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TRAITEMENT MÉDICAL ET PROPHYLACTIQUE

Le traitement médical sera celui de l’asthme en général, variable suivant qu'il s’agit de traiter la malade pendant laccès ou dans l'intervalle des crises. 4

Nous n’énoncerons pas tous les médicaments susceptibles d’être employés pendant laccès; nous signalerons simplement les principaux.

Les fumigations de papier nitré, de datura stramonium, la jusquiame et la belladone sous forme de cigarettes d’Espic, les inhalations d'oxygène, et, suivant la recommandation de G. Sée, de pyridine, donneront d’excellents résultats.

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Nous ferons une mention spéciale du traitement par la morphine elles inhalations de chloroforme. Dans l'asthme vulgaire, la morphine en injections hypodermiques est considérée comme un moyen des plus actifs ; dans l’asthme pendant la puerpéralité, cette modification a produit d'excellents effets (Hyde Salter, Audebert), en modifiant instantanément la crise et en diminuant par le fait les souffrances du fœtus.

Quant au chloroforme utilisé en inhalations, il est spécialement préconisé par Hyde Salter ; cet auteur l’a employé avec succès, comme en témoigne une observation que nous avons citée : il est indiqué dans les crises graves où il pourrait avoir l'avantage de servir comme anesthésique si une intervention s'imposait.

Signalons aussi lPapplication de ventouses dont Hyde Salter et Chambrelent ont obtenu de si bons résultats.

Dans l’intervalle des crises, on administrera l’iodure de potassium ; la pyridine en inhalations pourra être donnée périodiquement ; la teinture de lobélie donne aussi de bons résultats ; enfin on pourra soumettre la malade à un traitement par les eaux minérales arsenicales ou les eaux sulfureuses.

Plus que jamais, chez la femme enceinte que l’on croira susceptible d’être atteinte par l'asthme, il faudra tenir compte de la prophylaxie ; ceci s’applique spécialement aux femmes qui auront eu des crises d'asthme au cours de leur existence et surtout

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pendant leurs grossesses antérieures. On les soumettra à des prescriptions hygiéniques sévères : fuir les hautes altitudes, éviter les changements de température, conserver autant que possible la position horizontale.

On devra enfin surveiller attentivement l’alimentation.

Nous nous souviendrons ici des idées que nous avons émises à propos de la pathogénie : Huchard préconise le régime végétarien ou lacté dans tous les cas d'asthme toxique ; à plus forte raison, s’il s’agit d'intoxication gravidique, doit-on avoir recours au régime lacté.

À notre avis,ilne peut donner que de bons résultats ; peut-être est-il capable de rendre l'asthme évitable comme l’éclampsie.

TRAITEMENT OBSTÉTRICAL

Nous devons nous demander si dans les cas d'asthmeil y a avantage à provoquer l'accouchement et en second lieu quel procédé employer dans le cas où l’accouchement provoqué sera reconnu nécessaire.

A priori, il semblerait naturel de se rattacher à l'opinion que M. Hirigoyen émettait au sujet de la première observation de M. Chambrelent (Soc. de Gyn., d'Obs. et de Pœd. de Bordeaux, 1899), à

savoir : qu’il fallait provoquer l'accouchement aussi rapidement que possible. Cette idée est cependant toute théorique; si on est tenté de l’adopter tout d’abord sans réserve, c’est que l’on a trop facilement tendance à comparer la dyspnée asthmatique aux autres dyspnées de la grossesse, tout particulièrement à celle si fréquente qui fait partie des accidents gravido-cardiaques.

Comme le dit très justement Chambrelent (oc.

cit), il faut différencier les causes qui produisent ’asphyxie et ne pas oublier que l'asthme est un accident d'ordre nerveux, susceptible, par conséquent, d’être aggravé par une intervention inopportune.

Dans l'asthme cardiaque, la dyspnée est sans rémission, les mauvaises conditions de l’hématose compromettent souvent la vie du fœtus d’une façon irrémédiable, les indications d'agir seront sans doute plus fréquentes, dans l’asthme vrai, la dyspnée est intermittente, les dangers pour le fœtus ne sont pas constants.

Deux cas peuvent alors se présenter : les crises sont graves et fréquemment répétées, ou elles sont bénignes et espacées. Les indications obstétricales sont différentes dans ces deux cas.

Si les crises sont peu importantes et espacées, on devra se borner au traitement médical, qui pourra donner à lui seul, comme dans la plupart de nos observations, de bons résultats.

Si les crises sont graves et répétées, on pourra songer à intervenir dans l'intérêt de so mère, et surtout dans celui de lenfant.

Quelque raison qui ait pu faire juger l’intervention nécessaire, il ne faudra opérer que dans des conditions spéciales ; d’une façon générale, on r’interviendra pas au moment même de la crise.

Dans une observation de Chambrelent, c'est le travail survenant au moment de la crise d'asthme qui a semblé causer la mort, ce qui est pour beaucoup dans l'opinion suivante de cet auteur : « Je crois que le mieux est de s’en tenir au traitement médical et d'empêcher que le travail ne se déclare au moment de accès. »

Dans l'intervalle de deux crises, on se trouvera au contraire, dans des conditions exceptionnellement favorables pour provoquer l'accouchement, à la condition qu'aucune crise ne survienne pendant le travail, résultat qu’on obtiendra par un accouchement provoqué rapidement.

Cette règle étant posée, il nous reste à étudier quels sont les moyens les plus favorables pour provoquer l’accouchement quand celui-ci sera décidé.

[Il n’est pas absolument nécessaire, en général, d’avoir recours au procédé le plus rapide; le choix du procédé pour terminer rapidement l'accouchement dépend du temps dont on croit pouvoir disposer (menaces de nouvelles crises). Nous donnons d'ailleurs plus loin le tableau indiquant la durée moyenne du travail suivant les divers procédés employés. Nous allons d'abord donner une idée générale de ces procédés en nous inspirant du travail de M. Audebert (Parallèle entre l'accouchement

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