‹ Astronomie élémentaireChapitre 35 sur 40 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Si nous jetons maintenant un coup-d’œii rapide sur notre système planétaire , nous verrons le Soleil se mouvoir continuellement autour de son axe, et se diriger dans l’espace selon une ligne, dont les élémens nous sont encore inconnus. Autour de cet astre , le plus considérable et le plus influent de notre système, circulent dans des ellipses , onze planètes principales, qui se dirigent toutes dans l’ordre des signes du Zodiaque, qui ont toutes un mouvement de rotation sur

elles-mêmes, dirigé dans le même sens ; autour de plusieurs de ces planètes circulent à leur tour dix-huit satellites qui parcourent aussi des ellipses dans Tordre des signes , mais qui semblent assujettis à la condition de présenter toujours la même face vers leur astre central. De temps en temps, quelques comètes qui paraissent étrangères à notre système , et qui se meuvent dans tous les sens et dans toutes les directions , viennent se jeter au milieu de tous ces astres , mais toujours en suivant des trajectoires , dont l’observation et le calcul démêlent bientôt toutes les circonstances. Quelques-uns même de ces corps , moins étrangers à notre système , circulent autour du Soleil comme de véritables planètes dont il ne se distinguent que par une excentricité plus grande dans leur orbite elliptique.

Pendant que tous ces corps se meuvent avec la plus parfaite harmonie , et en suivant des lois immuables dont plusieurs ont été reconues par l’observation et l’analyse , il Rétablit entre eux des actions et des réactions infinies , que l’on a pu apprécier également par des approximations bien suffisantes. C’est ainsi que l’on a reconnu de petites altérations dans les excentricités et les Inclinaisons des orbites , des déplacemens dans les lignes des apsides et des nœuds : on a pu remonter encore à la cause de l’aplatissement que présentent les planètes dans le sens de leur axe

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de rotation ; on a pu même estimer leur pesanteur comme si on les avait placées dans des balances ; et Ton a assigné quelle était la pesanteur à leur surface et quel serait le temps qu’emploierait un corps pour y tomber d’une certaine hauteur. L’astronomie a pu expliquer avec le même bonheur, des phénomènes qui se renouvellent journellement sur notre globe ; ainsi l’on n’ignore plus la vraie cause des marées , les effets de la réfraction astronomique , de l’aberration des étoiles, et une foule d’autres phénomènes moins sensibles encore, et qui semblaient devoir échapper pour toujours à l’attention la plus minutieuse.

La découverte de petits mouvemens que Ton a reconnus à plusieurs étoiles , et que les astronomes modernes observeront avec une si louable émulation , nous mettra sans doute sur la voie pour reconnaître de nouvelles merveilles que nous ignorons encore. Peu à peu nous acquerrons peut-être aussi des données sur l’éloignement des étoiles les plus voisines de nous ; éloignement tel que l’on doit considérer comme nul à côté de lui, le diamètre de l’écliptique qui est cependant de 69 millions de lieues. Aussi, ce sont moins les inslrumens qui nous manquent pour observer les distances, qu’une base suffisamment étendue. L’on a pu calculer la vitesse de la lumière , qui parcourt 70,000 lieues par seconde ,

et l’on n’a pu apprécier encore la distance des étoiles les plus brillantes qui , aux yeux du vulgaire , semblent être néanmoins médiocrement éloignées. La véritable observation ne fait que de naître ; c’est elle seule qui, par les documens utiles qu’elle amasse , pourra révéler par la suite des temps , des secrets que nous n’avons pu connaître encore , et qui doivent être les fruits de plusieurs siècles de recherches assidues.

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