CHAPITRE XI LES SOCIÉTÉS MUTUELLES. À SECOURS
Ces Sociétés Mutuelles d'Assurances-Vie ont iendu de grands services à la classe ouvrière, mais aujourd’hui, il semble que les Compagnie: d'Assurances-Vie empiètent sur le territoire des Sociétés à secours. Les ouvriers peuvent se garantir contre la maladie et les accidents en ayant recours à des compagnies qui s'occupent de ce genre d’affaires seulement et quant à la protection en cas de mort, les compagnies à capitalactions leur offre même plus de garanties que
Il y a quelque temps, un mutualiste, officier d’une Société canadienne me disait que les Sociétés. se rapprochaient de plus en plus de:
Compagnies relativement à la manière de faire leurs affaires et à leur administration. “II ya
“cier par mille assurés chez les Sociétés. La “moyenne. est pas mal forte. De plus, il ajou- “tait, comme la vie est devenue cher, il est dif- “’ficile pour les Sociétés d’administrer leurs af- ” faires aussi peu dispendieusement qu’on le fai-
Un assuré me disait une autre fois: “les So- “ciétés, c’est bien beau, mais, je connais les “deux ét je préfère les Compagnies de beau-
DESERT GEI
“coup.” 11 ajoutait comme raison: “Tant que ” les promoteurs et les fondateurs d'une Société * vivent, les affaires sont prospères, mais quand “les hommes à qui une Société doit son exis- ” tence, sont disparus, il est difficile de trouver ” des remplaçants qui puissent prendre leur pla- “ce avantageusement. Le zèle et le dévoue- “ment des premiers jours disparaissent et Ja “ Société reste dans le statu quo d’abord, i. e. ‘recrute juste assez de membres pour rempla- “cer ceux qui meurent, et plus tard, elle finit “par voir la diminution de ses affaires, ce qui “la mène à la banqueroute.”
Je crois qu'il y a beaucoup de vrai dans ces paroles. D'ailleurs l'expérience nous prouve que déjà plusieurs Sociétés ont failli. Cette expérience nous dit encore qu'une Société, règle gé fiérale, ne dépasse pas quarante années d'existence. Aujourd’hui, je suis corlvaincu, après
. avoir etudié la question sérieusement que la plus
vieille Société qui existe en Amérique, i. e. aux Etats-Unis et au Canada, a seulement quarante quatre ans. L'Union Saint-Pierre de Montréal à 50 ans. Mais elle a très peu de membres en égard à son âge. Pratiquement c’est comme si elle était jeune.
Un rapport fait annuellement dspuis vingt cinq ans par The Spectator Company de New-York nous donne Deux Cent Trente Deux Sociétés existantes aux Etats-Unis et au Canada De ce nombre, il n'y a que trois au quatre Socié-
tés canatliennes mentionnées. De ce nombre très peu de Sociétés ont vu le jour avant 1875, car seulement neuf sont nées de 1867 à 1875.
Soixante treize sont établies depuis 1885 et cinquante six ont été fondées depuis 1900. C'est dire que les Sociétés ne vivent pas vieilles, Puisque seulement soixante treize d'elles sur deux cent trente deux ont plus de vingt-cinq ans d'existence. Toutes les autres ne sont pas encore en majorité, s'il m'est permis de m'exprimer ainsi, et presque Jes trois quarts de ces Sociétés sont encore en minorité, i. e. n'ont pas atteint leur vingt cinquième année. Cinquante six Sociétés de ce:les dont nous parlons ici ont vu le jour depuis 1900. Cinquante six sur Deux Cent Trente Deux, c'est un quart de ces Sociétés qui sont du vingtième siècle, c'est-à-dire dans leur enfance, 11 ne faut pas leur en faire un reproche, car l'enfance doit toujours précéder l'âge mûr et les Compagnies passent par l'enfance aussi. Mais ce qui vient d'être dit. prouve que beaucoup de sociétés ne vivent pas longtemps.
Mais dira-<+-on, Pourquoi les Sociétés sontelles moins sûres que les Compagnies, au point de vue de la finance et de la solvabilité ? Estce que le principe de la mutualité n’est pas bon ? Il existe et est mis en pratique depuis assez longtemps dans l'univers ? Les Compagnies marchent un peu aussi sur le principe de la mutualité ? Oui, mais de plus elles ont le soin de se procurer des intéressés qui mettent du capi-
M M ce