‹ Asthme & SympathicotonieChapitre 4 sur 52 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

S'il est vrai que l’étude du système neuro-végétatif d’une part, la notion de choc humoral d’autre part ont donné une base plus solide aux anciennes conceptions de névrose et de diathèse, il n’en reste pas moins que la cause initiale de l'asthme nous est inconnue ; le substratum originel nous échappe. C’est pourquoi, il est difficile de voir actuellement dans cette affection autre chose qu’un syndrome ; vouloir en faire une maladie homogène serait oublier la multiplicité des causes qui président à la création du terrain asthmatique. Causes qu’il est indispensable de connaître si l’on veut obtenir des résultats thérapeutiques.

Le traitement des asthmatiques, quelquefois si décevant, a cependant été amélioré par l’introduction de l’adrénaline.

L’adrénaline découverte par TAKAMINE, a été utilisée la première fois dans l'asthme par KapLan. Elle fut introduite en France par Léopold LEVI et connut un succès rapide et justifié. Comment n’aurait-il pas connu la réussite, ce médécament capable de juguler en quelques minutes la. plus

intense et la plus angoissante des crises dyspnéiques !

Notre but n’est donc pas de jeter le discrédit sur un traitement dont personne ne songe à nier les bienfaits. Mais ce serait une erreur d'oublier que l’adrénaline représente, sans plus, le traitement de la crise, et qu’elle est sans effet sur le terrain même de l’asthme. Bien plus, son action brutale et la modification soudaine qu’elle entraîne n’est pas sans retentir sur l’état nerveux du malade. Il n’est donc pas inutile de connaître la susceptibilité de certains asthmatiques à l’adrénaline. C’est ce que nous nous proposons de faire en nous plaçant d’abord et surtout sur le plan clinique, qui est celui du praticien.

Nous avons pu suivre, tant au dispensaire Léon Bour- GEOIS (P* BEZANÇON) que dans le Service de notre Maître le D° A. JACQUELIN, plus de 500 asthmatiques. Nous en avons retenu 20 (soit 4 %), dont les observations similaires se caractérisent par ce fait que l'injection d’adrénaline ne calmait pas la crise dyspnéique et provoquait des réactions d’intolérance. Ce sont ces deux points ; intolérance et résistance à l’adrénaline chez ces malades, que nous voudrions étudier ici.

La notion d’intolérance pose celle de la sympathicotonie chez les asthmatiques.

EPPINGER et HESS avaient fait de l'asthme un des éléments de la constitution vagotonique. Cette opinion s’accorde avec les expériences sur l'excitation du pneumogastrique de WiLLiaMs, LONGET, P. BERT, WinrricH. Elle trouve sa confirmation clinique dans les cas d’asthme traumatique étudiés par LOEPER et CoDET, par Daypé. Lian et CATHALA, FERRAND reprirent cette hypothèse : l’asthmatique était un vagotonique, la crise résultait d’un paroxysme d’hypertonie vagale, le traitement de choix était la belladone.

Mais bientôt, différents auteurs, CASTELNAU et surtout J. GaLup, étudiant le R. O. C. des asthmatiques, constatèrent qu'il était perturbé dans des sens différents et sans prédominance. D'autre part, la belladone était loin de donner les résultats attendus et M. VERNET rapportait des succès avec la pilocarpine, substance excitante du pneumogastrique. Aussi, à la notion de vagotonie fit place celle de neurotonie (GUILLAUME) ou d’amphotonie (DANIELOPOLU). L’asthmatique était un malade dont le système neuro-végétatif était déséquilibré dans son ensemble.

Cette notion de neurotonie correspond certainement à la majorité des cas. Il n’en reste pas moins qu'il existe des asthmes vagotoniques, et, par contre, nous nous proposons de montrer, au sujet de l’intolérance de l’adrénaline, qu’il y a des asthmatiques dont le système neuro-végétatif présente une hypertonie du sympathique.

Le deuxième point que nous essaierons d’éclaircir est celui de la résistance de l’accès d’asthme à l'adrénaline. La crise résulte d’un spasme bronchique, et l’action de l’adrénaline s'explique par sa propriété bronchodilatatrice. Telle est du moins l’opinion courante ; nous pensons également que la dyspnée peut résulter du bronchospasme, mais nous ne croyons pas que ce facteur ait une place prépondérante dans tous les accès d’asthme. L’obstruction bronchique peut être la conséquence d’une congestion avec hypersécrétion, c’est une opinion qui n’est pas nouvelle mais que l’on a trop délaissée, aux dépens de la contracture des muscles de Reïissessen (A. JACQUELIN, BERTRAND, SEDILLOT).

Nous verrons que dans nos observations l'asthme est surtout congestif et secrétoire, que le spasme joue un rôle secondaire et qu’il faut voir là la raison de l’échec de l’adrénaline sur la crise dyspnéique.

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