MATRA
prématuré et la symphyséotomie) : « Les anciens procédés de Kiwisch, de Kleüge, les laminaires, la rupture des membranes, sont à peu près abandonnés aujourd’hui. Seule, la méthode de Krauss conserve encore quelques partisans. Mais le ballon de M. Tarnier est certainement un des plus employés et à juste titre. Le ballon de M. Champetier de Ribes, qui répond à des indications spéciales, agit beaucoup plus rapidement et, grâce à lui, on peut obtenir, soit une dilatation accélérée, soit une dilatation forcée. »
La dilatation accélérée se fait de la facon suivante : |
Après avoir introduit le ballon vide dans le col, on fait pénétrer dans son intérieur environ 150 gr. de liquide (sa contenance étant de 500 centimètres cubes). Quand le ballon est sur le point de tomber dans le vagin, on ajoute du liquide et cela plusieurs fois, jusqu'à ce qu’on l’ait rempli complètement. La dilatation est faite quand il est expulsé.
Dans la dilatation forcée, on joint à cette opération des tractions dans le sens de l’axe du canal cervical. Le ballon arrive ainsi plus rapidement à l'orifice du col; on le refoule, on le remplit de nouveau et on renouvelle plusieurs fois ces mêmes manœuvres. On peut ainsi obtenir une dilatation suffisante à la deuxième reprise.
Cette dernière opération demande, au maximum, une demi-heure.
Après cette énumération des moyens les plus em-
RATE ployés, surtout les ballons de Tarnier et de Champetier, nous citerons les ballons moins connus et qui, plusrécents, ont moins faitleurs preuves, ceux de Treub, de Moussous, de Boissard et le procédé du décollement des membranes à l’aide d’une injecjection d’un demi-litre entre l’œuf et la paroi de Kufferath (Congrès de Bordeaux, 1895).
Nous sortirions des limites de notre travail, en donnant une description détaillée de ces procédés, leurs indications seules nous intéressent. Nous nous résumerons en disant : quand l’accoucheur ne sera pas pressé par des indications spéciales, il sera en droit de choisir le procédé dont il aura l'habitude et qui sera le plus facile à exécuter. Si, au contraire, intervention rapide s’impose, il choisira de préférence le ballon de Champetier de Ribes (méthode de dilatation forcée) et si l’on en croit les bons résultats cités par Didry (thèse de Nancy, 1897), il faudra recourir à la dilatation manuelle, méthode très rapide que ne contre-indiqueront que l’état de faiblesse extrême de la femme ou la rigidité totale du col. |
Voici très succinctement les différents moyens de provoquer cette dilatation manuelle.
Trois procédés principaux sont à la disposition de l’'accoucheur :
1° Le procédé de Rizzoli, qui consiste dans la dilatation avec une seule main, en introduisant d’abord l'index, puis successivement tous les autres doigts maintenus dans l'extension ;
2 Le procédé de Harris; après avoir introduit l'index comme dans la manœuvre précédente, on le fléchit et on le maintient dans la flexion; on fait de même avec tous les autres doigts les uns après les autres, de telle sorte que le poing est fermé et embrassé par le col quand lopération est terminée ;
3° Le procédé décrit par Bonnaire (Presse médicale, août 1897), qui consiste, le col étant amené à la vulve, dans son écartement par les deux mains.
Dans les cas de rigidité totale du col, on se conformera aux règles habituelles, c’est-à-dire qu’on fera des incisions du col suivant le procédé de Durhssen, consistant en deux incisions latérales qui s'étendent jusqu’à l'insertion du vagin.
Pour ce qui est de Panesthésie opératoire, on ne peut poser de règles précises; la conduite à tenir, que de multiples conditions peuvent modifier, doit être laissée à l’initiative de l’accoucheur.
Toutefois, nous avons signalé les heureux résultats que Hyde Salter avait obtenus avec le chloroforme.
