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Nous avons donné ensuite le résumé d’une sérié d'observations d’asthmatiques que nous avons eu l’occasion de suivre avec M. le D' André Jacquelin tant à la consultation de médecine de l’hôpital Ambroise Paré qu’à la consultation d'asthme du service de M. le professeur Bezançon à l’hôpital St-Antoine, Ces observations nous les avons classées sous trois chefs principaux suivant que l’asthme, chez nos malades, s’associait soit à la migraine, soit à l'urticaire, soit à l’acrocyanose.
En ce qui concerne la première de ces manifestations, nous avions à faire tantôt à une céphalée banale, tantôt et le plus souvent à de véritables crises migraineuses qui dans certains cas répondaient au type de la migraine ophtalmique. Ces migraines dans leur rapport avec la crise d'asthme se présentaient sous deux modalités différentes. Ou bien elles alternaient toute la vie avec les crises d'asthme, ou bien elles existaient isolément, le plus souvent à partir de l’adolescence, jusqu’à un certain âge où Pasthme faisant son-apparilion, les migraines disparaissaient pour ne plus jamais incommoder le malade. Entre temps nous avons souligné qu’on retrouvait pour les deux syndromes le caractère héréditaire qui constituait une preuve de plus de leur parenté. Celle-ci nous avons cru pouvoir la marquer davantage en montrant qu’on trouvait à la base de l'asthme et de la migraine les mêmes causes occasionnelles : variation brusque de pression atmosphérique, ou de température, émotion, troubles endocriniens ou hépatiques, sensibilisation à certaines albumines, — le même déséquilibre humoral, celui-ci consistant en une colloïdoclasie, — enfin
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et surtout la même perturbation du système vaso-moteur. Ainsi donc le déséquilibre du système neuro-végétalif aboutit dans les deux cas à une vaso-dilatation ou à une vaso-constriction qui intéresse Lantôt le cerveau d’où la migraine, tantôt le poumon d’où une crise d'asthme. Il est à remarquer que chez nos asthmatiques migraineux le réflexe oculo-cardiaque nons montrait plutôt une tendance sympathicotonique, ce qui est conforme à l’un des points de la pathogénie, actuellement admise de l’accès migraineux.
A propos de nos observations asthme et urlicaire nous avons d’abord rappelé la sensibilité si spéciale de la peau des asthmatiques qui sont souvent atteints d’eczéma, de prurit, de furoncies ou d’anthrax. Nous avons fait état de l’existence d’urlicaire des muqueuses pouvant intéresser non seulement la cavilé bucco-pharyngée mais même l’appareil respiratoire : larynx d’où œdème de la glotte, et même on l’a soutenu : les bronches. Nous arrivions !à à un véritabie carrefour où cliniquement asthme el urlicaire se confondent. D'ailleurs histologiquement l’urticaire qui se traduit par une congestion locale des vaisseaux culanés avec une exsudation séreuse dans l’hypoderme, se rapproche aussi de l'asthme. Nous avons retrouvé les mêmes causes occasionnelles et nous ne faisons que rappeler ici les faits curieux d’urticaire déclenché par une exposition trop vive aux rayons solaires qui se rapproche tout à fait de certains Coryzas provoqués par une lumière vive. Enfin l'identité des deux thérapeuliques opposées à l’asithme et à l’urticaire : adrénaline, gardénal, hyposulfite de
magnésium nous permellait encore le rapprochement de ces deux syndromes qui ont à leur base la même perturbalion vaso-motrice.
- Nous avions été frappé en examinant nos asthmaliques combien ceux-ci, d’une nervosité manifeste en
général, élaient sujets aux rougeurs subites de la face, à lPérythème pudique, mais surtout à des troubles vasomoteurs permanents intéressant les extrémités qui caractérisent l’affection étudiée sous le nom d’acrocyanose. Or, ainsi que l’a montré Layani dans sa thèse, l’acrocyanose est constituée par une modalité topographique d’une instabilité vaso-motrice généralisée avec hypotonie sympathique, laquelle est le corollaire d'une insuffisance glandulaire multiple dont la plus constante est l’hypoovarie. Et nous avons précisément trouvé chez nos malades, qui présentaient à la fois de asthme et de lPacrocyanose, des troubles glandulaires : ovariens dans deux cas,thyroïdiens dans un troisième cas. Lerapprochement pathogénique entre l’asthme et l’acrocyanose se trouve encore confirmé par ce fait qu’on retrouve fréquemment chez les malades atteints d’acrocyanose des manifestations morbides dont nous avons démontré déjà le lien avec l’asthme, c’est-à-dire la migraine et l’urticaire.
