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On pourrait craindre, après les constatations précédentes, que les placements hypothécaires de la compagnie d'assurances, dirigés par des préoccupations personnelles, aient entraîné des déboires et des pertes.
La justice exige une déclaration contraire, du moins en principe.
Les examinalcurs de V Equitable ont déclaré au suriniendant que les prêts, au 3ojuin 1900, étaient de 1.176, et représentaient 83.721.222 dollars; qu'en outre, la terre et les constructions sur lesquelles il y avait hypothèque avaient été appréciées. Le résultat de cette enquête était que, à aucun moment de son existence, la société ne s'était, à cet égard, trouvée dans des conditions aussi favorables. Il n'y avait que 19.866 dollars d'intérêt dus et non payés et le bénéfice moyen était de 4 1/2 pour 100 par an. Depuis 1900, Frank Jordan, fils du contrôleur, a eu le monopole de ce genre d'affaires, et, d'après ses propres déclarations, il en a retiré des commissions allant de 1.983 dollars en 1901 à 7.461 en 1905.
Les placements en valeurs, malgré certaines
défaillances, ne sont pas aussi mauvais qu'on aurait pu le craindre.
D'après un document récent de M. Morton aux porteurs de police de VEqiiitable, des économies s'élevant à plus de 600.000 dollars par an ont déjà été introduites dans la société par la nouvelle administration. « Sous la précédente administration, dit M. Morton, des transactions exigeant la dépense de fortes sommes d'argent ont eu lieu fréquemment sans comptabilité suffisante, de telle sorte qu'il a été, en des cas nombreux, difficile de donner des explications sur certaines transactions qui ont eu lieu pendant les dix dernières années el dont cjuelques-unes ont abouti à une perte financière pour la société. Les responsabilités désavouées parla société et les som mes qui lui ont été remboursées approchent un total d'un million de dollars, et Ton s'est adressé aux tribunaux pour recouvrer des sommes additionnelles considérables. »
L'historique des commissions consenties aux agents vaudrait à lui seul un chapitre.
M. Georges Sickels, directeur en 1898 de Tagence de VEquitable à Buffalo, a, dans sa déposition devant la Commission d'enquête, raconté une conversation qu'il eut, en entrant en fonctions, avec M. Tarhell, son prédécesseur. Au cours de cette conversation, il avoua que, dans toute la région de Buffalo , les agents de VEquitable avaient la réputation de consentir à un plus grand nombre de remises de commissions que leurs collègues des autres compagnies. 11 ajouta que Ton accusait M. Tarbell de les encourager dans cette voie et demanda comment il était possible d'abandonner des commissions aux assurés alors que la loi le défend formellement.
M. Tarbell indiqua alors comment la loi pouvait être tournée. On commence par faire
payer à Tassuro la prime entière ; on lui demande ensuite quelques lettres d'introduction auprès de ses amis en vue de leur faire souscrire des polices, et, comme prix de ces lettres, on lui remet une somme équivalente à tout ou partie de la commission. Quant aux lettres, tantôt en s'en sert, tantôt on les déchire.
M. Sickels a avoué avoir fait lui-même des remises de commissions pendant qu'il était directeur de Tagence de Buffalo.
« Ainsi, lui demande-t-on, ces remises étaient de pratique courante dans l'Etat de Buffalo ?
— Oui.
— Et il n'existait aucun autre moyen d'entrer en lutte avec les compagnies rivales ?
— Aucun, absolument, pour faire des affaires. Il était pratiquement impossible d'obtenir une souscription à une police de plus de 5.000 dollars sans consentir à la remise des commissions. »
Dans les agences de Y Equitable, à l'étranger, les affaires ont coûté des sommes considérables. En igo'ijdans l'agence de Londres, les primes de première année se sont élevées à 186.896 dollars ; les commissions, les garanties et les dépenses de premier établissement ont été, d'après la société elle-même, de 2*3"). 807 dollars, soit 126 1/2 pour 100. Encore certains frais ne sont-ils pas compris dans cette somme, « parce qu'ils ne sont pas compris dans le calcul des frais dans les agences des Etats-Unis » ; leur montant s'élève à 1 19.767 dollars.
Dans l'agence de Paris, les primes de pie. mière année se sont, en 1904, élevées à i38. 364 dollars et les commissions à 106.987 dollars, c'est à-dire 84 12 pour 100. Les frais généraux ont été de 4^-858 dollars.
A Saint-Pétersbourg, les primes ont atteint, 30 1904, la somme de 1 56.565 dollars et les commissions ii5.524 dollars, soit 78 4/5 pour 100, sans tenir compte des autres dépenses.
Dans l'agence australienne de Sydney, les crimes de 1904 ont été de i83.45i dollars ; les commissions et dépenses n'ont pas été moinires de 286 619 dollars, c'est-à-dire i56 1/2 )Our 100.
Grapinard a donc réussi, suivant la formule le Proudhon ; et Grippefranc et Serrefort, es agents de Serrefort, de Grippefranc, et de jrapinard ont également récolté d'amples moissons sur les traces de leurs maîtres ; les mis des maîtres et des agents n'ont pas été >ubliés. Personne n'a été oublié ! Pardon ! [uelqu'un n'a pas élé convié à la fête, l'assuré,
144 ASSUREURS AMERIGAliNS ET ASSURES FRANÇAIS
rassuré français, qui se consolait, pendant ces folles journées, en songeant qu'il avait entin, contre les préjugés de l'Europe routinière, trouvé le style perfectionné de l'assurance !