Si la femme a une crise au moment du travail, il est indiqué de s’en servir bien qu'avec précaution. On pourra profiter de l’anesthésie totale ou partielle pour hâter le travail et utiliser pour pratiqner immédiatement la dilatation manuelle.
Le chloroforme aura dans ce cas le double avantage d'agir comme médicament favorisant la respiration et comme anesthésique chirurgical.
PAT SENUE Voici un tableau indiquant la durée du travail par les différents procédés :
Sonde de Krauze (d’après Oui)........... 50 h.1/2. a d’après Oui...... 29 heures.
Ballon de Tarnier.... DE Dinan NAT LL Ballon de Tarnier.. d’après Oui...... 32 — et de Champetier.…. +) d’après Pinard... 928 — Ballon de Champetier | D pr d’après Pinard... 13% —
Dilatation manuelle... { d’après Didry 10 à 30 minutes.
On comprend, comme le dit M. Audebert, dans son travail, que le pronostic dépendant souvent de la rapidité de l’accouchement, une intervention supplémentaire spéciale, forceps ou version, sera nécessitée par la lenteur du travail et la faiblesse des contractions.
Ces dernières indications, qui s'appliquent à la terminaison de laccouchement provoqué, s’appliqueront à plus forte raison au travail survenant normalement pendant une crise d’asthme, travail qu’on aura tout intérêt à précipiter.
Si la femme succombe pendant la crise, l’accoucheur devra exposer à la famille que l'enfant peut être vivant et lui proposer de tenter de le sauver.
On peut en eflet espérer avoir un enfaut vivant, car on n’a pas eu affaire à une affection longue et
constante, qui aurait pu l'épuiser; la mort de la
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femme relativement rapide, causée par une crise aiguë, mais courte, diffère essentiellement de la mort consécutive à une crise d’urémie ou d'insuffisance cardiaque, Le fœtus enfermé dans la cavité utérine peut survivre un certain temps ; la disparition des bruits du cœur fætal peut n’indiquer qu'une mortapparente. Il y a donc quelques chances de conserver l'enfant et l’accoucheur, pour peu qu il ait des doutes, doit s’efforcer de le tenter.
Il a le choix pour extraire lenfant entre deux procédés : accouchement forcé par les voies naturelles et l'opération césarienne.
On donne en général la préférence, à moins de vice spécial du bassin ou du col, à l'accouchement forcé ; il évite à l'opérateur les commentaires malveillants d’une assistance qui pourrait l’accuser d’être l’auteur d'une mort seulement apparente. C'est en effet ce doute qui fait surtout éloigner la césarienne.
Dans notre cas, cependant, ce doute ne saurait subsister, puisque nous avons vu la femme arriver progressivement à Pasphyxie finale.
Il n'y a donc pas de raison pour éloigner de partipris la césarienne ; à notre avis même, elle aurait l'avantage d’être une opération peut-être plus rapide et aussi facilement praticable. Cependant, dans une observation que M. Audebert a mise à notre disposition et que nous citons ci-dessous, on voitque l’accouchement forcé, pratiqué in extremis chez une femme à terme, n’a duré que onze à douze minutes et a été par conséquent très rapide.
Accouchement forcé chez une femme moribonde. (Gazette hebdomadaire des sciences médicales de Bordeaux, août 1895).
Observation d’une femme à terme qui fut amenée à Phôpital presque mourante: elle venait de recevoir plusieurs coups de couteau, qui avaient amené une hémorragie des plus abondantes. Après version par manœuvres externes, pour ramener le siège en bas, jessayai de pratiquer l'accouchement forcé. La dilatation du col fut pénible et demanda sept à huit minutes : je ne constatai pas le ramollissement inférieur décrit pendant la période agonique. Le pied saisi est amené à la vulve, première difficulté pour l'engagement du siège; relèvement des bras.
L’extractiou dura quatre minutes.
Enfant mort, pesant 3850 grammes.
La mère mourut quelques minutes après.