À propos de l’acrocyanose nous avons mentionné que dans lacrodynie on trouvait certains symptômes conditionnés par l’altération du système végétalif et qui revêtaient curieusement un caractère asthmatique. Enfin nous avons terminé ce chapitre des troubles vaso-moteurs extra-pulmonaires chez l’asthmatique, en insistant sur l'élément vaso-moteur des crises de goutte qui alter-
nent si souvent avec l’asthme ; l'attaque de goutte en effet résulte d’une action anaphylactique locale qui consiste avant que ne se produise la floculation d’urate de soude au niveau de la jointure enflammée, en une vaso-dilatation active locale qui constitue la première phase, phase vasculaire ou sympathique de l'attaque de goutte.
Puis nous avons signalé Ja coexistence, assez rare d’ailleurs, chez un même sujet, de crises d’asthme et de crises comitiales, lesquelles sont l’expression de troubles circulatoires localisés dans diverses régions des centres nerveux.
Tous ces faits cliniques nous ayant montré l’importance des troubles vaso-moteurs dans l’asthme, importance que d’ailleurs anatomie pathologique nous faisait prévoir, nous avons cherché à nous rendre compte du rôle que jouait dans la crise elle-même la perturbation vaso-motrice locale.
Etudiant l’action de l’adrénaline, nous avons avancé que si celte drogue avait d'aussi heureux effets dans :la crise d'asthme, cela tenait pour nous beaucoup plus à son action vaso-constrictive qui corrigeait immédiatement l’hyperémie œdémateuse de Ia muqueuse bronchique, qu’à son action sur le muscle de Reissessen dont elle provoquerait le relâchement. Car pour nous, la dyspnée de l’asthme relève beaucoup plus de la congestion et de l’æœdème bronchique que du spasme des muscles
de Reissessen que Glerf par exemple n’a jamais consalé au cours de ses bronchoscopies. D'autre part les dosages de calcium que nous avons fait pratiquer, chez quelques-uns de nos malades ne nous ont jamais permis de déceler une hypocalcémie, quiaurait pu nous rendre compte de cette tendance spasmophile des asthmatiques.
Enfin l'efficacité de l'extrait de post-hypophyse dans la crise d’asthme ne peut s'expliquer qu’en tenant compte du trouble vaso-moteur pulmonaire et en lui attribuant dans le mécanisme de la crise toute l’imporlance qui lui revient. |
Et ce que nous dirons du rôle de l’hypophyse concerne aussi le rôle de la saignée, cette thérapeutique s’étant révélée particulièrement efficace dans certaines crises d'asthme.
En résumé nous pouvons conclure que l’asthme etses parentés morbides comme l'urticaire, la migraine, ainsi d’ailleurs que certains syndromes comme l’acrocyanose, l’épilepsie, la goutte, sont la conséquence d’un brusque déséquilibre du système neuro-végétatif ; ce déséquilibre,quelleque soit sacause ; choc anaphylactique ou altérations endocriniennes, se traduit essentiellement par uné perturbation brutale et locale du système vasomoteur qui, en-particulier au niveau du poumon, déclenche la crise d’asthme.
Finalement cette notion de l’importance des troubles vaso-moteurs dans l’asthme nous a conduit à rappro-
cher ce syndrome du pseudo-asthme, de l'œdème aigu ; et de certaines hémopiysies, Dans ces diverses manifestations en effet, nous avons retrouvé les mêmes circonstancès étiologiques (froid, perturbations hygromé- |
triques, facteurs climatiques, météorologiques) — le F mème rôle adjuvant de la sclérose pulmonaire dont Ÿ nous avons montré l’aplitude congestive., — les mêines 2e x . L *. 4
troubles vaso-moteurs enfin, aussi bien localement qu'au point de vue de la réaction générale de l'organisme, À
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Va, le Doyen, __ Vu, le Président de la thèse H. ROGER. | BEZANÇON.
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l'Académie de Paris
| CHARLÉTY,
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