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Dans un premier chapitre nous avons exclusivement considéré le côté anatomique de la question. Etudiant deux cas d’asthme mortel, l’un classique, celui de Fräenckel, l’autre plus récent, rapporté par Lemierre, Léon Kindberg et Lévesque, nous avons insisté sur ce fait que, dans chacune de ces observations, les auteurs précités avaient tellement été frappés par l’importance de l’élément sécrétoire qu’ils n'avaient pas hésité à rapporter la mort de leur malade à l’obstruction bronchique qui en était résultée. L’abondance anormale de ces sécrétions, ils en ont trouvé Pexplication dans une hbyperémie considérable de la muqueuse bronchique avec laquelle allait de pair une diapédèse intense, en particulier de cellules éosinophiles. Et l’hypersécrétion étant la conséquence directe de l’hyperémie, nous pouvons dire qu’en réalité c’est à l’intensité.du facteur congestif, du trouble vaso-moteur qu’il faut attribuer la terminaison fatale de ces deux crises d'asthme.
Mais celte hyperémie n’est pas l’apanage de circonstances tellement exceptionnelles, bien au contraire, car on la retrouve, et de façon constante, dans toutes les crises d'asthme. Les anciens auteurs, déjà, la soupçonnaient quand ils parlaient « d'urticaire des bronches ». La bronchoscopie a permis de vérifier la réalité de la congestion de la muqueuse bronchique au cours de la crise ; et si ce procédé d'examen, si pénible au cours d’une dyspnée intense comme l’est celle de l'asthme, n’a été pratiqué en France qu’à titre exceptionnel, en Amérique au contraire, Clerf, considérant la bronchoscopie comme une méthode indispensable pour le diagnostic