‹ Asthme et PuérperalitéChapitre 8 sur 19 · I. — Crise d’asthme signe de grossesse · texte numérisé non relu

I. — Crise d’asthme signe de grossesse

Pendant la gestation, nous voyons apparaître l’asthme sans cause apparente et, fait très intéressant, avant même que la grossesse puisse être diagnostiquée.

Chez une malade Fe Hyde Salter, des attaques soudaines d’asthme coïncidèrent, comme la suite le prouva, avec la conception. La plus complète absence de symptômes au début n'avait pas permis de supposer la grossesse ; la femme fut réglée jusqu’au sixième mois.

Mais si d’après la date de accouchement survenu à terme, on remontait à la date de la conception, on remarquait qu'à cette conception avait correspondu, avec des règles normales, la première crise d'asthme.

Les crises, installées dès ce moment, se manifestèrent souvent, mais avec une intensité plus grande

à l'époque cataméniale et cela jusqu'au sixième mois,

moment où les règles disparurent. On put constater dès lors des crises d'asthme plus intenses à Pépoque des menstruations: elles remplacèrent jusqu’à Paccouchement le flux menstruel supprimé et ne reparurent plus après.

Voici d’ailleurs résumée l'observation de Hyde Salter. (The Lancet, 1860.)

« Une dame, âgée de 21 ans, réclame nos soins trois mois après son mariage pour une crise d'asthme spasmodique existant déjà depuis trois heures. Kllen’avait jamais été atteinte de cette affection jusqu’au mois précédent, époque à laquelle elle avait eu une attaque si légère et si courte. qu’elle n’en n'avait pas été inquiétée.

« Je lui prescrivis la lobélie qui donna un bon résultat. La semaine suivante l'attaque revint, mais ne disparut pas sous l’influence de la lobélie et céda à la morphine et à l’éther chlorhydrique. La semaine suivante les symptômes réapparurent et ne furent calmés qu'avec des doses croissantes de morphine.

& Les attaques qui avaient eu lieu chaque semaine surviennent maintenant deux fois par semaine et sont de plus en plus opiniâtres ; de plus, leur durée, de 5 à 6 heures qu’elle était, s'étend à 12 heures; elles finirent par durer 18 ou 24 heures.

« Chaque attaque m’obligea à adopter un nouveau médicament et j'essayai tour à tour la lobélie, la morphine, l’éther, la belladone, etc... Je trouve que les cigarettes de stramonium donnent un bénéfice plus durable que tout autre médicament.

que

« Je continuai ainsi à donner mes soins pendant trois mois encore, époque à laquelle je commençai à soupçonner qu'elle était enceinte. La tuméfaction et la sensibilité des seins, l’aréole bien marquée, me l’avaient fait supposer, car les règles avaient été régulières, la taille n'avait pas changé et il n’y avait pas eu la moindre nausée le matin.

« Peu après, la grossesse fut indubitable, et, comme je l’ai compté, on devait la placer à la fin du cinquième mois ; à cette époque les règles disparurent.

« Immédiatement avant qu’elle sentit l’enfant, elle eut une crise plus alarmante et pendant 24 heures sa vie fut en danger, il semblait à peine possible qu’ehe put continuer de respirer suffisamment pour oxygéner son sang tant la violence du spasme était terrible. Elle pouvait aussi succomber d’épuisement, car ,absorbée par le grand besoin de respirer, elle n'eut ni le temps ni la possibilité d’avaler le moindre aliment. Elle fut complètement occupée à lutter désespérément pour vivre pendant cette crise, eflort incessant, énormément fatigant. |

« Pensant qu’elle était en danger immédiat, si une rémission ne se produisait pas bientôt et ayant attendu en vain une accalmié, malgré la saturation de l’air avec du nitre, du stramonium, etc.…., je décidai avec hésitation d’administrer du chloroforme avec beaucoup de précaution.

« Je le mélangeai largement avec l'air, car il me semblait que si un accident venait aggraver les symptômes d’un iota, le résultat serait rapidement fatal. J’agitai devant elle à une assez grande distance un mouchoir imbibé de chloroforme et je diminuai gra-

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