VOUS ne triomphez Pas, il aurait mieux valu ne pas consentir à la discussion avec votre adversaire.

Parlez bien, mais Pas trop. “Trop parler nuit”, dit le proverbe, Ne dites jamais rien qui vous nuise. Pour cela, i! ne faut pas trop jaser et peser Ses paroles. Prenez Pour règle quand vous affirmez quelque chose en sollicitant de produire

des documents ou écrits vérifiant ce que vous avancez.

N'ayez pas Peur de demander de grosses polices, i. e. des gros montants d’assurance-vie à CEUX Qui peuvent en Payer les primes facilement. Mais craignez de Vous conduire de maniè-

Ne vous contentez pas de deux ou trois demandes de polices Par semaines, car vous pouvez être huit ou dix jours sans avoir de succès. Le succès vous rend enthousiaste; eh bien profitez de votre enthousiasme, c’est un aimant qui vous

attirera de nouvelles deinandes de police. A-ton jamais vu un homme froid, sans aucun enthousiasme, faire un bon soiliciteur d'assurances vie ? AHons donc, on ne fond pas la glace avec des objets froids, n'est-ce pas ?

Ne perdez pas une occasion d'étudier votre affaire. On en apprend tous les jours, en assurances-vie, comme en d'autres choses. Surtout soyez plus que familier avec les genres de polices populaires que vous êtes appelé à expliquer et à vendre souvent. Vous devez connaitre les taux et les clauses des polices des autres compagnies qui font concurrence à La vôtre.

En toute occasion et en toute circonstance, ne vous écartez jamais du bon sens. C'est une règie qui vous rendra beaucoup de services et vous aidera à bien sortir des difficultés que vous rencontrerez sur votre route.

Enfin lorsqu'on vous présentera une objection que vous ne pourrez pas résoudre vous-même, adressez-vous sans délai au siège social, à un des officiers de la compagnie dont vous êtes l'agent, et soyez sûr que vous en recevrez une réponse ou solution qui sera à votre avantage et en faveur de la cause que vous défendez.

Je m'arrête avec ces conseils, mais je pourrais en ajouter encore. Néanmoins, je crois avoir donné ici quelques bons conseils qui aideront les solliciteurs d'assurances-vie. En tout cas, si on les met en pratique, on en verra l'efficacité.

Page 1